Eurosport

Giro : Bradley Wiggins (Sky) contre Vincenzo Nibali (Astana), le duel programmé

Wiggins – Nibali, le duel programmé
Par Eurosport

Le 03/05/2013 à 17:10Mis à jour Le 03/05/2013 à 20:46

Bradley Wiggins (Sky) et Vincenzo Nibali (Astana) sont les deux favoris naturels du Giro qui s’ouvre samedi. Avec des armes différentes : le Britannique, vainqueur du dernier Tour de France, tentera de suivre son rival dans la montagne et de le semer dans les chronos. Voici où Wiggins et Nibali en sont.

BRADLEY WIGGINS (Sky) : Un exploit en tête

Où il en est : Un peu moins d'un an après la plus grande victoire de sa carrière, Bradley Wiggins reste une énigme. Classé 74e sur le Tour d'Oman, puis 5e du Tour de Catalogne et du Tour du Trentin, le Britannique reste bien en deçà de ses capacités de l'an dernier à la même époque. Pourtant, le vainqueur du Tour de France 2012 est plus confiant que jamais. "Tout laisse à penser que je suis en meilleure forme maintenant que lorsque j'ai débuté le Tour de France l'année dernière", assure-t-il. Sûr de lui, Wiggo s'est même risqué à dévoiler son principal objectif de l'année: succéder à Marco Pantani en réalisant le doublé Giro-Tour cette année, comme l’Italien l’avait fait en 1998. "Gagner le Giro et le Tour la même année c'est un objectif et je ne le ferai pas si je ne m'en sentais pas capable" a récemment indiqué le coureur de Sky. Mais pour cela, il faut tout d'abord arriver en rose à Brescia le 26 mai.

Ses raisons d'espérer : Sa victoire sur la Grande Boucle a été acquise avec une telle autorité, l'été dernier, sur les routes du Tour de France, que Wiggins s'impose au départ de Naples comme le favori du Giro. Le champion olympique du chrono établi son plan. " Je dois prendre du temps dans le contre-la-montre de Saltara (8e étape), qui dépasse les 50 kilomètres. Et aussi dans le 'chrono' en côte de Polsa (18e étape). Après, je devrai me défendre par rapport aux grimpeurs. L'important est de gagner du temps (sur les adversaires). Si le maillot rose vient en plus, tant mieux". En plus de ses qualités de rouleur, le coureur aux rouflaquettes (rasées avant le départ) pourra compter sur le soutien d'une équipe Sky redoutable. Avec notamment Christian Knees, Sergio Henao et Rigoberto Urán pour l'épauler, Wiggins aura une garde rapprochée.

Le danger : Le point faible de Bradley Wiggins, c'est la haute montagne. Humblement, le Londonien avait rappelé en début de semaine les difficultés initiales de son long parcours: "Il y a dix ans, dans le Giro, j'étais arrivé hors délai dans une étape de montagne." En se muant en coureur de grand tour, Wiggins a gommé pour l'essentiel son point faible lorsque la route s'élève, même s'il n'est pas devenu un pur grimpeur. Cette année, le Giro compte six arrivées en altitude (contre trois sur le Tour 2012), une deuxième semaine redoutable (avec une arrivée au Galibier notamment), et deux étapes de haute montagne lors des trois derniers jours de course. En somme, Wiggins n'aura pas la Dolce Vita sur ce Giro.

________________________________

VINCENZO NIBALI (Astana) : Programmé pour gagner

Où il en est : Vincenzo Nibali est dans une forme rayonnante. Récent vainqueur d'étape et du classement général sur le Tour du Trentin, le coureur d'Astana s'est aussi adjugé Tirreno-Adriatico en début de saison. Avec ses trois succès conquis cette année en terre italienne, il semble bien parti pour remporter son premier Giro, à domicile. "Sur le papier, c'est la menace principale, pour moi c'est le favori, c'est lui qu'on doit tous battre", a insisté Bradley Wiggins. Animé par l'envie de décroché son premier Tour d'Italie après avoir échoué à deux reprises sur le podium (3e en 2010 et 2e en 2011), il arrive sur cette épreuve avec la pancarte "homme à battre" gravée dans le dos. Entouré par une solide équipe, dont Tiralongo, Kessiakoff ou encore Grusdev, Nibali a mis tous les atouts de son côtés pour décrocher son deuxième grand Tour (après son sacre sur la Vuelta en 2010).

Ce qu'il peut espérer : L'Italien se trouve à son pic de forme et est entouré de coureurs habités par son projet. "Nous avons un but sur ce Giro, la victoire de Vicenzo (Nibali) chez lui a déclaré le manager de l'équipe Astana Alexandr Vinokourov. Il est prêt pour se battre pour le maillot rose. Cela a été notre but depuis le début de la saison, et c'est dans la tête de tous les membres de l'équipe. Nous avons droit à la victoire". Nibali a le droit à la victoire.

Le danger : Il y en a deux. Le premier : si Nibali vole en haute montagne, il pêche lors des contre-la-montre. Ce sera pour lui toute la difficulté de ce Giro. Son adversaire principal, Bradley Wiggins, lui excelle dans ce domaine. La seconde : Nibali arrive sur ce Giro avec le statut d'homme à abattre. Le peloton aura les yeux rivés sur lui. Il lui sera difficile de le surprendre.

Imago

0
0