Cette fois, Simon Yates a fait coup double ! Déjà l’un des plus forts à Sega di Ala, le Britannique de la BikeExchange a confirmé qu’il finissait très bien ce Tour d’Italie en remportant la 19e étape ce vendredi, à l’Alpe di Mera. Parti à plus de 6 kilomètres de l’arrivée, Yates s’est vite isolé pour aller décrocher sa 4e victoire d’étape sur le Giro, la première cette année. Il devance Joao Almeida (Deceuninck-Quick Step, + 11'') et un Egan Bernal (+ 27'') encore dans le dur. Mais le leader d’INEOS Grenadiers a géré son ascension pour ne concéder qu’en trentaine de secondes et même creuser l’écart avec son dauphin, Caruso (+ 2’’29''). Le Colombien a toutefois confirmé son coup de moins bien et entrouvre une porte pour la fin de ce Giro.

L'attaque de Yates, la gestion de Bernal : l'étape a basculé à 6,4 km de l'arrivée

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Simon Yates avait annoncé la couleur dès le début de l’étape, en faisant rouler ses hommes quelques minutes seulement après la formation de l’échappée du jour. Il faut dire que celle-ci aura mis beaucoup de temps à se former, au cours d’une première heure de course disputée à près de 50 km/h de moyenne. Six hommes ont fini par réussir à sortir du peloton mais, avec 4'18'' d’avance au maximum, Warbasse (AG2R-Citroen), Pasqualon et Hermans (Intermarché - Wanty - Gobert Matériaux), Venchiarutti (Androni Giocattoli - Sidermec), Christian (EOLO-Kometa) et Aleotti (Bora-Hansgrohe) n’ont jamais pu croire à une victoire d’étape que les leaders convoitaient beaucoup trop.

Almeida et Yates finissent fort

Après les BikeExchange, ce sont les Deceuninck-Quick Step qui ont pris les commandes du peloton pour faire la descente de Gignese, faire exploser le peloton et piéger Daniel Felipe Martinez. Mais tout est rentré dans l’ordre et le peloton s’est ensuite tranquillement dirigé vers la montée finale, après un passage à Stresa, marquée par le récent tragique accident de téléphérique qui a coûté la vie à 14 personnes et forcé les organisateurs à supprimer l’ascension de Mottarone. L’étape s’est donc résumée à une course de côté dans l’ascension finale de l’Alpe di Mera. Avec ses 9,6km à 9%, la montée avait de quoi rappeler Sega di Ala et, sans surprise, on a retrouvé les mêmes acteurs aux avant-postes.
Après avoir fait travailler son équipe toute la journée, Joao Almeida a été le premier à passer à l’offensive, à 6,8km de l’arrivée. Une attaque un peu trop anticipée que personne n'a suivi, attendant celle de Simon Yates. Le Britannique n'a mis que 400m à réagir et a emmené dans son sillage Caruso mais aussi Vlasov (Astana-premier Tech). Pas Bernal.

Simon Yates sur la 19e étape du Giro 2021

Crédit: Getty Images

Le maillot rose, clairement mieux qu’à Sega di Ala mais loin de son niveau de Cortina d’Ampezzo, a choisi d’ignorer les changements de rythme de ses adversaires pour monter à son tempo, d’abord dans le sillage de Castroviejo puis dans celui de Martinez. Un tempo bien trop élevé pour Carthy (EF Education Nippo), Bardet (DSM) et Foss (Jumbo-Visma), les trois grands perdants du jour (+ 1’25’’). Et quand Bernal s’est retrouvé seul, il était déjà revenu sur Almeida et Caruso à une quinzaine de secondes de Yates.

Bernal a (encore) montré des signes de faiblesse

Le maillot rose a encore tenté de revenir sur Yates mais le Colombien a vite compris qu’il ne pouvait pas. Pire, il a alors concédé du temps dans les deux derniers kilomètres de l’ascension, avant de devoir laisser partir Almeida, trop fort lui aussi. Mais pas assez pour revenir sur Yates, qui s’offre à l’Alpe di Mera sa troisième victoire de la saison après les deux du Tour des Alpes. A l’arrivée, Bernal ne concède certes pas beaucoup de temps sur Yates - 28'', 34'' avec les bonifications – mais le maillot rose a encore laissé entrevoir des signes de faiblesse auxquels il ne nous avait pas habitués jusqu’ici. Mais sa marge reste conséquente.
A deux jours de Milan, il possède 2'29'' d’avance sur son dauphin Caruso et 2'49'' sur un Simon Yates qui semble bien son plus grand adversaire désormais. Très fort dans cette dernière semaine, Joao Almeida est toujours 8e (+ 8’26’’) mais le Portugais met la pression sur Martinez, Bardet, Carthy et Vlasov, tous à moins de deux minutes devant lui. Si le top 10 n’a pas changé aujourd’hui, les écarts – eux, se sont sérieusement resserrés, de quoi augurer d’une fin de Giro magnifique. Et c’est tant mieux.
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