Egan Bernal (INEOS Grenadiers)

Sa situation au général : Leader, avec 2’29’’ d’avance sur son dauphin
Sa forme du moment : En baisse. Etincelant les deux premières semaines au point que l’on craignait pour l’intérêt de la fin du Giro, le Colombien subit une baisse de régime depuis le jour de repos, avec deux défaillances dans Sega di Ala et vers l’Alpe di Mera. Si la perte de temps n’a pas été trop importante, lui laissant une marge conséquente sur ses rivaux, il a entrouvert une brèche dans laquelle Simon Yates s’est engouffré pour relancer le suspense.
Tour d’Italie
Lafay : "Je me suis testé dans le Zoncolan… Bernal m’a mis plus de 2 minutes en 3 kilomètres"
14/06/2021 À 17:42
Le week-end lui correspond à : 75%. En difficulté sur des ascensions sèches, le Colombien va retrouver un terrain qui lui est propice sur le papier avec la seule étape de ce Giro avec des enchaînements de cols avant un chrono où il n’est pas le plus mauvais des grimpeurs. Mais enchaîner les ascensions quand on est fatigué comme il semble l’être est aussi très dangereux…
Ce qu’il peut espérer : Garder son maillot rose. C’est tout ce qui compte, même s’il pourrait aussi accrocher une nouvelle victoire d’étape, voire le maillot azzurro de la montagne si ses jambes sont de retour. Mais il ne s’y risquera sûrement pas.

Egan Bernal (INEOS Grenadiers)

Crédit: AFP

Damiano Caruso (Bahrain-Victorious)

Sa situation au général : 2e, à 2’29’’ de Bernal
Sa forme du moment : Bonne et constante. S’il y a bien un coureur dont le niveau de performance est le même depuis le début du Giro, c’est bien l’Italien. Jamais tout devant, jamais distancé, le grimpeur de 33 ans est un modèle de régularité et réalise la course de sa vie. Et il joue avec sa constance, son point fort, y compris dans les étapes, en montant chaque ascension à son rythme, sans jamais se mettre dans le rouge.
Le week-end lui correspond à : 80%. La dernière fois que le Giro est allé à plus de 2000m d’altitude, il avait été le plus fort derrière Bernal et il est souvent très à l’aise sur les chronos de fin de Grands Tours, à l’image de sa 4e place à Vérone sur le Giro 2019 ou de sa 7e place l’an passé à la Planche des Belles Filles. Sans compter qu’il est de base un meilleur rouleur que tous ses adversaires directs.
Ce qu’il peut espérer : Tout. Il vise en premier lieu un premier podium en Grand Tour qu’il ne lui reste plus qu’à valider (3’42’’ d’avance) mais il pourrait bien décrocher le gros lot si Bernal venait à craquer. Même si ce n’est sans doute pas lui qui prendra les risques pour que cela arrive.

Egan Bernal, Daniel Felipe Martínez (INEOS Grenadiers) et Damiano Caruso (Bahrain-Victorious)

Crédit: Getty Images

Simon Yates (BikeExchange)

Sa situation au général : 3e, à 2’49’’ de Bernal
Sa forme du moment : Très haute. C’est l’homme fort de cette troisième semaine dans la course au podium. Déjà impressionnant à Sega di Ala, le Britannique a remis ça ce vendredi en distançant cette fois tous ses adversaires pour s’imposer. Contrairement à 2018 et 2019, il semble avoir parfaitement calculé son pic de forme et est monté en puissance toute l’épreuve pour devenir le meilleur grimpeur du Giro au meilleur des moments.
Le week-end lui correspond à : 70%. Si le Britannique est le meilleur grimpeur de cette fin de Giro, la 20e étape ne peut que le favoriser, avec ses enchaînements de cols sans vallée où il sera possible d’enflammer la course de loin. Et il lui faudra y faire la différence car le chrono final ne lui est pas favorable, même s’il est parfois capable de grandes performances. Attention toutefois à l'altitude, qui l’avait vu caler dans le Passo Giau.
Ce qu’il peut espérer : Tout renverser. Encore 5e du Giro mercredi matin à plus de 4 minutes de Bernal, le Britannique finit fort – tout comme son équipe - et il n’a rien à perdre à tout tenter pour aller chercher le maillot rose vu son avance sur le 4e.

Yates facile devant Almeida, Bernal perd 28 secondes : L'arrivée de la 19e étape en vidéo

Aleksandr Vlasov (Astana-Premier Tech)

Sa situation au général : 4e, à 6’11’’
Sa forme du moment : Hésitante. On ne sait pas trop où se situe actuellement le Russe, lâché parmi les premiers à Sega di Ala avant de très bien limiter la casse et très solide dans l’Alpe di Mera. Il semble tout de même moins fort que lors des deux premières semaines, à l’image de Bernal, mais son ascension finale vendredi, offensive puis en gestion, laisse entrevoir qu’il n’est pas au bout du rouleau.
Le week-end lui correspond à : 65%. Excellent grimpeur, le Russe a toutefois souffert sur la seule étape en haute altitude de ce Giro, vers Cortina et il ne connaît pas les enchaînements de cols à plus de 2000m comme celui proposé samedi. Sans être un très bon rouleur, le chrono de dimanche ne lui sera pas totalement défavorable.
Ce qu’il peut espérer : Une victoire d’étape et un top 5. Avec 3’22’’ de retard sur le podium, l’objectif annoncé de Vinokourov et d’Astana-Premier Tech, le Russe devra se contenter d’un top 5, sauf grosse défaillance de Bernal. En revanche, vu la marge des trois coureurs devant lui, une victoire d’étape est totalement envisageable et "sauverait" son Giro.

Vlasov (Astana-Premier Tech)

Crédit: Getty Images

Hugh Carthy (EF Education Nippo)

Sa situation au général : 5e, à 7’10’’
Sa forme du moment : Mauvaise. De tous les favoris, c’est celui qui a le plus perdu vers Sega di Ala – et largement (3’39’’ sur Almeida) – et sa mauvaise passe s’est confirmée dans l’Alpe di Mera où il a une nouvelle fois calé après avoir pourtant attaqué Bernal. A l’exception d’un Bettiol exceptionnel, son équipe a également perdu de sa superbe après Cortina, étant incapable de l’accompagner en montagne. Alors qu’il apparaissait au soir de la 16e étape comme le principal adversaire du maillot rose, le Britannique n’est même plus un candidat au podium.
Le week-end lui correspond à : 75%. Très bon grimpeur, le Britannique s’était illustré l’an passé sur les gros pourcentages de l’Angliru mais il aime aussi les enchaînements de cols et l’altitude ne lui fait pas peur, à l’image de son numéro victorieux sur le Tour de Suisse 2019. Et il s’est énormément amélioré depuis deux ans en contre-la-montre (8e du chrono de Saint-Marin sur le Giro 2019, 4e de celui de la Vuelta l’an passé).
Ce qu’il peut espérer : Rester dans le top 5. Vu sa forme actuelle, on voit mal comment le Britannique pourrait ne pas en être éjecté ce week-end, que ce soit dès samedi ou après le chrono. Mais la haute altitude pourrait lui faire du bien. Et ce n’est pas loin d’être son seul espoir.

Bernal s'affaisse, Martin se régale, Bardet s'accroche : Le résumé de la 17e étape

Romain Bardet (Team DSM)

Sa situation au général : 6e, à 7’32’’
Sa forme du moment : Inquiétante. Brillant vers Cortina, on pensait le Français parti pour une remontée fantastique en dernière semaine mais le Tricolore cale totalement depuis. A l’arrêt vers Sega di Ala (2’39’’ perdues sur Almeida), le natif de Brioude a une nouvelle fois montré ses limites vendredi en concédant 1’25’’ à Yates. Arrivé sur le Giro un peu juste, le Français ne semble avoir ni les jambes ni la fraîcheur qu’il espérait en troisième semaine.
Le week-end lui correspond à : 40%. Ironiquement, il a plus à perdre qu’à gagner de ce week-end alors qu’il contient l’étape qui lui est le plus favorable, avec enfin des longs cols qui s'enchaînent, des longues descentes et peu de vallée, sur la 20e étape. Mais le chrono final lui sera en revanche défavorable. Et très largement. Tous ses adversaires y sont meilleurs que lui, et c’est même le seul « mauvais » dans l’exercice.
Ce qu’il peut espérer : Jouer son va-tout samedi. On ne parle même pas ici de résultat final car celui-ci sera forcément conditionné à une performance stratosphérique samedi du Français. Il perdra plus d’une minute dimanche sur tous ses adversaires, parfois plus, et doit donc mettre le feu vers l’Alpe Motta. En espérant des défaillances en pagaille pour grignoter des places.

Romain Bardet (Team DSM) dans l'ascension du Passo Giau lors de la 16e étape du Giro 2021

Crédit: Getty Images

Daniel Felipe Martinez (INEOS Grenadiers)

Sa situation au général : 7e, à 7’42’’
Sa forme du moment : Étincelante. S’il n’y avait pas Bernal à protéger, qui sait où se situerait actuellement son compatriote ? 6e à Sega di Ala, 7e à l’Alpe di Mera, le Colombien de 25 ans réalise déjà en soit des performances de très haut niveau mais il ne faut pas oublier qu’il se met ventre à terre pour le maillot rose. Cela lui a sûrement coûté quelques secondes vendredi, même s’il a terminé tout proche de son leader au final (49’’ contre 28’’). Il est sans doute le troisième homme le plus fort de cette dernière semaine.
Le week-end lui correspond à : 85%. Brillant en montagne jusqu’ici, Colombien de surcroît, la 20e étape lui sied comme un gant, même si ses qualités de descendeur en ont pris un coup avec cette cassure concédée vendredi. Mais le chrono de Milan est un autre avantage, lui qui est un rouleur à la base. Pas assez bon pour y battre des pures spécialités mais largement assez dans l’optique d’un bon classement.
Ce qu’il peut espérer : Tout dépendra de Bernal samedi. Si le maillot rose est dans une bonne journée, Martinez pourrait bien avoir un peu de libertés dans la dernière ascension pour tenter de grignoter du temps, voire de jouer l’étape. Sinon, il risque de perdre du temps en compagnie de son leader. Et, selon les secondes ou minutes concédées, ses qualités de rouleur ne lui suffiraient plus à accrocher le top 5.

Egan Bernal encouragé par Daniel Martinez sur le Giro 2021

Crédit: Getty Images

Joao Almeida (Deceuninck-Quick Step)

Sa situation au général : 8e, à 8’26’’
Sa forme du moment : Extraordinaire. Avec Yates, c’est l’homme fort de cette dernière semaine. 2e à l’Alpe di Mera en distançant Bernal dans le final, il avait fait de même à Sega di Ala, avec le coureur de la Bike Exchange. Bluffant sur des gros pourcentages pas censés l’avantager, le Portugais fait preuve d’une fraîcheur très intéressante à ce stade de la course mais aussi d’une vraie envie de prendre la course en main, ce qu’il a fait sur les trois dernières étapes de montagne.
Le week-end lui correspond à : 95%. De tous les leaders, c’est sans doute celui à qui le week-end sied le plus. Si des doutes subsistent sur sa capacité à gérer la haute altitude après sa défaillance dans le Stelvio l’an passé, il semble bien plus fort en montagne et les pourcentages réguliers des trois ascensions correspondent au grimpeur au train qu’il est. Sans oublier le chrono où il fera partie des favoris à la victoire d’étape, ce qui dit beaucoup de son (excellent) niveau dans l’exercice.
Ce qu’il peut espérer : Imiter 2020 avec une étape. Si tout se passe bien pour le Portugais d’ici Milan, il ne serait pas du tout surprenant de le voir dans le top 5 dans la capitale lombarde et pourquoi pas accrocher la 4e place comme l’an passé. Vu sa forme, accrocher l’une ou l’autre des deux dernières étapes est tout à fait possible et lui permettrait d’ouvrir son compteur chez les professionnels.

João Almeida (Deceuninck-Quick Step) devant Egan Bernal (INEOS Grenadiers) dans l'Alpe di Mera sur le Giro 2021

Crédit: Getty Images

Tour d’Italie
Caruso, Fortunato, Storer : les 7 révélations de ce Giro
30/05/2021 À 21:33
Tour d’Italie
Le sacre de Bernal, c'est aussi celui du collectif INEOS
30/05/2021 À 20:00