Vuelta 2023 | Le Tour d'Espagne avait-il besoin d'une nouvelle polémique ?

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Ce lundi, les coureurs du Tour d'Espagne 2023 goûteront à leur première journée de repos. L'occasion de se détendre et de se retourner sur ce qu'il s'est passé depuis le grand départ de Barcelone. Au cœur des discussions, les polémiques qui ont jalonné la semaine auront une bonne place. L'étape de ce dimanche ayant ajouté encore un peu de confusion à un grand tour qui n'en manquait pas jusque-là.

Le débat : Fallait-il geler les temps à 2km de l'arrivée ?

Video credit: Eurosport

Il restait encore deux kilomètres avant de goûter à une première journée de repos bien méritée pour les quelques-uns qui lorgnent le classement général sur la Vuelta 2023. Et pourtant, tous sauf exception ont stoppé net leur effort pour achever la 9e étape en procession jusqu'à la ligne d'arrivée inédite tracée là-haut, au sommet du Collado de la Cruz de Caravaca au bout d'un chemin boueux. Trop a priori pour que les organisateurs prennent le risque d'y voir les leaders s'y écharper. Une nouvelle mauvaise publicité dont aurait pu se passer la Vuelta.
A l'arrivée, les avis étaient partagés. Pour Lenny Martinez (Groupama-FDJ), la décision de neutraliser les deux derniers kilomètres était la bonne puisqu'il a déjà vu des roues arrières chasser dans la petite partie descendante. De son côté, Mikael Chérel (AG2R Citroën) ne comprenait pas, arguant que "ça passait". Et pour cause s'il avait plu dans la journée, et ce pour la première fois depuis un an et demi selon les dires des organisateurs, la route avait eu le temps de sécher avant le passage des coureurs.

Madiot : "Des choses de plus en plus cinglées"

Le principe de précaution a une nouvelle fois prévalu. Au détriment de l'enjeu sportif. Et Jonas Vingegaard a résumé l'hypocrisie ambiante en notant que les coureurs devaient, après l'étape, redescendre en empruntant les parties boueuses de la dernière rampe finale. Le danger était-il plus présent en course, en montée donc, ou hors course, en descente, sur ce passage précis ?
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Martinez : "On prenait zéro risque et les roues arrières chassaient un peu"

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En somme, il semble que la Vuelta aime se créer des soucis. Questionné sur ces coureurs qui refusent parfois de faire la course sur des parcours qu'il juge, abusivement trop dangereux, Marc Madiot regrettait la disparition de l'héroïsme dans le cyclisme mais il n'était pas question à ses yeux de nier que certains organisateurs faisaient des "choses de plus en plus cinglées" avec les parcours.
Le troisième grand tour de la saison avait-il besoin de faire une arrivée inédite au sommet du Collado de la Cruz de Caravaca, avec un chemin non-goudronné au sommet ? Ces derniers hectomètres de terre, différents donc du final de la Super Planche des Belles Filles sur le Tour de France, apportaient-ils un plus indéniable à la course au point de prendre le risque de devoir trouver une solution de repli en catastrophe ? Voilà sans doute une question que certains organisateurs, ceux du Tour d'Espagne en tête, doivent se poser. Au fond, personne n'aurait eu besoin de se demander si ce final était trop dangereux… si celui-ci n'avait pas été au parcours.

Un classement général difficile à obtenir

Le dernier grand tour de la saison s'est fait une spécialité de trouver des arrivées plus spectaculaires les unes que les autres depuis quelques années mais la limite n'est jamais loin. Surtout l'épisode de ce dimanche s'ajoute à ceux du premier week-end et font une nouvelle fois parler de la course pour des raisons autres que le seul aspect sportif. Quand il est apparu que la pluie tomberait sur le sommet, était-il vraiment impossible d'accepter une solution de repli dès samedi soir, quitte à sacrifier l'arrivée au sommet ?
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Evenepoel : "Sur la montée finale, on a bien mis le rythme"

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Finalement, il a fallu attendre pratiquement une demi-heure pour connaître le nouveau classement général. Certes, les écarts entre leaders étaient ténus à un peu plus de deux kilomètres de l'arrivée mais tout ceci n'est pas digne d'un grand tour qui a, de plus, modifié son classement deux heures après l'arrivée, pour remettre Primoz Roglic, Enric Mas, Remco Evenepoel, Juan Ayuso et Jonas Vingegaard dans le même temps. Tout ce beau monde doit se demander si tout ce qui arrive depuis une semaine est bien sérieux…
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