Pour la deuxième fois de sa carrière, Simon Yates va aborder le dernier tiers du Tour d’Italie dans la peau d’un candidat à la victoire finale. Sa belle prestation dans le Monte Zoncolan lui a même permis de retrouver le statut qu’on lui promettait au départ du Turin, à savoir celui de principal adversaire d’Egan Bernal. Pour l’heure, le Britannique fait plus office de favori pour la 2e place que de véritable opposant au maillot rose tant le Colombien d’INEOS Grenadiers semble au-dessus du lot mais la forme ascendante du leader de la BikeExchange témoigne bien du renouveau de ce dernier. Trois ans après sa spectaculaire défaillance sur un Giro qu’il dominait de la tête et des épaules, Simon Yates semble enfin avoir appris de ses erreurs, à savoir ne pas être en forme trop tôt.

Une semaine en retrait et puis…

Sa victoire éclatante sur le Tour des Alpes fin avril, devant d’actuels adversaires dans la lutte pour le podium comme Aleksandr Vlasov, Hugh Carthy ou Romain Bardet, avait fait renaître le spectre de ce Tour d’Italie d’il y a trois ans. Le Britannique n’était-il pas prêt trop tôt ? Être aussi fort deux semaines avant le départ n’était-il pas prématuré ? Pour le moment, force est de reconnaitre que Simon Yates semble avoir évité cet écueil. Mieux, il semble vouloir éviter à tout prix les erreurs commises en 2018. Cette fois, il est resté très sage en première semaine, ne faisant pas le moindre effort superflu, y compris pour aller chercher Egan Bernal lorsque le Colombien a multiplié les attaques, que ce soit à Sestola, au San Giacomo ou à Campo Felice. Ce qui pouvait ressembler à un coup de moins bien s’apparente plus aujourd’hui à une gestion de ses efforts, en vu de la suite du Giro. Quitte à perdre quelques secondes.
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Il n’y a qu’un pas pour affirmer que Simon Yates aurait pu suivre Egan Bernal s’il l’avait voulu que nous ne franchirons pas. Ce serait tout simplement faux. Pour le moment, le Colombien d’INEOS est très clairement au-dessus de la concurrence et, si cela reste comme ça, même la bonne gestion et la montée en puissance de Yates n’y changeront rien. Mais, alors qu’il posait question en première semaine, le Britannique a montré dans le Monte Zoncolan qu’il méritait toutefois son statut de principal adversaire de Bernal. Ce dernier a été le seul à pouvoir le suivre lorsque Yates a attaqué à 2km de l’arrivée et, s’il a fini par le contrer, le Colombien n’a pas toujours semblé au mieux dans la roue du leader de la BikeExchange. De quoi garder espoir alors que le Giro est encore loin, comme souvent, d’avoir offert les étapes les plus propices aux écarts. La troisième semaine sera terrible et tout y sera possible. Ce n’est pas Yates qui dira le contraire.

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Leçon retenue

En 2018, le Britannique portait encore le maillot rose à trois jours de l’arrivée et, à l’exception de Tom Dumoulin (+ 56’’), tous ses adversaires pointait à plus de 3 minutes. Mais nous n’étions qu’à l’aube de la 18e étape et des trois dernières étapes montagneuses du Giro, les deux dernières étant les pires en terme d’enchainements de cols. Un schéma que l’on retrouve encore cette année, avec aucun véritable enchainement de gros cols jusqu’ici, malgré les trois arrivées au sommet (+ Sestola). Pour ça, il faudra attendre lundi et l’étape de Cortina avant celle de l’Alpe Motta à la veille de l’arrivée. Autant dire qu’il faut mieux être au-dessus du lot en troisième semaine qu’en première ou deuxième. Simon Yates le sait mieux que quiconque depuis trois ans. Vu la montée puissance depuis une semaine du désormais dauphin de Bernal au général (à 1’33’’), la leçon a visiblement été retenue.

Simon Yates, à l'arrivée à Termoli de la 7e étape du Giro 2021

Crédit: Getty Images

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