Et soudain, tout a basculé. Alors que les favoris n’avaient pas su se départager jusqu’ici, la 20e étape du Giro a tout changé avec la prise de pouvoir de Jai Hindley (Bora-Hansgrohe). A l’attaque dans la montée finale du Passo Fedaia, l’Australien a fait exploser le maillot rose Richard Carapaz, qui avait fait rouler son équipe avant de connaître une grosse défaillance. Avant le chrono final de Vérone, Hindley compte désormais 1'25'' d’avance sur Carapaz et 1'51'' sur Mikel Landa (Bahrain-Victorious). La victoire d’étape est elle encore revenue à l’échappée, pour la 7e journée consécutive, avec le succès en solitaire d’Alessandro Covi (UAE Team Emirates).

Premier succès en Grand Tour pour Covi

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Et dire qu’on a longtemps été déçu par cette 20e étape… Avec l'enchaînement du Passo San Pellegrino et du Passo Pordoi (Cima Coppi de cette édition) avant la montée finale vers le Passo Fedai, on espérait assister aux grandes manœuvres loin de l’arrivée, mais il n’en a rien été. Il n’y avait pas assez d’écarts entre les favoris et trop de descente. Cela a profité à l’échappée, qui est de nouveau allée au bout malgré le travail des Bahrain-Victorious pour limiter – en vain - l’écart. Et le Giro nous a de nouveau surpris.
Malgré la présence de grimpeurs comme Giulio Ciccone (Trek-Segafredo) ou Thymen Arensman (DSM), c’est finalement à un duel entre Domen Novak (Bahrain-Victorious) et Alessandro Covi (UAE Team Emirates) auquel on a assisté. L’Italien a anticipé en sortant dès le Pordoi à plus de 50 kilomètres d’arrivée et a profité de la mésentente derrière pour compter plus de 2'30'' d’avance au pied du Fedaia. Suffisant pour résister au retour de Novak, qui a buté à une vingtaine de secondes du jeune coureur d’UAE Team Emirates, qui s’offre le premier succès de sa carrière en Grand Tour.

Alessandro Covi (UAE Team Emirates)

Crédit: Getty Images

Carapaz a suivi, mais Carapaz a explosé

Derrière, après avoir vu la Bahrain-Victorious rouler toute la journée derrière l’échappée, c’est finalement les INEOS-Grenadiers qui ont accéléré l’allure dans la portion finale du Passo Fedai, qui offraient 5km à 11%. Une section qui a vu Mikel Landa (Bahrain-Victorious) être le premier des cadors à lâcher, à 3km du sommet, sur la première accélération de Hindley. Mais l’Espagnol a eu la lucidité de se mettre à son tempo pour limiter la casse sur l’Australien (+49''), tout le contraire de Richard Carapaz. L’Equatorien n’a pas voulu lâcher la roue de son principal rival mais la différence de niveau ce samedi était trop importante et le maillot rose a fini par complètement exploser.

Le moment où le Giro a basculé : Carapaz lâché par Hindley dans la montée finale

Non seulement le vainqueur de l’édition 2019 a perdu sa tunique de leader, mais il n’a désormais aucune chance, sauf incident majeur pour Hindley, de remporter ce Giro. Dépassé par Carthy et Landa, déposé même par Kämna qui était dans l’échappée avant de servir d’appui à Hindley, le leader des INEOS-Grenadiers a tout perdu dans le Fedaia. Désormais 2e du classement général à la veille des 17km du chrono final de Vérone, Carapaz est repoussé à 1'25'' de Hindley, bien trop pour espérer un ultime renversement de situation.

Pas de changement dans le top 10

Il devra même se méfier de Mikel Landa (+1'51'') dans la course à cette 2e place certes anecdotique, le podium étant assuré. Le reste du top 10 n’a pas bougé, même si Hugh Carthy (EF-EasyPost) s’est rapproché de la 9e place de Juan Pedro Lopez (Trek-Segafredo), assuré du maillot blanc. Loin, très loin de ce renversement de situation certes attendu, mais pas dans de telles proportions.

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