De suspense, il n’y a jamais vraiment eu. Trop solide, appliqué, Egan Bernal a certes perdu du temps dans le chrono final mais le Colombien d’INEOS Grenadiers remporte ce Tour d’Italie 2021. A 24 ans, il s’offre son deuxième Grand Tour, deux ans après le Tour de France. Grande surprise de l’épreuve à 33 ans, Damiano Caruso (Bahrain-Victorious) n’a pu réussir l’exploit, mais il se console avec la 2e place finale. Simon Yates (BikeExchange) complète le podium alors que Filippo Ganna (INEOS Grenadiers) a commencé ce Giro comme il l’a avait débuté : en remportant le chrono. Malgré une crevaison.

Pas de place pour le suspense : l'arrivée triomphale de Bernal à Milan

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1’’ de reprise par kilomètre pour Caruso

Avec 1’59’’ d’avance au départ des 30 kilomètres qui reliait Senago et Milan, on savait qu’il fallait une journée spéciale pour renverser Egan Bernal, à l’image de ce qu’il s’était passé à la Planche des Belles Filles sur le dernier Tour de France. Il n’en a rien été. Comme attendu, Damiano Caruso a tout donné. Comme attendu, l’Italien de 33 ans a réalisé un meilleur chrono que le Colombien mais ça n’a pas suffi. Loin de là. Sans doute émoussé par ses efforts de la veille, Caruso a vite compris qu’il n’irait pas au bout de son improbable rêve lorsqu’il a vu les écarts au premier intermédiaire, après 9km : 9’’ d’écart seulement. Soit une seconde par kilomètre, et c’est d’ailleurs sur ce rythme exact que s’est terminé leur duel, puisque Caruso a repris à l'arrivée à Milan 30’’ sur le Colombien. Insuffisant.
Dominateur sur les deux premières semaines, Egan Bernal aura souffert un peu plus lors de la dernière, mais le Colombien a parfaitement géré son affaire pour s’offrir à 24 ans son premier Tour d’Italie, dès sa première participation. Il devient du même coup le deuxième Colombien à triompher sur le Giro, après le succès de Nairo Quintana en 2014. Censé être le lieutenant de Landa au départ à Turin, Damiano Caruso s’offre lui à 33 ans le premier podium de sa carrière sur un Grand Tour, au terme d’un Giro où l’Italien sera monté en puissance. Attendu comme le principal adversaire de Bernal, Simon Yates doit lui se contenter de la 3e place finale (+ 4’15’’) après un chrono en dedans. Derrière, la course au top 5 a fait rage et, comme prévu, elle n’a pas souri à Romain Bardet.

Ganna-Cavagna, les bolides malchanceux

Le Français de la DSM est pourtant loin d’avoir réalisé un mauvais chrono selon ses standards (32e, à 2’04’’ de Ganna) mais, face à des rouleurs du standing de Martinez (INEOS) ou Almeida (Deceuninck-Quick Step), cela n’a pas suffi. Auteur d’un excellent chrono (5e) à l’image de sa dernière semaine, le Portugais, 8e ce matin, passe tout près d’un gros coup puisqu’il rate le top 5 pour quelques centièmes. Et cela profite au Colombien, qui complète la très belle journée des INEOS Grenadiers en prenant la 5e place (+ 7'24’’) juste derrière Aleksandr Vlasov (Astana-Premier Tech). Romain Bardet (DSM) doit lui se contenter de la 7e place, juste devant Hugh Carthy (EF Education Nippo, 8e), tandis que Tobias Foss (Jumbo-Visma, 9e) et Dan Martin (Israel Start-Up Nation, 10e) complètent le top 10. Petite déception pour Lorenzo Fortunato (EOLO Kometa), vainqueur au Zoncolan et qui a laissé échapper le top 15 au profit de Formolo (UAE Team Emirates). Loin du supersonique Ganna.
Grand favori de l’étape, champion du monde du chrono, l’Italien d’INEOS Grenadiers n’a pas failli en remportant son 5e chrono de suite sur le Giro, après les trois de l’an passé et celui inaugural à Turin. Il était même parti pour écraser une nouvelle fois la concurrence avec 18’’ d’avance sur Cavagna au deuxième pointage. De quoi voir venir. Sauf que la malchance a frappé une première fois, avec une crevaison lente qui l’a forcé à changer de vélo, perdant une vingtaine de secondes. De quoi entrouvrir la porte pour le champion de France de la Deceuninck-Quick Step. Mais la malchance a une nouvelle fois frappé. Arrivé trop vite dans l’un des derniers virages, Cavagna a filé droit dans les barrières. Une chute qui lui a coûté toutes ses chances de succès, malgré sa 2e place (+ 12’’). Non décidément, cette 21e étape était le jour des INEOS Grenadiers.
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