Ivan est vraiment terrible

Il les lui faut toutes ! Toujours aussi dominateur, Ivan Basso a signé sa troisième victoire d'étape sur le Giro 2006 samedi à Aprica, en lâchant Gilberto Simoni dans les derniers kilomètres. Le Varesan remportera dimanche son premier Tour d'Italie. Sandy

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Crédit: Eurosport

Du grand art. Ivan Basso a confirmé l'évidence samedi: ce Tour d'Italie est bien le sien. Avec l'autorité des grands, et l'aisance des géants, il a épinglé une troisième victoire d'étape, sur les hauteurs d'Aprica. Il ne voulait rien laisser, rien partager. Pas même les miettes. Comme au Passo Lanciano et au Monte Bondone, le maillot rose était de loin le plus fort lors de cette 20e étape. Dimanche, à Milan, il remportera le premier très grand succès de sa carrière, avec une avance supérieure à neuf minutes sur son dauphin, l'Espagnol Jose Enrique Gutierrez.
Cette manière d'écraser la concurrence le rapproche un peu plus encore d'un certain Lance Armstrong, dont il ne cesse à l'évidence de s'inspirer. Principale victime de cet extraordinaire appétit de victoire, Gilberto Simoni. Le Trentinois voulait son étape. C'était le jour où jamais, il le savait. Dans le terrifiant Mortirolo, lorsque Basso haussa le ton avec son style majestueux, Gibo fut le seul à pouvoir tenir la distance. Il croyait alors tenir enfin son bouquet. A tort. Basso n'était pas d'humeur prêteuse.
Cunego grignote
Quel spectacle en tout cas que celui de ce duo de tête, sur ces pentes à 12% de moyenne, sur cette route étroite, de plus en plus noire de monde au fil des kilomètres. Le paysage contrastait singulièrement avec celui du Passo Gavia, escaladé précédemment. Enserrée dans ses parois de neige, la Cima Coppi (point culminant de l'épreuve) donnait la chair de poule. Le Mortilorolo, lui, donne la fièvre. C'est là que la grande bagarre s'est déclenchée, comme prévu. C'est là que Basso a affirmé un peu plus sa suprématie, malgré la résistance de Simoni.
Les autres, tous les autres, suivaient plus ou moins loin. Jose Enrique Gutierrez, cramponné à sa deuxième place, était flanqué de Damiano Cunego. Plus loin, on trouvait Paolo Savoldelli, incapable de suivre sur des pourcentages supérieures à 10%. Cette hiérarchie, établie en haut du Mortirolo, allait se confirmer dans l'ultime montée vers Aprica. Jusqu'à trois kilomètres de l'arrivée, Simoni semblait filer vers la gagne. Puis Basso, à la pédale, la décramponna irrémédiablement, sans même un regard pour sa victime. Furieux, Simoni estimera après l'arrivée que Basso lui avait volé sa victoire. Discutable.
Superbe Casar
Monarque absolu, le maillot rose pouvait savourer ses derniers coups de pédale. D'un éclatant sourire, il a offert ce troisième triomphe à son deuxième enfant, né jeudi, dont il a brandi la photo en coupant la ligne. Tous derrière et lui, devant. Une fois de plus. Les écarts sont ceux d'un autre temps. Simoni a terminé à 1'17", Gutierrez et Cunego à 2'51". Le Véronais grignote encore une place au général. Le voilà installé au quatrième rang, dont il déloge Paolo Savoldelli, relégué à plus de six minutes samedi.
Si Basso est encore le grand vainqueur du jour, il n'est pas le seul bénéficiaire. Juan Manuel Garate, leader au sommet du Gavia, a décroché le maillot vert du meilleur grimpeur, au détriment de Baliani. Coup de chapeau également à Sandy Casar. De mieux en mieux au fil des jour, le protégé de Marc Madiot a pris la 7e place de l'étape. Non content d'assurer sa place dans les 10 premiers du général, il a gagné une place. Sauf catastrophe, il terminera donc 6e à Milan dimanche. Même s'il n'était pas venu pour ça, il serait malvenu de faire la fine bouche.
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