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Tour d'Italie : Samedi, le spectacle ce sera bien le Zoncolan

Samedi, le spectacle ce sera bien le Zoncolan

Le 30/05/2014 à 20:43Mis à jour Le 30/05/2014 à 20:44

Les écarts lors du chrono ce vendredi ont laissé peu de suspense avant la dernière étape de haute-montagne. Mais la présence du Zoncolan vaut à elle seule le détour.

Les organisateurs du Giro ont décidément bien pensé leur affaire. Alors qu’au soir du chrono du Monte Grappa, qui a vu la victoire et l’assisse de Nairo Quintana au général, tout semble jouer ou presque, voilà que se profile la chose. Une monstruosité. Le "Frankenstein" des montées cyclistes, découvert en 2003 par Carmine Castellano, alors directeur du Giro. Le Monte Zoncolan, situé à l’est des Dolomites, est considéré par beaucoup comme le plus dur. Il est l’un des trois seuls cols d’Europe (avec l’Angliru, en Espagne, et le Kitzbühel Horn, franchi lors du tour d’Autriche) dont le pourcentage moyen dépasse le nombre de kilomètres d’ascension.

Le suspense est faible mais il existe

Avec 11,9% pendant 10km, le Zoncolan est même un cran au-dessus de l’Angliru. C’était en tout cas l’avis de Pierre Cazaux, interrogé en 2011 par Velochrono : "Le Zoncolan, pour résumer, est moins abrupt mais l’est quand même, et ce du pied au sommet. Il n’y a pas le moindre répit. Rien rien rien", avait déclaré celui qui était alors coureur d’Euskaltel-Euskadi. Difficile, dans ces conditions, d’imaginer divers scénarios. En réalité, il n’y en a qu’un. C’est chacun pour soi, à son propre rythme. Les attaques ? Il n’y en a pas. Et la pente est si raide que la moindre défaillance s’y paie cash. En 2010, David Arroyo, alors maillot rose, avait perdu 3’50’’ sur son dauphin et futur vainqueur Ivan Basso.

Un écart conséquent. Avec une telle performance, Uran reprendrait le maillot de leader à Quintana. Mais loin de nous l’idée de vouloir comparer les deux situations. Quintana n’est pas Arroyo. Sur ce Giro, c’est le meilleur grimpeur. Il faudrait un cataclysme pour ne pas le voir en rose à Trieste dimanche. Le seul qui semble en mesure de le devancer, c’est Aru, et il est pointé à 3’48’’. On ne va pas se le cacher : le suspense pour la victoire finale est faible. Surtout à la vue des dernières étapes de haute-montagne. En revanche, le podium et le top 5 offre une lutte bien plus intéressante. Bien qu’à 1’38’’ de Fabio Aru, Pierre Rolland (Europcar) peut encore rêver de la troisième place. De leur côté, Pozzovivo (5e à 2’28’’ de l’Italien) et Majka (6e à 3’11’’) devraient plutôt se concentrer sur la cinquième. Mais comment espérer boucher de tels écarts alors que le cinquième a rarement été à plus de 1’30’’ sur le Zoncolan ?

Cette fois, le Zoncolan n’est pas qu’une course de côte

Avec le Passo del Pura (11,2km à 7,7%) - placé à 63km de l’arrivée - et le Sella Razzo qui culmine à 1811 m après une ascension irrégulière et des passages à 15%, le nouveau directeur de course a rendu cette 20e étape bien plus difficile que les précédentes fois, où le Zoncolan a été franchi. Dans les 80 derniers kilomètres, il n’y aura pas un mètre de plat pour les coureurs ! Le sommet de l’avant-dernier col, situé à 40km de l’arrivée, débouche sur une descente de 29km qui amène au pied du Zoncolan. Un terrain donc idéal pour assister à une course de mouvement. Les audacieux pourraient s’en donner à cœur joie. N’est-ce pas Pierre Rolland ?

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