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Où s'arrêtera Basso?
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Publié 29/05/2006 à 09:30 GMT+2
Ivan Basso est entré dans la lignée des grands champions italiens en remportant pour la première fois de sa carrière le Giro. Un maillot rose qu'il a sublimé par ses trois succès d'étapes en haute montagne. Qui pourra stopper l'ascension du Varesan, de pl
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Enfin. Ivan Basso a enfin conquis l'Italie. Lui qui inspirait au mieux un respect poli, au pire de l'indifférence à ses compatriotes, a su mettre la Botte à ses pieds. Moins fort en gueule que Simoni, moins précoce que Cunego, moins titré que Savoldelli, moins mythique que Pantani, il ne déchainait pas les passions. Prompts à s'emballer, public et médias transalpins le trouvaient trop sage, trop lisse. Trop glace, pas assez feu. L'enfant de Cassano Magnago n'est pas une diva et ne le deviendra jamais.
A défaut d'envoûter, il lui fallait donc convaincre. Quoi de mieux qu'une victoire dans le Tour d'Italie pour rallier les sceptiques à sa cause? Alors, Basso a gagné. Mieux, il a triomphé, donnant un relief tout particulier à son sacre avec trois succès en montagne et une avance jamais enregistrée depuis 41 ans. L'avènement de ce nouveau géant relève de la plus pure logique. Sa montée en puissance, méthodique à l'image du bonhomme, s'est affirmée patiemment, au fil des ans. Tout l'inverse d'un Cunego, maître du jeu à 22 ans, mais qui peine à gérer son statut d'idole depuis.
Entre Indurain et Armstrong
Meilleur jeune du Tour de France en 2003, septième l'année suivante, Basso a accédé au podium en 2004 (3e) et 2005 (2e). Sa consécration aurait pu, aurait dû intervenir sur le Giro 2005, qu'il dominait déjà de toute sa classe, avant de connaitre un terrible trou. La faute à une gastro sévère. Un an plus tard, il n'a pas laissé passer sa chance. A 28 ans, le voilà dans la force de l'âge, prêt à donner sa pleine mesure. Il commence à tutoyer les étoiles sensiblement au même âge que Miguel Indurain et Lance Armstrong, les deux derniers grands tyrans du Tour de France, auxquels il ressemble beaucoup.
En tant qu'homme, il se rapproche du Navarrais. Le même calme, la même timidité dans le civil, le même culte de la famille. Comme champion, il lorgne à l'évidence vers le modèle texan. De la cadence de pédalage à la soif de victoire jamais assouvie en passant par une extrême méticulosité, Armstrong lui sert souvent de référent. Le leader de l'équipe CSC, lancé sur une trajectoire ascendante que rien ne semble devoir incliner, peut-il dominer le cyclisme à l'instar de ses deux ainés? On aura un début de réponse cet été, sur le Tour.
La solitude des géants
Une Grande Boucle sur laquelle le Varésan va maintenant focaliser toute son énergie. Pour devenir définitivement l'égal des plus grands, Basso se doit d'ajouter le jaune au rose. S'il y parvient dès cet été, il accomplira un doublé suffisamment rare pour pénétrer dans une dimension exceptionnelle. Physiquement, il semble apte à doubler la mise. Il l'a prouvé en 2005. En montagne, il fut le seul à suivre en permanence Armstrong ces deux dernières années. Quant au contre-la-montre, il en a fait un atout, non une faiblesse, au point de pouvoir rivaliser avec les meilleurs rouleurs de la planète cyclisme.
Alors, qui pourra le stopper? Ou plutôt quoi. On peut compter sur lui pour ne pas tomber dans la facilité. Ce n'est pas le genre de la maison. "J'ai les pieds sur terre. Les plus belles choses ont vite fait de se terminer. Pour moi, la fête sera finie à minuit ", rappelait-il dimanche après-midi, en descendant du podium. Le danger viendra donc d'ailleurs. Peut-être du regard des autres. Le succès ne lui attirera pas que des amis. Il s'en est déjà aperçu à travers les propos de Gilberto Simoni, qui l'a qualifié " d'extra-terrestre". Dans la bouche du Trentinois, ce n'était pas un compliment. Juste une manière de jeter un voile sur le triomphe de son rival, en un lourd sous-entendu. Les grands champions sont souvent seuls contre tous. Basso est en train de l'apprendre...
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