Les masques sont tombés. La 15e étape du Giro avait des airs de premier grand rendez-vous en altitude et, bingo, elle a décanté le classement général ce dimanche à Piancavallo. João Almeida y a conservé la tunique rose pour quinze secondes, résistant au coup de force de la Sunweb de Wilco Kelderman, qui a seulement été battu au sprint par Tao Geoghegan Hart pour le gain du bouquet. Les autres candidats au sacre ont perdu gros, Vincenzo Nibali, en premier lieu. Le Requin de Messine se retrouve 7e à 3’29" du jeune coureur de la Deceuninck-Quick Step à la veille de la deuxième journée de repos.

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Deux équipes ont montré leur ambition rapidement dans cette étape. La NTT Pro Cycling de Domenico Pozzovivo et la Sunweb de Wilco Kelderman, mettant respectivement à la planche Dylan Sunderland et Nico Denz. Pour la première, cela a été plus qu’un coup d’épée dans l’eau puisque son leader, 12e de l’étape, perd même une place au général (de 7e à 8e). Pour la deuxième, le coup de maître n’est pas passé loin. Pour l’échappée, le résultat a été le même : ce n’était pas le jour des baroudeurs.

La Sunweb a frappé fort... pas Kelderman

Parmi les onze coureurs qui ont ouvert la route pendant la majeure partie de cette étape de 185 km il y avait notamment Sergio Samitier (Movistar, 16e du général ce matin), Thomas De Gendt (Lotto Soudal), Rohan Dennis (INEOS Grenadiers) et Giovanni Visconti (Vini Zabù - KTM). Ce dernier n’a pas réalisé cette escapade pour rien. Il en repart avec le maillot bleu de meilleur grimpeur sur les épaules. Dans l’optique de remporter l’étape, c’est Dennis qui a résisté le plus longtemps. Mais il a rendu les armes à un peu moins de dix bornes de l’arrivée, avalé par le train de la Sunweb.

Rohan Dennis (INEOS Grenadiers), en tête de l'échappée lors de la 15e étape du Giro

Crédit: Getty Images

Dans la dernière ascension, longue de 14,5 km à 7,8% de moyenne et notamment ardue dans sa première portion, c’est ainsi l’équipe de Kelderman qui a fait le ménage, après un court passage en tête de peloton de la formation Astana. Martijn Tusveld a opéré un premier écrémage, puis Chris Hamilton a pris le relais. Un terrible relais. Pello Bilbao (Bahrain-McLaren), Jakob Fuglsang (Astana), Brandon McNulty (UAE Emirates) et Domenico Pozzovivo sont rapidement passés par la fenêtre. Puis, à 8,8 bornes de but, c’est Vincenzo Nibali (Trek - Segafredo) qui a explosé.

Nibali s’est mis dans le rouge

Le Squale a été distancé brutalement, comme souvent lorsqu’il joue la carte du bluff quitte à se mettre dans le rouge. Il ne restait alors plus que sept coureurs en tête, dont Kelderman avec deux équipiers et Almeida avec un (Fausto Masnada). Puis quand Jai Hindley (Suweb) a accéléré, il a emmené son leader et Geoghegan Hart sur son porte-bagages et fait mal au maillot rose qui, du haut de ses 22 ans, a dû gérer seul les sept derniers kilomètres.

Et Almeida n’a pas sombré. Il a coupé la ligne seulement 37 secondes après Geoghegan Hart et 35 après un Kelderman qui n’a pas eu les jambes pour parachever le travail de son équipe. Hindley, troisième de l’étape et du général (à 2’56") semble au moins aussi fort que lui. Le lauréat du jour offre quant à lui un cinquième succès à INEOS Grenadiers sur ce Tour d’Italie et se place en embuscade pour le podium (4e à 2’57").

Du côté des battus : Rafal Majka, pour la Bora-Hansgrohe, a été le meilleur des déçus, ne concédant que 1’22" à Geoghegan Hart. Bilbao, Fuglsang et Nibali ont perdu 1’36", Pozzovivo 1’54", McNulty 2’43". Tous sont repoussés à plus de 3 minutes d’Almeida, dont le statut de surprise s’étiole au fil des étapes. Mais à qui le plus dur reste à faire, à l’aube d’une troisième semaine très montagneuse.

Vincenzo Nibali a été mis en difficulté

Crédit: Getty Images

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