Carapaz nouveau leader, symbolique…et mérité

Trois ans après, Richard Carapaz a retrouvé le maillot rose. L’Equatorien d’INEOS Grenadiers l’a récupéré au terme de la 14e étape, comme il l’avait fait en 2019. Pour 7’’ d’avance, en 2019. La symbolique a fait sourire le nouveau maillot rose samedi, mais il est allé le chercher sur la route de Turin.
Il a été le seul favori à passer véritablement à l’offensive dans cette deuxième semaine (il avait déjà été le premier attaquant de la première semaine) et c’est ce qui lui a permis de prendre les commandes du général. Et ce maillot symbolise aussi une forme de montée de puissance de Carapaz, même s’il faudra aussi se méfier des potentielles conséquences de sa chute en début d’étape, dimanche.
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Les Ineos-Grenadier pourront-ils aider Richard Carapaz à rester en rose jusqu'au bout de ce Giro ?

INEOS vs Bora-Hansgrohe, le duel est lancé

Depuis le départ de Hongrie, on se demandait quelle serait l’équipe dominante sur ce Tour d’Italie. A la vue de la startlist, on a longtemps pensé aux INEOS Grenadiers, sans que ceux-ci ne le montrent vraiment sur la route. Et c’est finalement la Bora-Hansgrohe qui a laissé la meilleure impression en deuxième semaine, avec ce show incroyable vers Turin où ils ont fait exploser le peloton, à plus de 80km de l’arrivée.
Hindley peut compter en montagne sur Emmanuel Buchmann, Wilco Kelderman mais aussi Lennard Kämna. Richard Carapaz dispose de Richie Porte, Pavel Sivakov ou Jonathan Castroviejo. On ne sait pas encore qui a le meilleur collectif, mais INEOS Grenadiers comme Bora-Hansgrohe ont montré qu’ils étaient supérieurs à leurs rivaux. Et ça comptera forcément en troisième semaine.

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Plus que 5 coureurs pour un maillot rose

Malgré la prise de pouvoir de Carapaz et l’allure de folie imposée par les Bora-Hansgrohe samedi vers Turin, ils sont encore cinq à pouvoir rêver de la victoire finale vers ce Giro. Après quinze jours de course, il n’y a que 1’01’’ d’écart entre le maillot rose et Domenico Pozzovivo (Intermarché - Wanty - Gobert Matériaux), 5e du général.
Entre eux, on retrouve Jai Hindley (Bora-Hansgrohe, + 7’’), Joao Almeida (UAE Team Emirates, + 30’’) et Mikel Landa (Bahrain-Victorious, + 59’’). En revanche, d’autres coureurs ont dit adieu à leurs espoirs de soulever le Trofeo Senza Fine à Vérone, comme Romain Bardet (DSM), contraint à l'abandon et principale victime, Alejandro Valverde (Movistar) ou encore Guillaume Martin (Cofidis). C’est une lutte à cinq qui s’annonce désormais.

Jai Hindley (Bora-Hansgrohe), Richard Carapaz (INEOS Grenadiers), Joao Almeida (UAE Team Emirates) et Domenico Pozzovivo (Intermarché - Wanty - Gobert Matériaux) peuvent encore rêver de victoire finale

Crédit: Getty Images

La chaleur, ennemi des coureurs

Cette deuxième semaine était sans doute la plus facile en termes d’ascensions et de dénivelé. Elle a pourtant fait des dégâts considérables. Non pas en raison de la difficulté de son tracé, mais à cause des fortes chaleurs dans lesquelles se déroulent ce Giro 2022 pour le moment. Elles ont considérablement durci le tracé, notamment vers Turin où le tempo des Bora-Hansgrohe a rincé tout le monde pour créer des écarts d’un autre temps (12e l’étape, Valverde a fini à plus de 8 minutes).

Joao Almeida (UAE Team Emirates) éprouve le besoin de se rafraichir sur la route de Turin, lors de la 14e étape du Giro 2022

Crédit: Getty Images

Mais la chaleur a aussi eu raison de nombreux organismes, dont celui de Romain Bardet. Après avoir vécu une première semaine quasi parfaite, le Français de la DSM a finalement subi la chaleur. Et, malade, il a été contraint à l’abandon lors de la 13e étape. Un cruel coup du sort pour le Tricolore, dans la forme de sa vie. Mais la chaleur n’épargne personne. Sauf les Dolomites, puisqu’on devrait avoir droit à une météo complètement différente en dernière semaine.

Démare, seul au monde

Cinq arrivées massives depuis le départ de Hongrie, trois victoires et une 2e place pour Arnaud Démare. Sur ce Tour d’Italie, le Français de la Groupama-FDJ règne en maître sur les sprints et il l’a encore prouvé sur cette deuxième semaine. Il est certes battu par Dainese (DSM) à Reggio Emilia (12e étape), mais le Picard a dominé tout le monde à Coni (14e étape), au terme d’une journée parfaitement maîtrisée par son équipe.

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Il en a profité pour quasi assurer son maillot cyclamen avec l’abandon de Biniam Girmay, qui faisait office de principal adversaire. Avec 117 points d’avance sur Mark Cavendish et une seule étape restante propice aux sprinteurs, Démare a une route vers son deuxième maillot cyclamen après 2020. A condition de tenir en haute montagne.

Encore un peu de patience pour la France

Jacques Anquetil (1960, 1964), Bernard Hinault (1980, 1982 et 1985) et Laurent Fignon (1989) devront (très certainement) encore patienter pour avoir un successeur. Voilà désormais 33 ans que la France n’a plus remporté le classement général du Tour d’Italie.
Pourtant, avec Romain Bardet et Guillaume Martin dans les 6 premiers après le Blockhaus, les Bleus pouvaient se prendre à rêver. Mais la chaleur a tué tout espoir de sacre, avec l’abandon du grimpeur de la DSM et la défaillance conséquente du leader de la Cofidis vers Turin (9’37’’ de perdues). Il faudra donc se contenter de victoires d’étape et, sans doute, d’un maillot cyclamen.

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