Vuelta 2023 | Romain Bardet admiratif : "Je savais que Remco Evenepoel voulait gagner 'à la Merckx'"

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Il n'y en avait que pour Remco Evenepoel entre Sauveterre-de-Béarn et Larra-Belagua sur la 14e étape du Tour d'Espagne. Parti en compagnie de Romain Bardet (Team DSM-Firmenich) à plus de 80 kilomètres de l'arrivée, le Belge s'est imposé en solitaire pour une éclatante rédemption après le coup de bambou de la 13e étape. Son compagnon du jour lui a rendu un vibrant hommage.

Les leaders à la traîne, Evenepoel se reprend : le résumé de la 14e étape

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Dès vendredi soir, on s'était passé le mot. Si l'hypothèse du "jour sans" devait être confirmée, le vainqueur de la 14e étape se nommerait Remco Evenepoel. C'était son destin et le Belge a mis un point d'honneur à le suivre avec l'orgueil du champion. Premier attaquant du jour, tout sauf une surprise, Evenepoel a donc aussi été le premier à couper la ligne d'arrivée. Quatre-vingt kilomètres durant, le champion de Belgique a prouvé l'immense talent qui est le sien. Dans sa roue pendant très longtemps, Romain Bardet a passé "une super journée".
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"J'ai fait la course parfaite", jure Bardet, battu par "beaucoup plus fort"

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Infaillible ou pas, Remco Evenepoel n'est pas fait du même bois que 99% des coureurs qui composent le peloton mondial. Le Belge n'est évidemment ni le premier ni le dernier grand leader à tenter le coup de la rédemption au lendemain d'une énorme craquante. D'autres avant lui l'ont réussi mais le faire avec la manière qui fut la sienne le classe évidemment dans une caste à part. Nanti d'un équipier dans l'échappée du jour, le Belge aurait pu attendre son heure pour s'isoler. Pas le genre du bonhomme qui a emporté un compagnon, quasiment un ami, sur le porte-bagages.

Pour Bardet, Evenepoel est une "légende"

"J'ai le sentiment d'avoir passé une super journée quand même, soufflait Romain Bardet, deuxième à l'arrivée. Ce n'est pas tous les jours qu'on roule avec des légendes à l'avant." L'hommage ne manque pas de classe pour un gamin de 23 ans qui affiche au palmarès un grand tour, deux titres de champions du monde et deux Monuments. Mais Evenepoel jouit d'une popularité certaine dans le peloton et l'on respecte l'homme comme le coureur. "C'est un mec que j'apprécie vraiment, confiait encore Bardet. On a toujours beaucoup discuté, beaucoup échangé. J'étais content, on s'est dit qu'on allait rouler jusqu'à l'arrivée."
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La grosse émotion : Evenepoel en larmes à l'arrivée

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Calé dans la roue de son compagnon de fugue, Bardet a roulé quand il pouvait et laissé celui-ci faire le tempo dans les ascensions, comme convenu au cours de l'un des nombreux échanges du jour. Il raconte néanmoins quel douleur ce fut d'essayer de suivre l'un des meilleurs coureurs du monde :
"Il a fait 75-80% du travail. Dans sa roue, c'est terrible, on a l'impression d'être vent de face. J'ai souffert, j'étais aux crampes à la fin. Il m'a mis son tempo, j'ai commencé à cramper, je mettais du braquet, j'étais au bout du bout. C'est fou, chaque sortie de virage il fallait que je sprinte. C'est le seul mec dans le peloton avec qui, quand il est devant moi en descente, je suis obligé de pédaler dans sa roue, c'est un truc de fou. Sur le plat, je fais autant de watts dans sa roue que quand je prends mon relais donc je le retarde en fait. Je comprends pourquoi il fait des raids solitaires de 40 ou 50 kilomètres tout seul. Il a une efficacité de pédalage incroyable."

L'hommage des Jumbo-Visma à Evenepoel

Si le Français a pris le parti de le suivre malgré une issue connue d'avance, c'est pour le plaisir de se faire mal et d'être là, avec un immense champion. C'est qu'il connaît Evenepoel et qu'il savait ce qu'il voulait faire ce samedi : "Je savais qu'il ne voulait pas seulement gagner l'étape mais aussi gagner à la Merckx. Je savais qu'il allait partir de loin."
Même ses adversaires d'hier, qui l'ont laissé partir avec la sérénité de ceux qui ont écrasé la course, lui ont rendu hommage. "C'est très cool, il a pu rebondir, saluait Jonas Vingegaard. C'était une course incroyable de sa part aujourd'hui. Il mérite sa victoire". Sepp Kuss est même allé un peu plus loin : "C'est vraiment impressionnant. C'est une belle façon de rebondir après la journée d'hier et je suis heureux pour lui qu'il ait pu obtenir une victoire après une journée d'hier peut-être décevante. Chapeau à lui."
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Evenepoel "très fier" d'avoir dépassé les "choses négatives" dans sa tête

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