D'une des plus grosses cylindrées du peloton à… une retraite anticipée. C’est ce que Taco van der Hoorn a failli vivre à l’intersaison. Après deux années au sein de la Jumbo-Visma, le baroudeur néerlandais ne s’est pas vu proposer de nouveau contrat. Mais l’ancien de la Roompot a finalement posé ses bagages chez Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux, formation qui intègre le World Tour cette saison. Quelques semaines plus tard, le voilà qui lève les bras lors du Tour d’Italie. L’histoire est belle.
"Il y a 5 mois, j'ai envisagé d'arrêter le cyclisme parce que je n'avais pas de contrat. Aujourd'hui, je remporte une étape du Giro ! Je ne peux pas y croire", a-t-il commenté, à l’issue du plus grand succès de sa carrière, acquis ce lundi à Canale. Le lauréat de la 3e étape du 104e Tour d’Italie raconte son jour de gloire : "Dans la dernière côte, Simon Pellaud a relancé l'allure. Mais il a payé la fatigue ensuite et j'ai décidé d'y aller quand j'ai entendu à l'oreillette que j'avais une avance de 40 secondes."
Tour d’Italie
Van der Hoorn, une victoire au bout de l'exploit
10/05/2021 À 14:56
J'ai commencé à croire que je pouvais gagner à 1 kilomètre de l'arrivée
La suite ? Une remarquable résistance, pendant huit bornes. Avec aucune pensée parasite en tête. Membre d'une échappée fleuve ce lundi, Van der Hoorn soutient qu’il n’a entrevu la victoire que dans les derniers hectomètres : "J'ai commencé à croire que je pouvais gagner à un kilomètre de l'arrivée." Le héros du début de Giro, qui dispute son premier Grand Tour, voulait "juste courir de façon agressive sur ce Tour d'Italie, être offensif." Il a donc fait bien mieux que cela : "Je savais que ce serait très difficile de gagner une étape. J'ai saisi ma chance (…) C'est incroyable."

Van der Hoorn a tenu bon dans le dernier kilomètre

Sagan, fier de son équipe

Si l’épopée victorieuse de Van der Hoorn est si belle, c’est aussi parce que le peloton n’a rien lâché. Les sprinteurs qui se sont accrochés dans les bosses de la deuxième moitié de l’étape (longue de 190 km depuis Biella) ont bien cru jouer la gagne. Parmi eux, Peter Sagan, dont l’équipe Bora-Hansgroh été à l’initiative de l’écrémage. "Nous avons suivi la bonne stratégie et nous avons travaillé très dur, a estimé le Slovaque, 3e. Nous avons fait de notre mieux, à 100 %." L’objectif n’est en revanche pas rempli : "Nous sommes une équipe qui court toujours pour gagner, pas pour nous contenter des deuxième ou troisième places."
Déception du même tonneau pour Elia Viviani (Cofidis), 4e de l'étape, derrière Sagan, donc, mais aussi Davide Cimolai (Israel Start-Up Nation, 2e) : "L'équipe a encore fait un très bon travail mais ce n'est pas le résultat espéré. Tous les efforts que j'ai fait dans les côtes n'ont pas été récompensés. Je suis content de la façon dont on s'est battu parce que la plupart des sprinteurs étaient distancés hormis Peter Sagan et Fernando Gaviria (7e NDLR). Dans cette configuration de course, j'aurai dû terminer 2e, ce n'est pas satisfaisant. Je suis un peu déçu du résultat mais pas de la performance de toute l'équipe."

Peter Sagan, lors de ce Giro

Crédit: Getty Images

Viviani retrouve des jambes, Gallopin en vue

Grande déception de 2020 pour Cofidis, dont il était la recrue-phare, Viviani a enfin retrouvé le chemin de la gagne, cette année, remportant Cholet - Pays de la Loire. Son premier bouquet avec la formation française. Il a retrouvé, aussi, de l’appétit : "Mon seul but, c'est la victoire et je veux aller la chercher sur ce Giro !"
La victoire, Tony Gallopin a tenté de l’obtenir en anticipant. "J'aime ce genre de final un peu décousu même s'il n'y a pas eu beaucoup d'attaques finalement, raconte le puncheur d’AG2R Citroën. J'avais de bonnes jambes et j'ai essayé avec (Giulio) Ciccone. Ce n'était pas mal mais il y avait beaucoup de vent de face dans le final. Le coureur devant (Van der Hoorn) était vraiment costaud." Costaud au point de faire abdiquer le duo de poursuivants. "A 5 bornes de l'arrivée, on a vu que ce serait pour la deuxième place. La motivation est moins forte alors pour appuyer sur les pédales", conclut le Français, 89e d’une étape remportée par un Néerlandais de 27 ans, qui n’a décidément pas volé son contrat d’une saison.
Avec AFP

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