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Giro 2014 : Quintana s’invite à la fête des vieux briscards

Quintana s’invite à la fête des vieux briscards

Le 09/05/2014 à 06:10Mis à jour Le 09/05/2014 à 06:14

A seulement 24 ans, Nairo Quintana est le principal favori d’un Giro habituellement chasse gardée des vieux briscards. Mais il est loin d’être le seul candidat.

Depuis 2008, dix-huit coureurs se sont retrouvés sur le podium du Tour d’Italie. Mais, en six ans, Ricardo Ricco a été le seul à monter sur la boîte à moins de 25 ans. L’Italien en avait alors 24, comme Nairo Quintana cette année. La différence entre les deux, au-delà souhaitons-le du côté éthique des deux coureurs, c’est que le Colombien abordera l’édition 2014 du Tour d’Italie en tant que favori alors que "le Cobra" était inattendu. La faute à sa seconde place sur le dernier Tour de France (devant son leader initial Alejandro Valverde, mais aussi Alberto Contador et Bauke Mollema), agrémentée d’un maillot de meilleur grimpeur et de meilleur jeune qui lui ont donné des envies de victoire finale sur ce Giro 2014.

Pour autant, le succès du leader de la Movistar est loin d’être acquis, malgré une grosse équipe entièrement à son service et habituée au Giro (Anton, Castroviejo, Amador, Capecchi, José Herrada, G. Izagirre, Malori et Ventoso ont tous déjà fait le Tour d’Italie). D’une part, parce que ces dernières années, le vainqueur du Giro était en général plus un vieux briscard qu’un jeune premier (29 ans de moyenne d’âge depuis 2000). D’autre part, il lui sera d’autant plus compliqué de réitérer la performance de Damiano Cunego, vainqueur en 2004 à 22 ans, que le plateau de cette édition 2014 est d’un très haut niveau.

Joaquim Rodriguez croit à un destin à la Evans

Les principaux adversaires du Colombien devraient probablement se nommer Joaquin Rodriguez (Katusha) et Cadel Evans (BMC). Soit deux coureurs âgés respectivement de 34 et 37 ans, dont ce ne sera pas la première participation au premier Grand Tour de la saison (6e pour Rodriguez, 3e pour Evans). Troisième de la dernière Grande Boucle juste derrière … Nairo Quintana, Joaquim Rodriguez est pour sa part à la recherche d’un premier succès sur un Grand Tour. Car, malgré son expérience et ses trois podiums (Tour de France 2013, Tour d’Italie 2012, Vuelta 2012), "Purito" n’est jamais parvenu à monter sur la plus haute marche du podium. Même s’il est souvent passé tout près, à l’image du Tour d’Espagne 2012 où le coureur de la Katusha a porté pendant treize jours le maillot de leader avant de tomber à Fuente Dé contre Contador.

Joaquim Rodriguez (Katusha) sur le Giro 2012

Joaquim Rodriguez (Katusha) sur le Giro 2012AFP

Mais Joaquim Rodriguez peut toujours rêver d’un destin à la Cadel Evans. Car l’actuel coureur de la BMC a, lui aussi, longtemps trusté les podiums et places d’honneur des Grands Tours, sans parvenir pour autant à en gagner un. En fait, avant 2011, l’Australien comptait autant de podiums sur les courses de trois semaines que l’Espagnol aujourd’hui (2e du Tour de France 2007 et 2008, 3e du Tour d’Espagne 2009). Et, il y a trois ans, Cadel Evans a réussi ce que beaucoup pensait qu’il lui était désormais impossible de faire : remporter son premier Grand Tour, en l’occurrence le Tour de France. Il avait alors 34 ans … l’âge de Joaquim Rodriguez au départ de ce Giro ! Si l’Espagnol y verra sans aucun doute un signe du destin, l’Australien se verrait bien remporter le Tour d’Italie, un an après sa troisième place et devenir du même coup le premier Australien victorieux du Giro.

Aucun Italien favori, une première depuis 1996 !

Deuxième l’an passé devant Cadel Evans, Rigoberto Uran (27 ans, Omega Pharma-Quick Step) est l’autre Colombien qu’il faudra suivre. Excellent grimpeur, l’ancien coureur de la Sky aura l’avantage de ne pas avoir la pression puisqu’il n’est guère plus qu’un sérieux outsider. Un statut un peu comparable à celui de Rafal Majka (Saxo-Tinkoff). Co-leader de l’équipe danoise avec Nicolas Roche, le Polonais voudra confirmer son bon Giro 2013 (7e). Vainqueur en 2012 devant Joaquim Rodriguez, Ryder Hesjedal (Garmin) connaît plus de difficultés depuis (sa 15e place du Tour de Catalogne est son meilleur résultat cette saison), mais reste un coureur dont il faudra se méfier, au même titre que son équipier Dan Martin. Sixième l’année passée, Przemyslaw Niemec (Lampre-Merida) - qui pourra compter sur le soutien du leader de rechange Damiano Cunego - tentera cette fois de s’immiscer sur le podium. Attention, enfin, au trio de grimpeur de la Trek Kiserlovski-Arredondo-Zoidl. Si les deux derniers disputeront leur premier Grand Tour, le Croate est déjà rentré dans le top 10 (en 2010) alors qu’il était l’équipier de Basso et Nibali.

Ivan Basso (Liquigas) et Michele Scarponi, sur le Giro 2012

Ivan Basso (Liquigas) et Michele Scarponi, sur le Giro 2012AFP

En l’absence justement de Nibali, aucun Italien ne peut prétendre à gagner ce Giro, ni même au statut de sérieux outsider. Vieillissants, les Michele Scarponi (Astana), Ivan Basso (Cannondale), Franco Pellizotti (Androni Giocatolli) ont un jour été sur le podium d’un Grand Tour (même si le dernier s’est vu retirer sa troisième place en 2009), voire sur la plus haute marche pour certains (Giro 2006 et 2010 pour Basso). Mais, aujourd’hui, pour rêver d’avoir un coureur transaplin sur la boîte, il faut plus se tourner vers l’équipe française AG2R La Mondiale et Domenico Pozzovivo (31 ans), l’unique chance italienne. Régulier sur les Grands Tours (9e sur le Giro 2008, 8e en 2012, 10e en 2013 et 6e de la Vuelta 2013), le grimpeur de poche (1,65m, 53kg) tient la grande forme cette saison avec plusieurs résultats probants (2e du Tour du Trentin derrière Evans, 6e de Tirreno-Adriatico, 5e de Liège-Bastogne-Liège). Mais de là à le voir sur le podium, cela paraît tout de même compliqué en raison de ses faibles capacités en contre-la-montre. Aucun Italien sur le podium, ce n’est arrivé qu’une fois lors dix-neuf éditions.

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