L’étape des "Strade Bianche" a tenu toutes ses promesses ce mercredi sur le Giro. Derrière une échappée fleuve qui a permis au Suisse Mauro Schmid (UAE Emirates), 21 ans, de signer la première victoire de sa carrière, le maillot rose Egan Bernal, mis sur orbite par ses équipiers d’INEOS Grenadiers, a fait le ménage sur les chemins blancs de Toscane pour se positionner, au soir de cette 11e étape, comme le seul grand favori à la victoire finale. A Montalcino, le Colombien a repris du temps à tous ses adversaires, à commencer par Remco Evenepoel, le grand battu de la journée, désormais relégué au 7e rang à 2’22’’ au général. Son premier poursuivant, Aleksandr Vlasov (Astana), pointe désormais à 45".
35 kilomètres de chemin de terre lors des 70 derniers kilomètres. Au lendemain de la première journée de repos, cette 11e étape s’annonçait comme celle de tous les dangers. Ça n'a pas manqué. Pas de pluie, pas de visage maculé de boue, comme ce fut le cas il y a 11 ans lors d’une précédente arrivée à Montalcino restée dans la légende, mais cette étape a livré suffisamment d’images fortes et de victimes pour s’assurer de rester comme l’une des grandes journées de ce 104e Tour d’Italie.
Tour d’Italie
Lafay : "Je me suis testé dans le Zoncolan… Bernal m’a mis plus de 2 minutes en 3 kilomètres"
14/06/2021 À 17:42

Evenepoel craque mais limite la casse

Evenepoel a touché ses premières limites sur ce Giro, essuyant au passage la première gifle de sa carrière, lui qui n’avait fait qu’en donner depuis ses débuts. Mis en difficulté par le train des INEOS Grenadiers dès le premier des quatre chemins blancs, à 69 kilomètres de l’arrivée, le leader de la Deceuninck-Quick Step, qui était ce mercredi matin 2e à 14’’, a fini par craquer à 26 kilomètres du but, à l’entame du 3e secteur, alors que le groupe maillot rose était encore fort d’une grosse vingtaine d’unités. Le Belge de 21 ans s’est retrouvé seul dans la "pampa", sans équipier pour limiter la casse, avant que Joao Almeida ne se relève pour l’attendre. Evenepoel a semblé perdre ses nerfs, intimant le Portugais à filer sans lui avant de jeter de rage son oreillette.

Largué et énervé, Evenepoel en a enlevé son oreillette de rage

Heureusement pour le Belge, le pétage de plomb n’a pas duré. Avec l’aide du 4e du dernier Giro, il a fini par reprendre les morts, comme Attila Valter puis Romain Bardet (désormais rélégué à 3’29’’ de Bernal), et n’a concédé que 2’08’’ sur Bernal. Presque un moindre mal vu les circonstances.

Bernal dans son jardin

Trois jours ans après avoir conquis le maillot rose à Campo Felice, déjà sur les graviers, Bernal s’est une nouvelle fois rappelé au bon souvenir de son passé de vététiste pour frapper un grand coup sur la table. Porté par un impressionnant collectif, le vainqueur du Tour de France 2019 a multiplié les coups de boutoir, par l’intermédiaire de ses équipiers mais aussi de sa propre personne. Nibali, Soler et Ciccone en firent notamment les frais, victimes de spectaculaires défaillances dans le Passo del Lume Spento, une montée par paliers qui comprenait 1,5km à 9,5% à son pied.
C’est ici, à environ 8 kilomètres de l’arrivée, que le Colombien a crucifié tous ses rivaux en contrant l’attaque de Vlasov. Bernal est revenu sur Emmanuel Buchmann (Bora-Hansgrohe), qui avait anticipé l’éclair, et quatre kilomètres plus loin, les deux hommes franchirent la ligne ensemble. Enfin pas tout à fait, car il restait encore au moins une cartouche au maillot rose pour faire le sprint et devancer l’Allemand pour trois secondes. Au général, on y voit beaucoup plus clair. Vlasov est le seul sous la minute (45’’). Derrière, Damiano Caruso (Bahrain-Victorious) occupe une étonnante 3e place, à 1’12’’, devant les Britannique Hugh Carthy (+1’12’’) et Simon Yates (+1’22’’) et Buchmann (+1’50’’), qui se replace soudainement dans la course au podium.

La belle affaire est pour Bernal : son arrivée en vidéo

Première victoire pro pour Schmid

Fort d’une avance de près d’un quart d’heure à l’entame du premier chemin, l’échappée fleuve de 11 coureurs s’est logiquement jouée la victoire d’étape. Les deux cadets de la bande, Mauro Schmid, 21 ans, et Alessandro Covi (UAE Emirates), 22 ans, ont fini par se détacher dans la dernière bosse. Pour chacun d’entre eux, l’enjeu n’était pas seulement une première victoire en grand tour, mais tout simplement un premier bouquet chez les pros.
Dans le sprint en bosse de Montalcino, Schmid s’est montré le plus fort pour devancer Covi d’une seconde. Seul Français présent à l’avant, Simon Guglielmi (Groupama-FDJ) s’est classé 5e à 41 secondes. C’est déjà la 5e victoire pour les échappés sur ce Giro. La deuxième pour les Suisses après celle de Gino Mader à Ascoli Piceno.
Tour d’Italie
Caruso, Fortunato, Storer : les 7 révélations de ce Giro
30/05/2021 À 21:33
Tour d’Italie
Le sacre de Bernal, c'est aussi celui du collectif INEOS
30/05/2021 À 20:00