Tour d'Italie 2013 : Uran, Betancur, Duarte... Les Colombiens continuent de grimper

Eurosport sur Google

La 20e étape du Giro, marquée par le triplé colombien aux places d'honneur derrière l'intouchable Nibali, a confirmé le retour au premier plan des petits grimpeurs sud-américains. Grands animateurs de ce Tour d'Italie, ces fils spirituels du grand Lucho Herrera sont partis pour durer. Au point de remporter un jour un grand tour ?

Eurosport

Crédit: Eurosport

Fabio Andres Duarte, Rigoberto Uran, Carlos Betancur. Des noms que l'on dirait tout droit sortis d'un roman de Gabriel Garcia Marquez. Mais qui n'ont pourtant rien de fictif. Sur les pentes enneigées des Tre Cime di Lavaredo, les trois Colombiens ont signé un fabuleux triplé derrière Vicenzo Nibali en terminant respectivement à 17, 19 et 21 secondes de l'invincible maillot rose. Après ce coup de force, Rigoberto Uran en a profité pour ravir la deuxième place au classement général à Cadel Evans et Carlos Betancur a remporté son duel à distance avec le Polonais Majka pour la conquête du maillot blanc. Un classement du meilleur jeune arraché l'année dernière par ce même Uran... Bref, un tir groupé qui démontre bien toute la vitalité d'un cyclisme de nouveau en plein essor. 
Révélé au grand public grâce à Lucho Herrera (vainqueur de la Vuelta en 87) et Fabio Parra, (2e du Tour d'Espagne en 89 et 3e du Tour de France en 1988), le cyclisme colombien avait également percé par Francisco Rodriguez et Oscar de Jesus Vargas (chacun 3e de la Vuelta, en 1985 et 1989) mais avait depuis sombré dans l'oubli, seulement sorti de sa torpeur par l'éclair Santiago Botero, champion du monde du contre-la-montre et 4e du Tour de France en 2002. Mais depuis, le pays se cherchait des successeurs à ces grimpeurs ailés, jamais aussi à l'aise que lorsque l'oxygène se raréfie. Car si les victoires finales d'un Escarabajo (scarabée) sont rares dans les grands tours, on ne compte plus le nombre de maillots à pois remportés par ces poids plumes habitués aux hautes altitudes. 
Une faculté d'adaptation accrue
Depuis quelques mois, les sommets sont de nouveau envahis par ces petits gabarits aux brusques accélérations. Preuve que la mutation est en cours, les nouveaux conquistadors ne craignent désormais plus le froid. Sur les pentes enneigées de ce 96e Giro, ils ont su s'adapter aux conditions dantesques là où d'autres se faisaient cryogéniser. "Ce n’est pas facile pour mes coureurs, à cause du froid et du danger dans les virages et les descentes, confirme Claudio Corti, manager de l’équipe Colombia. Mais c’est la course, on ne peut pas rejeter la faute sur la pluie. En Belgique, ils sont en train de courir avec 2 ou 3°C".
Première équipe colombienne à participer au Tour d'Italie depuis 1992, la formation Colombia, héritière de la légendaire équipe "Café de Colombie", est le symbole de cette nouvelle génération d'Escarabajos sortie du cocon grâce à une aide gouvernementale conséquente. Une politique de formation qui commence à payer ses fruits sur les courses européennes après avoir essuyé les plâtres sur les hauts plateaux sud-américains. En témoigne ce coup de semonce lors de la dernière Flèche Walonne où Sergio Henao et Carlos Betancur ont terminé 2e et 3e. Encore des places d'honneur. Il n'en faudrait désormais pas beaucoup plus pour qu'ils signent des victoires sur les grands tours. Peut-être la dernière marche demande-t-elle s'améliorer sur les contre-la-montre qui, à l'exception notoire de Botero, n'ont jamais été la tasse de thé des Colombiens ? De toutes façons, eux préfèrent le café.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité