Vuelta 2023 - Geraint Thomas (INEOS - Grenadiers), favori mais pas trop
Par Laurent Vergne
Publié 26/08/2023 à 00:09 GMT+2
Geraint Thomas est un des nombreux grands noms qui peuplent le peloton de cette Vuelta 2023. Passé tout près du maillot rose au printemps sur le Giro, le leader de l'équipe INEOS – Grenadiers peut-il cette fois rafler la mise ? Il a l'expérience et le savoir-faire, mais ramener le maillot rouge à Madrid serait un exploit compte tenu de la richesse du plateau espagnol.
Geraint Thomas of The United Kingdom
Crédit: Getty Images
Geraint Thomas et la Vuelta, ce n'est pas exactement une grande histoire d'amour. Sa présence au départ à Barcelone constitue même une petite surprise. On ne l'avait plus vu de l'autre côté des Pyrénées pour disputer le dernier Grand Tour de la saison depuis huit ans. Son unique participation. Pas un bon souvenir. "J'espère que ça se passera mieux qu'en 2015, c'était vraiment l'horreur. Ce n'est pas le Grand Tour qui me laisse les meilleurs souvenirs", sourit le Gallois, qui avait terminé épuisé et à une anonyme 69e place avant de renoncer dans la foulée au Championnat du monde.
"G" est donc de retour et si à 37 ans sa carrière est largement derrière lui, il conserve un savoir-faire incontestable sur ce type de courses. Lors de ses deux dernières participations à une course de trois semaines, il a fini sur le podium : 3e du Tour de France 2022 et 2e du Giro 2023, où il n'a cédé le maillot rose que le dernier jour lors du contre-la-montre décisif. Il s'avance avec le statut de leader chez INEOS-Grenadiers, et une étiquette de gros outsider pour le classement général.
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Quand Fritsch se met dans la peau du staff de la Jumbo
Video credit: Eurosport
Objectif maillot rouge samedi
"Son expérience, son savoir-faire, ses connaissances, son sang-froid et son leadership sont des qualités précieuses sur une course comme la Vuelta", juge un des entraîneurs de la formation britannique, Rod Ellingworth. Si le Tour d'Italie s'est achevé sur une grosse déception, chez INEOS, on préfère retenir le fond : Thomas est toujours capable de jouer un rôle majeur à ce niveau. "Ce qu'il a fait cette saison et particulièrement sur le Giro est un grand encouragement avant d'aborder le Tour d'Espagne", estime Ellingworth.
L'intéressé, lui, se montre prudent. Comme la plupart des candidats au maillot rouge. A l'exception de Primoz Roglic, tous viennent ici avec plus ou moins d'interrogations. Même Jonas Vingegaard et Remco Evenepoel. Geraint Thomas est à peu près dans le même état d'esprit. Il fera le point à mi-course pour en savoir davantage sur ses prétentions : "Je suis motivé, impatient, et j'espère faire le meilleur résultat possible au général et pourquoi pas essayer de gagner une ou deux étapes aussi. Mais je dois d'abord voir comment je me sens et dans quel état je suis après la première moitié de la course."
Chez INEOS, on refuse donc de voir trop loin, d'autant que le premier très gros objectif va survenir dès samedi soir lors de la 1re étape. Ce contre-la-montre par équipes, la formation britannique ne veut surtout pas passer à côté. Elle a l'intention de décrocher ce premier maillot rouge. "Le contre-la-montre par équipes est un grand objectif pour nous. Nous avons de vrais moteurs dans l’équipe et nous pouvons faire une grande course", a confirmé Thomas jeudi à Barcelone.
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Geraint Thomas
Crédit: Getty Images
Question rouleurs, les INEOS sont, il est vraiment, particulièrement bien outillés, avec notamment la présence de l'Italien Filippo Ganna, un des meilleurs spécialistes de l'effort solitaire sur la planète cyclisme. C'est donc l'occasion (l'obligation ?) de frapper fort d'entrée et d'ôter à l'ensemble du groupe une forme de pression pour la suite.
Comme souvent, leur force viendra du collectif. Il est trop tôt pour dire si Geraint Thomas pourra jouer jusqu'au bout la victoire, mais il apparaît en tout cas particulièrement bien entouré avec des garçons comme Jonathan Castroviejo, Laurens De Plus, Omar Fraile, Egan Bernal ou encore le jeune Néerlandais Thymen Arensman, révélation de l'édition 2022 qu'il avait achevée à à la 6e place tout en glanant une étape. "On a un super groupe, très fort", avance le vainqueur du Tour de France 2018.
Mais est-ce que tout ceci sera suffisant face à une concurrence aussi forte, de la doublette de Jumbo (Roglic – Vingegaard) à celle des UAE Emirates (Ayuso – Almeida) sans oublier évidemment Evenepoel, Mas ou Vlasov ? Un Top 5 semble dans ses cordes, un podium, peut-être. Le jackpot ? Ce serait, tout de même, une forme de surprise. Mais Geraint Thomas est heureux de se frotter à un environnement aussi concurrentiel.
"Le plateau est hyper relevé, constate-t-il. On a le podium du dernier Giro, le vainqueur du Tour et de la Vuelta. C'est motivant, ça donne envie de tout donner et de voir jusqu'où on peut aller. Tout en haut, je l'espère, mais ce sera dur." Le Gallois avance presque masqué dans cette profusion de favoris. Et ce n'est pas plus mal pour lui.
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Geraint Thomas
Crédit: Getty Images
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