C’est la première grande surprise de ce Giro. Au surlendemain de la victoire prévisible de Filippo Ganna sur le chrono de Turin, et 24 heures après le triomphe attendu d’un sprinteur, Tim Merlier, la 3e étape a accouché lundi d’un scénario inattendu à Canale avec la victoire d’un baroudeur de la première heure, Taco Van der Hoorn, qui dispute à 27 ans son tout premier Grand Tour. Dans un final haletant, le Néerlandais de la formation Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux a su résister au retour du peloton pour s’imposer avec quatre secondes d’avance sur Davide Cimolai et Peter Sagan. Ganna conserve le maillot rose avant une 4e étape qui promet un premier bouleversement au classement général.
Le film de l'étape
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Cette 3e étape proposait le premier final bosselé de ce Giro avec quatre ascensions dans les 75 derniers kilomètres. Rien de bien sérieux pour les favoris, qui ont logiquement préféré en garder sous la pédale avant une 4e étape autrement plus corsé mardi sur les hauteurs de Sestola, mais trop difficile pour les purs sprinteurs. Caleb Ewan, Dylan Groenewegen, Giacomo Nizzolo et Tim Merlier, porteur du maillot cyclamen, étaient ainsi déjà décrochés avant la dernière bosse du jour, placée à 18 kilomètres de l'arrivée, longue de 2,6 kilomètres à 6,8% de moyenne avec un finish à 15%.
A l’entame de celle-ci, Alexis Gougeard (AG2R Citroen), Samuele Rivi (Eolo-Kometa) et le benjamin du Giro, l’Ukrainien Andrii Ponomar (Androni), 18 ans et 245 jours, avaient déjà dû laisser filer leurs cinq compagnons d’échappée, Simon Pellaud (Androni Giocattoli-Sidermec), Lars Van den Berg (Groupama-FDJ), Vincenzo Albanese (Eolo-Kometa), Samuele Zoccarato (Bardiani-CSF-Faizanè) et Van der Hoorn. Difficile alors de croire aux chances de ce quintet puisque le peloton était revenu à une minute, sous l’impulsion de l’équipe Bora-Hansgrohe de Sagan, aux commandes depuis le début de l'étape.

Un solo de 8 kilomètres pour finir

Pellaud a alors jeté ses dernières forces dans la bataille, accompagné de Van der Hoorn. Le duo, un temps rejoint par Zoccarato, a basculé dans la descente avec une trentaine de secondes d’avance sur un duo sorti en contre, composé de Tony Gallopin (AG2R Citroën) et Giulio Ciccone (Trek-Segafredo), les seuls à avoir secoué un peloton étrangement apathique.

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A 8 kilomètres de l’arrivée, se sentant bien plus frais que son compagnon, Van der Hoorn a distancé Pellaud pour tenter de finir seul sa folle aventure. Il y est parvenu, malgré un dernier talus non répertorié à cinq kilomètres de l’arrivée. Gallopin et Ciccone n’ont jamais pu revenir et ont été repris à deux bornes du but par un peloton à qui il a manqué des forces et un brin d’organisation pour s’assurer la victoire. Les coéquipiers de Sagan ont disparu dans le final et personne n’a su vraiment les relayer pour conclure leur travail.
Van der Hoorn s’offre à 27 ans sa 4e victoire, évidemment la plus belle de sa carrière. C’est une éclatante revanche pour le Néerlandais, non conservé l’hiver dernier par Jumbo-Visma et qui songeait alors que sa carrière était peut-être terminée. C’était sans compter sur la formation belge Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux, le Petit Poucet du World Tour, qui lui a tendu sa main et lui a permis voilà trois jours de démarrer sa toute première course de trois semaines. Van der Hoorn ne pouvait offrir un plus beau remerciement à ses dirigeants, qui n’avaient encore jamais goûté à une victoire d’étape sur un Grand Tour avant ce lundi.
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