Lui-même en avait conscience. "J’ai souffert aujourd’hui, comme d’habitude finalement", lâchait Joao Almeida à l’arrivée de la 17e étape, à Lavarone. A force d’être distancé, même de quelques mètres, et de faire l’élastique tous les jours, dans chaque ascension, depuis bientôt trois semaines, il était temps que ça casse. S’il avait jusqu’ici profité de la relative mésentente voire passivité de Mikel Landa (Bahrain-Victorious), Jai Hindley (Bora-Hansgrohe) et Richard Carapaz (INEOS Grenadiers) pour toujours rester au contact et perdre un minimum de temps, le Portugais a cette fois vu ses adversaires s’associer pour lui reprendre un maximum de temps. A Lavarone, c’est 1’10’’ qu’a déboursé le maillot blanc à Carapaz et Hindley et 1’04’’ à Landa. Un retard conséquent qui change beaucoup de choses dans la course au podium.
Résultats/Classement
Je n’avais clairement pas récupéré de la veille
Giro
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02/06/2022 À 11:49
Jusqu’ici idéalement placé malgré ses journées difficiles, Joao Almeida lâche sa 3e place à Mikel Landa et compte même 49’’ de retard sur l’Espagnol. A quatre jours de l’arrivée à Vérone, le Portugais a mal choisi sa journée pour quitter le podium du général pour la première fois depuis le Blockhaus (9e étape). Mais le maillot blanc avait très vite senti qu’il allait devoir une nouvelle fois se battre pour limiter la casse. "Dès le début de la journée, j’ai senti que je n’étais pas dans un grand jour, avouait-il à l’arrivée. Je n’avais clairement pas récupéré à 100% de l’étape de la veille, qui était une journée vraiment très difficile. Je n’étais pas à mon niveau habituel sur les dernières ascensions". Simple jour sans à cause de la pluie et de la fatigue ou simplement le début d’une dernière semaine compliquée ?

Une image traditionnelle sur ce Giro 2022 : Joao Almeida (UAE Team Emirates) en queue de groupe maillot rose, à la limite, ici sur la 16e étape

Crédit: Getty Images

"Je ne dirais que j’étais particulièrement dans un ‘mauvais jour’ mais les autres étaient tout simplement plus forts que moi, expliquait-il. Le problème, c’est que ce n’est pas la première fois que c’est le cas", avoue le Portugais avec un sourire las qui dit beaucoup du sentiment qui agite le leader d’UAE Team Emirates au soir de cette 17e étape. Force est de reconnaître que le constat est le même à chaque étape de montagne : Landa, Hindley et Carapaz sont incapables de se départager mais Almeida est systématiquement derrière, jamais de beaucoup mais jamais au contact. Ça ne pouvait pas être un hasard. Le classement général a fini par se ranger derrière cette impression et le Portugais va devoir hausser le niveau pour ne pas laisser s’envoler ce podium du Giro qu’il convoite et qui l’avait poussé à rejoindre UAE Team Emirates cette saison. Un podium qu’il avait déjà raté de peu en 2020. Mais ne comptez pas sur lui pour laisser tomber.
Ce Tour d’Italie est loin d’être terminé
"Il reste deux jours compliqués et le chrono donc le podium est toujours possible, même si ça ne sera pas facile, confiait-il sur le site officiel de son équipe. Mais je compte bien me battre jusqu’au dernier kilomètre. Je vais me battre et tout donner. Je ne lâcherai pas". C’est son style de toute manière. Même quand ça ne va pas. Il avait cédé le maillot rose à la 18e étape en 2020 avant de glaner une place lors du week-end final, pour finir au pied du podium. "Ce Tour d’Italie est loin d’être terminé", assure-t-il. Si tout s’annonce bien pour Landa, l’Espagnol est prévenu : Non, Joao Almeida n'a pas renoncé.

Joao Almeida (UAE Team Emirates), sur la 17e étape du Giro 2022

Crédit: Getty Images

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