Giro 2022 - Blanka Vas, la perle hongroise

Eurosport sur Google

TOUR D’ITALIE 2022 - À 20 ans, Blanka Vas affronte déjà ses idoles sur tous les terrains qui se présentent à elle : route, cyclo-cross et VTT. La native de Budapest veut briller partout, et notamment à Paris lors des Jeux Olympiques 2024. Alors que le Giro a passé trois jours dans son pays, la Hongrie, nous vous dressons le portrait de ce talent brut.

Blanka Vas

Crédit: Getty Images

Après une semaine de célébrations et trois jours de course, le Giro quitte la Hongrie, direction la Sicile. De Budapest au lac Balaton, en passant par Visegrád, Kaposvár et en traversant les plaines magyares, le peloton de la Corsa Rosa a découvert la chaleur du public hongrois, tout particulièrement enthousiaste pour ses trois représentants parmi les coureurs de cette 105e édition (un record pour les successeurs de Laszlo Bodrogi, le premier à participer au Giro, en 2007) : les jeunes talents Attila Valter, Barnabas Peak et Erik Fetter.
Les suiveurs branchés sur le Giro sont loin d’avoir vu tout ce que la Hongrie a en réserve cycliste. La 43e édition du tour national (né en 1925 !) débute mercredi, avec une dizaine de coureurs locaux qui pour défier Fabio Jakobsen, Elia Viviani ou encore Dylan Groenewegen pendant cinq jours. Et pour suivre le plus beau talent magyar, il faut s’accrocher dans le sillage de Blanka Vas, révélation de l'année 2021 (médaillée d'argent aux championnats d'Europe de cyclo-cross, 4e des Mondiaux sur route, 4e de l'épreuve de VTT aux Jeux olympiques). Guidée par ses entraîneurs de renom Lars Boom et Anna van der Breggen, la jeune Hongroise est sur tous les fronts. Mais elle aimerait encore se démultiplier.
"Je suis déçue de ne pas pouvoir être à Budapest. On ne sait pas quand la Hongrie vivra à nouveau un tel événement. Et je suis une grande fan d’Attila Valter !", regrettait la coureuse de 20 ans le mois dernier, depuis Maastricht, où elle avait rejoint son équipe SD Worx pour affronter les classiques ardennaises. Après un bel hiver en cyclo-cross (1 victoire en coupe du monde, l’argent aux Championnats d’Europe), Vas a pesé pour sa reprise sur route, tout en expliquant manquer de rythme après une coupure sans compétitions. Dans la foulée, elle a disputé le Festival Elsy Jacobs, au Luxembourg, avant de filer en Allemagne, où elle participait ce week-end à la 2e étape de la coupe du monde de VTT à Albstadt.

Le gène cycliste

"Il faut parfois la freiner", s'amuse Boom, lui-même auteur d'une carrière à succès sur la route (vainqueur d'étape sur le Tour de France et la Vuelta) et en cyclo-cross (champion du monde en 2008). Mais monter à vélo est une seconde nature pour Vas depuis toujours. "Mon père était un coureur de VTT", raconte-t-elle. Il faisait beaucoup de marathons. Et c’est juste un grand fan de vélo. Quand on partait en vacances, on prenait toujours notre vélo."
La toute jeune Blanka dispute ainsi sa première course en Italie, à 3 ans. "Ou peut-être que j’étais encore plus jeune ?", s’interroge-t-elle. "J’ai fini complètement dernière, mais je pensais que j’avais gagné ! J’étais tellement contente que mes parents ne m’ont rien dit."
Son grand frère Balazs est lui aussi pris par le virus cycliste, et leur émulation met rapidement Vas sur le chemin du succès. "Il n’a qu’un an de plus que moi, donc on roulait beaucoup ensemble", explique la jeune championne. "Il ne court plus, mais maintenant je peux m’entraîner avec mon petit frère [Barnabas, 16 ans]. Il fait aussi du cyclo-cross, du VTT, et il a commencé la route. Il a gagné son premier cyclo-cross en Belgique cet hiver".

Double objectif à Paris 2024

Blanka Vas a elle aussi découvert les compétitions internationales très jeune, avec la sélection hongroise de VTT, et elle s’est installée en Belgique à 18 ans. Souvent, sa Hongrie natale lui manque. "Mon petit ami est slovaque, mais il vit près de la frontière hongroise", raconte la native de Budapest. C’est un bon endroit pour m’entraîner. Et je vais souvent chez ma famille, à Kiskunlachaza (à environ 40km au sud de Budapest). J’y retrouve mes grands-parents et toute la famille. J’en ai vraiment besoin."
Surdouée mais timide, Vas s’appuie sur son entourage le plus proche pour conquérir le monde. "La fédération hongroise n’a pas de mécaniciens professionnels, alors mon copain vient avec moi, et mon frère est aussi mécanicien, donc je suis vraiment chanceuse, même si c’est parfois un peu compliqué", sourit-elle.
Le plus grand souvenir de sa jeune carrière date des Jeux Olympiques, qui lui avaient donné l’occasion d’affronter quelques-unes de ses idoles dans l’épreuve de VTT. "J’ai couru avec Jolanda Neff (médaillée d'or à Tokyo) et Pauline Ferrand-Prévot", répète-t-elle comme si elle n’en revenait toujours pas. "Elles m’ont félicité après la course, et Jolanda m’a encore félicité quand j’ai obtenu un contrat avec SD Worx [l’hiver dernier]. C’est un peu incroyable qu’elle sache qui je suis."
Blanka Vas rêve désormais de Paris et des Jeux Olympiques de 2024, où elle pourrait représenter la Hongrie dans deux disciplines. "Si le VTT est avant la course sur route, je pense qu’il sera possible de faire les deux épreuves", imagine-t-elle. Et à l’allure où elle progresse, on l’imagine très bien s’avancer en prétendante à la victoire dans les deux rendez-vous.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité