La délivrance pour Giacomo Nizzolo. Régulièrement frustré sur les routes du Giro, le sprinter de la formation Qhubeka ASSOS a enfin brisé le mauvais sort vendredi sur la 13e étape du Tour d’Italie. Le champion d’Europe en titre a bien cru voir sa "victoire" s’envoler une nouvelle fois après le sprint anticipé d’Edoardo Affini (Jumbo-Visma), finalement deuxième sur le fil à Ravenne. Mais il n’y a pas eu de 12e place de dauphin pour celui qui se croyait maudit sur son Grand Tour national.
Battu à la régulière mais bon troisième, Peter Sagan (BORA – Hansgrohe) a consolidé sa tunique cyclamen. Au classement général, Egan Bernal (INEOS Grenadiers) a eu le temps de palabrer au cours d’une journée paisible, avant d’entamer la défense de sa tunique rose sur les lacets mansardés du redouté Monte Zoncolan.
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Une étape ennuyante sans pour trois courageux
Le spectacle attendra. L’ordre du jour de ce vendredi était de nature roborative. Rien de surprenant au vu du profil tout plat qui attendait les coureurs sur les 198km au programme entre Ravenne à Vérone. Trois téméraires dont deux habitués - Simon Pellaud, Umberto Marengo, Samuele Rivi - ont tout de même tenu à animer le paysage, inspirés par le soleil plein au-dessus de Ravenne. Rapidement, le peloton s’est rangé en mode décompression, laissant les fuyards grappiller jusqu’à plus de 6 minutes.
De l’envie de tuer l’ennui, et parce qu’il n’y a pas de petits profits sur le Giro, Simon Pellaud s’en est allé seul à 129km de l’arrivée, obnubilé par le classement de la "fuga" (comptabilisant le nombre de kilomètres passés en tête) qu’il dispute à Umberto Marengo. D’un jeu de fugues à un jeu de dupes, Thomas De Gendt (Lotto Soudal) et Rémi Cavagna (Deceuninck - Quick Step) ont cru jouer un sacré tour aux formations de sprinters à 51km du but, en forçant vent de côté sous la banderole du second sprint intermédiaire du jour. Une tentative vaine qui aura suffi à réveiller un peloton lénifié.

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Premier succès italien dans un sprint massif depuis 2018.

La nervosité de mise n’a pas duré, les formations attirées par le gain de l’étape du jour reprenant la tête des opérations sur un rythme léger. Sans s’employer outre mesure, les trains de sprinteurs ont avalé les trois courageux du jour à 7km du terme. Vexé par ses 11 places de dauphin sur l’épreuve (un record), Giacomo Nizzolo a mis ses équipiers à la barre, obsédé par l’odeur d’un premier bouquet. Mais décidément, rien ne devait être facile, même pour une première. Anticipant l’emballage final à 600 mètres de la ligne, Edoardo Affini, censé être le poisson-pilote de Dylan Groenewengen, a bien failli réussir le gros coup du jour en partant en solitaire vers la ligne. Parti en chasse de son compatriote, Giacomo Nizzolo l’a finalement coiffé au bout du suspense pour devenir le premier Italien depuis 2018 et Elia Viviani à s’imposer lors d’un sprint massif.
Un final digne d’une tragédie de Shakespeare, dont les écrits transpirent sous les toits de Vérone, théâtre de la victoire du champion d’Europe. Les favoris, et c’est bien normal, ont quant à eux manqué d’inspiration vendredi, à la veille du rendez-vous avec le terrible Monte Zoncolan. On annonce justement 4°C avec au choix, des chutes de neige ou des trombes d’eau au sommet de l’ultime ascension. Si Dante, ponte de la littérature italienne, mort à Ravenne, a écrit l’Enfer, ce sont les coureurs qui vont le vivre samedi.

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