Simon Yates était attendu au tournant. Mais c'est finalement Damiano Caruso qui a fait le show. Sur la défensive depuis le début du Tour d’Italie, le leader de la Bahrain-Victorious a pris tous les risques dans la 20e étape en s’échappant dans une descente à plus de 50km de l’arrivée pour aller s’imposer en solitaire à l’Alpe Motta, la troisième victoire de sa carrière simplement. L’Italien en a profité aussi pour revenir à moins de deux minutes du maillot rose d’Egan Bernal (INEOS Grenadiers) avant le chrono de Milan. A l’attaque avec Caruso, Romain Bardet (DSM) remonte lui au 5e rang alors que Simon Yates (BikeExchange) a déçu.
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Coup de force des DSM et des Bahrain-Victorious

Pour la dernière étape de montagne, la seule avec de véritables enchainements de cols, le spectacle a été au rendez-vous. En revanche, le scénario attendu n'a pas eu lieu. Surpris de ne pas voir la Deceuninck-Quick Step et la BikeExchange, qui avaient roulé avant d'arriver au pied de la première ascension du jour, tenter quelque chose dans le Passo San Bernardino. Col le plus long de ce Giro 2021, il s’y prêtait pourtant mais ni Joao Almeida, ni surtout Simon Yates, n’avaient les jambes pour tenter un coup de loin. Du coup, le coup de force est venu, à la surprise générale, de la formation DSM. En course pour le top 5, Romain Bardet a mis ses équipiers à la planche dès le premier col avant de sortir en compagnie de deux d’entre eux (Storer et Hamilton) dans la descente.
Voulant absolument éviter la chute, avec lucidité, les INEOS Grenadiers ont refusé de suivre le rythme des DSM et l’écart s’est vite creusé, comme attendu. Mais la formation britannique ne s’attendait surement pas à voir Damiano Caruso sortir dans le sillage de Bardet à 53km de l’arrivée, avec un équipier (Bilbao) qui plus est. Pour un coureur réputé attentiste et une formation décimée, le coup était brillant. Les cinq hommes sont vite revenus sur l’échappée matinale mais l’écart n’est jamais monté bien haut. Au pied du Passo della Sluga, il était de 20’’. Au sommet, il s’approchait des 50’’, la faute à une formation INEOS incapable d’accélérer. Du moins, jusqu’à ce que Jonathan Castroviejo prenne les choses en main.

Caruso : 2e du général et 2 minutes de retard…

Comme depuis le début du Giro, l’Espagnol a été absolument énorme pour le maillot rose, roulant près d’une trentaine de kilomètres tout seul en tête de peloton, jusqu’au pied de l’Alpe Motta. Surtout, il a empêché Caruso, comme Bardet, de creuser l’écart dans la descente du Passo della Sluga, endroit stratégique où les deux hommes pouvaient encore creuser. Et, ce, en attendant un Daniel Felipe Martinez toujours aussi peu à l’aise en descente. Et le Colombien a lui aussi été brillant pour son compatriote, faisant exploser un à un les autres favoris dans la montée finale avant de laisser Bernal seul dans le dernier kilomètre. A cet instant, le maillot rose n’était plus vraiment en danger mais les INEOS Grenadiers ont finalement peu repris de temps sur un Damiano Caruso survolté. L’Italien a su prendre son destin en main dans cette 20e étape, quitte à tout perdre.
Lui qui n’avait jamais réussi le moindre top 5 sur un Grand Tour a osé risquer son podium pour tenter de renverser Bernal. Lui qui n’a gagné que deux fois en carrière a osé faire tous les efforts seuls dans la dernière ascension, sans se préoccuper de Bardet dans sa roue. Bien plus fort, l’Italien a fini par faire exploser le Français à 2km de l’arrivée pour aller décrocher la 3e victoire de sa carrière. Solidement accroché à la 2e place du général, Caruso compte encore 2 minutes (1'59" exactement) de retard sur Bernal. Sauf défaillance, le Colombien de 24 ans devrait s’offrir son premier Giro dimanche dans les rues de Milan. Mais ce Tour d'Italie a montré qu’on n’était plus à une surprise près.
Il faudra aussi une surprise pour Romain Bardet dimanche à Milan. Désormais 5e du général (+7’48’’), le leader de la formation DSM est sous la pression de Hugh Carthy (7e,+ 8’22’’), mais surtout des deux excellents rouleurs, Daniel Martinez (6e, + 7’56’’) et Joao Almeida (8e, + 8’50’’), lors du dernier chrono où il va tenter de défendre son top 5. Tout un suspense.
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