Tour d’Espagne – En laissant Ben O’Connor avec 4'51'' d’avance, Primoz Roglic a-t-il été trop présomptueux ?
Mis à jour 23/08/2024 à 11:22 GMT+2
Ben O’Connor n’en demandait pas tant. Coureur émérite de grands tours, le grimpeur australien s’est retrouvé en position de faire coup double sur la 6e étape de la Vuelta 2024. Un moment de grâce couplé à la possibilité de rêver très grand au général, avec 4’51’’ d’avance sur Primoz Roglic. Le Slovène, justement, a semblé jouer de suffisance, comptant sur le reste du tracé pour boucher son retard.
Le débat des RP : a-t-on laissé trop de marge à O'Connor ?
Video credit: Eurosport
Pas de geste parasite ni de rictus derrière les lunettes. Primoz Roglic est en contrôle. Le Slovène roule au millimètre, comme toujours, ou presque. Devant, très loin devant, un certain Ben O’Connor (Decathlon AG2R La Mondiale) maltraite ses pédales en direction du sommet de la Yunquera. Seul, l’Australien s’est débarrassé du dernier passager encombrant, Gijs Leemreize (DSM-Firmenich PostNL) et épaissit, seconde après seconde, un matelas qui pourrait tout changer.
Repoussé à 6’31 sur la ligne, le peloton n’avait pas encore saisi dans quel pétrin il s’était mis. Même dans les derniers hectomètres mansardés, les équipiers de Red Bull-BORA-Hansgrohe n’ont pas fait état d’un zèle des plus marqués. Non, pour ne pas trop en faire, les équipiers de Roglic se sont cachés derrière les deux semaines encore au menu. Une dernière quinzaine qui s’annonce explosive, avec une montagne de dénivelés positifs tous les jours au presque.
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O'Connor : "Peut-être qu'ils m'ont sous-estimé..."
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Des traumatismes et des doutes
C’est sur ces sentiers irréguliers et piégeux que se concentrent les espoirs de Roglic. Le Slovène, toujours en proie à des douleurs au dos après sa chute sur le Tour de France, s’est rassuré lors de la 4e étape. Vainqueur au sommet du Pico Villuercas, le triple vainqueur du Tour d’Espagne a impressionné, éparpillant ces principaux adversaires, les UAE, sur les rampes brûlantes de la Sierra de Guadalupe. Roglic l’a montré, il est le plus fort sur cette 79e édition.
Prudence tout de même, puisqu’un gadin n’est jamais à exclure, surtout avec le Slovène, et les chaleurs assommantes au programme pourraient provoquer des défaillances inattendues. La garde rapprochée de Roglic, même omnipotente lorsque la route se cabre, ne pourra rien y faire. Rappelez-vous, aussi de ce fameux Tour de France 2020, marqué du sceau de l’avènement d’un certain Tadej Pogacar. Piégé dans un coup de bordure, muselé par le collectif de la Jumbo, "Pogi" a été remis dans le jeu par les frelons et un flegme coupable de Roglic.
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O'Connor s'est envolé, Roglic n'a pas bronché : les temps forts de la 6e étape
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Trop fort, trop confiant, ce dernier a laissé Pogacar reprendre des secondes, sans jamais chercher à resserrer les ressorts de son matelas d’avance. Tout cela menant à la claque reçue lors du chrono de la Planche des Belles Filles. Certes, Ben O’Connor n’affiche pas autant de qualités que le prodige de Komenda, mais on parle d’un coureur qui a terminé 4e d’un Tour de France (2021) dans cette même configuration. Au pied du podium sur le Giro cette saison, l’Australien n’est pas un faire-valoir. Laisser près de cinq minutes à un coureur de sa trempe, au mental saillant lorsque le physique suit, c’est jouer avec le feu.
Kuss mesure le danger, Red Bull-BORA le nie
Il fallait voir la mine agacée de Sepp Kuss après l’arrivée de la 6e étape pour saisir la gravité de la situation. "Ça va être difficile de le reprendre (O’Connor), c’est un excellent coureur sur les grands tours," a grincé Kuss au micro d'Eurosport. L’Américain le sait mieux que tout le monde, lui qui a remporté le général l’an passé après avoir construit un pécule imposant lors d’une 6e étape (déjà) où il était échappé.
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Kuss : "C'était aux favoris d'agir au bon moment avec leur équipe"
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Troisième de l’étape et remonté à la 4e place au général, Florian Lipowitz (Red Bull-BORA-Hansgrohe) a avoué à Eurosport que la fugue du nouveau maillot rouge n’était pas prévue, sans pour autant s'inquiéter. "Ce scénario n’est pas parfait pour nous on va dire, mais il reste encore beaucoup d’étapes avant la fin." Toujours cette confiance exubérante. Ont-ils tort ? On le saura très vite, dès ce weekend avec comme acmé l’arrivée à Granada (dimanche, 9e étape) après un enchaînement de cols.
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