Première retentissante pour Victor Campenaerts. Le rouleur Belge de la Qhubeka ASSOS, habitué des efforts solitaires, a conclu avec brio une échappée au long cours dimanche sur la 15e étape du Tour d’Italie. Le recordman du monde de l’heure a troqué sa fidèle position aérodynamique contre un finish en danseuse pour régler au sprint Oscar Riesebeek (Alpecin-Fenix).
Piégé à l’instar de ses autres compagnons d’échappée, Nikias Arndt (Team DSM) s’est contenté de la 3e place en réglant le groupe de poursuivants à Gorizia. Supposé tranquille, le début d’étape a été marqué par une violente chute massive qui a eu raison des ambitions d'Emanuel Buchmann (6e au général ce matin), contraint à l’abandon.
Tour d’Italie
Enorme chute, course neutralisée, abandon de Buchmann : départ chaotique sur la 15e étape
23/05/2021 À 11:47

Au finish, Campenaerts a eu la peau de Riesebeek : l'arrivée de la 15e étape

Chute massive et course neutralisée : un début d’étape chaotique

Rien ne laissait présager un tel scénario à l’aube d’une journée que les observateurs jugeaient à l’envie comme une étape "de transition". Un écueil mineur qui a pourtant mis un terme au Giro de quatre malheureux coureurs (Emanuel Buchmann, Natnael Berhane, Jos Van Emden, Ruben Guerreiro), victimes d’une violente chute massive survenue après seulement 4 kilomètres de course. Au désordre, les organisateurs ont répondu par la patience et la mansuétude, neutralisant la course dans l’attente des retardés. Candidat au podium final à Milan, Emanuel Buchmann n’y croyait déjà plus alors que le leader de la BORA - Hansgrohe s’appuyait contre une rambarde, le teint blême et la mine hagarde.

La chute massive qui a mis le Giro en stand-by et Buchmann sur la touche

Campenaerts récompensé de sa ténacité

Déjà à l’origine de la première fugue avant la neutralisation de la course, Victor Campenaerts a fait preuve de résilience pour accrocher le second wagon, large de 15 sièges. Entouré de deux équipiers, le double champion de Belgique du contre-la-montre (2016-2018) a parfaitement manœuvré avant d'écrémer le groupe à 22 bornes du but, anticipant la dernière ascension de l’unique difficulté répertoriée du jour, le Gornje Cerovo (1,7 km à 8,5%). Si Albert Torres (Movistar) et Oscar Riesebeek ont accroché dans un premier temps la selle de Campenaerts, le premier s’est échiné au sommet de l’ultime ascension répertoriée, avant que le second ne lance son sprint trop tôt, à 250m de la ligne.

Campenaerts raconte sa folle victoire : "On a fait un all-in"

Et le pire est peut-être à venir...

Partis de Grado, dite "l’île du soleil", les coureurs ont essuyé le tumulte des éléments sur un circuit emprunté à cheval entre l’Italie et la Slovénie. Pluie, vent, grêle, le Giro a offert au peloton un apéritif musclé de ce qui l’attend lundi, où l’on annonce des conditions similaires... voire pire car à plus haute altitude. La formation INEOS Grenadiers ne s’y est pas trompée, en menant les opérations à l’avant du peloton. Objectif, réaliser le transfert vers Sacile le plus tôt possible. Le moindre détail compte, une constante chez les hommes de Dave Brailsford en dépit d’une maîtrise totale affichée par Egan Bernal, maillot rose après 15 jours de course sur les routes transalpines.

Le débat des RP : "Etait-ce nécessaire de neutraliser la course ?"

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