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Vuelta 2023 - Lenny Martinez (Groupama-FDJ), la fin du rêve en rouge : "Retour à la vie presque normale"
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Publié 03/09/2023 à 00:10 GMT+2
Après deux jours passés avec le maillot de leader sur les épaules, Lenny Martinez a dû laisser la tunique rouge à Sepp Kuss, après avoir lâché prise sur les routes de Xorret del Cati. Forcément une déception mais le Français de la Groupama-FDJ ne veut pas se laisser abattre et compte bien continuer à jouer avec les cadors au maximum.
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Le rêve éveillé de Lenny Martinez n’aura pas résisté bien longtemps aux folles pentes de Xorret del Cati. Incapable de suivre les meilleurs dans la dernière ascension de la 8e étape, la pépite française a dû laisser son maillot rouge de leader à son bourreau de jeudi, l’Américain de la Jumbo-Visma Sepp Kuss. Le Tricolore n’a pas non plus craqué totalement mais il n’a pu faire mieux que la 13e place de l’étape, à 1’10’’ du vainqueur du jour Primoz Roglic.
"Je suis tout de même un peu déçu, je m'étais déjà habitué à ce maillot, avouait-il à L’Equipe. Les jambes étaient là, les sensations normales, mais c'est le rythme imposé par les gars qui jouent le général qui a fait la différence". Et en particulier les Jumbo-Visma et les Soudal-Quick Step. "Ça roulait vraiment vite, assurait le jeune Cannois. Le tempo de Jumbo-Visma a fracassé tout le monde".
Aux avant-postes du peloton toute la journée, bien entouré de ses équipiers, Martinez aura passé son temps à défendre son maillot rouge à distance. D’abord face à la menace Cristian Rodriguez (Team Arkéa-Samsic), parti dans l’échappée alors qu’il pointait samedi matin en 21e position au général, à seulement 4’01’’ du Français. Mais la Jumbo-Visma est rapidement venue relayer les hommes de Marc Madiot, prémices d’une montée de Xorret del Cati effectuée à très vive allure, dès le pied. Un tempo que le maillot rouge aura très vite été incapable de tenir.
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"C’est sûr que j’aurais aimé garder le maillot rouge le plus longtemps possible mais, à un moment donné, il faut aussi se faire une raison, explique Martinez. Je n’avais tout simplement pas les jambes pour suivre. La dernière bosse était raide, ça me convenait bien, j’avais plutôt de bonnes sensations, mais ça allait trop vite. J’ai senti avant la bosse que j’étais un peu juste du fait de la dureté de l’étape". "Il a peut-être un peu payé les différents protocoles des derniers jours, mais il est jeune et c’est normal", rappelait son directeur sportif Benoît Vaugrenard. C’est normal et, surtout, le Français n’a pas perdu pied.
"Je ne finis pas si loin", se satisfait-il d’ailleurs. Un faible retard qui lui permet de conserver la 3e place du général, à 1’00’’ de Kuss. Et qui impressionne ses propres équipiers."Lenny perd le maillot, mais il peut être fier de sa performance, estime son sauveur du jour, Michael Storer. On ne peut pas parler de frustration. Il a dépassé, et de loin, ses propres attentes. Il n’y a aucun regret. On a l’équipe la plus jeune de l’épreuve et cinq coureurs disputent leur premier Grand Tour. Quand je courais ma première Vuelta, j’essayais juste de rejoindre Madrid". Lenny martinez, lui, est 3e du classement général et portera dimanche le maillot blanc de l’épreuve.
"Maillot blanc et 3e du général, c’est toujours bien, rappelle le Français. Le but, c’est de ne pas perdre trop de temps non plus mais, si j’en perds, c’est normal, devant c'est des champions". Alors plutôt que d’essayer de suivre des coureurs qu’il n’est pas en mesure de suivre, Lenny Martinez a préféré gérer sa montée samedi. A l’expérience dirait-on si on ne se souvenait pas de ses tous frais 20 ans (il les a eu en juillet).
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"J’ai bien géré avec Michael, raconte-t-il. Il m’a bien aidé tout au long de la bosse et dans le final. Il m’a attendu et j’ai essayé de monter de manière linéaire, pour ne pas exploser. Il ne fallait surtout pas exploser. Dans une ascension aussi difficile, si l’on explose, on peut perdre vraiment énormément de temps". Ce qui n’a pas été son cas, de quoi voir la suite avec appétit et ambition.Avec une ascension sans doute trop courte demain pour créer de gros écarts et un chrono - pas vraiment sa spécialité - mardi après la journée de repos, reprendre le maillot rouge apparaît impossible mais là n’est pas vraiment l’objectif du grimpeur de la Groupama-FDJ, qui ne change pas sa ligne de conduite.
"La suite, ça va être de toujours jouer le général et garder le maillot blanc le plus possible, de faire tous les jours à bloc, du mieux possible", assure-t-il avec lucidité. Perdre une minute par étape de montagne, en finissant à la 13e place de celle-ci, nul doute que Lenny Martinez et la Groupama-FDJ signeraient de suite. "Si je ne peux pas accompagner les meilleurs, et que je perds plus ou moins une minute à chaque fois, c’est correct", confirme Martinez, qui veut avant tout éviter les trous d’air.
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"Du côté de Soudal-Quickstep, on s'est rassuré"
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"Je suis toujours dans le match, et le but quand on joue le général, c’est de ne pas perdre dix minutes d’un coup, poursuit le grimpeur de la Groupama-FDJ. Le but est d’être régulier et c’est ce que je compte faire". Quitte à faire sa propre course, sans s’occuper des à-coups, à la Joao Almeida. En même temps, vu la régularité en Grand Tour du Portugais d’UAE Team Emirates (top 6 des quatre Grands Tours qu’il a terminés), la technique est intéressante, à défaut d’être spectaculaire. Mais l’heure est à la découverte encore pour Lenny Martinez, pas à faire le show. Mais jusqu’où peut-il aller ?
Le troisième FDJ à accrocher le top 10 de la Vuelta ?
Devenir le premier Groupama-FDJ de l’histoire à accrocher un top 5 semble irréaliste et des attentes démesurées mais, sur son début de Vuelta, l’imaginer devenir le troisième coureur de l’équipe de Marc Madiot à accrocher le top 10 après Thibaut Pinot (7e en 2013 et 6e en 2018) et David Gaudu (8e en 2020) n’a rien d’impossible. Mais pour l’heure, il est temps de récupérer. "Maintenant, retour au maillot blanc et à la vie presque normale", plaisantait-il après l’étape. Comme si devancer Evenepoel au général d’un Grand Tour, après huit étapes, relevait de la normalité. D’une normalité exceptionnelle et ambitieuse, peut-être.
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Lenny Martinez (Groupama-FDJ), lors de la 8e étape de la Vuelta 2023
Crédit: Getty Images
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