Simon Yates a marqué son territoire, ce samedi sur le Giro, en s’imposant là où l’attendait peut-être le moins. Le Britannique a remporté le chrono de Budapest, 9,2 kilomètres en guise de 2e étape, en devançant pour trois secondes l’épatant maillot rose Mathieu van der Poel, qui conserve sa tunique pour 11’ sur Yates, son nouveau dauphin et de cinq sur le revenant Tom Dumoulin.
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Davantage réputé pour ses qualités de grimpeur-puncheur que de rouleur, le leader de BikeExchange-Jayco signe sa 2e victoire en carrière sur un contre-la-montre, trois ans après le chrono de Barbentane sur Paris-Nice. De quoi marquer les esprits à trois jours du premier rendez-vous en altitude, sur les pentes de l’Etna.
Grand spécialiste de l’effort solitaire, 2e du chrono inaugural du Giro 2021 derrière Filippo Ganna, l’Italien Edoardo Affini a signé le premier chrono de référence, en 12’10”. Mais le rouleur de l’équipe Jumbo-Visma a assez vite été délogé par Lennard Kamna (Bora-Hansgrohe), décidément en grande forme, puisqu’il était passé à l’attaque dans la bosse finale de la 1re étape, vendredi. Supersonique dans le raidard final, le prometteur Thymen Arensman (DSM) a failli lui prendre le meilleur temps provisoire (pour 46 centièmes) et pris la 10e place finale.

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Bardet fait de la résistance

Légèrement distancé dans le final de la veille (19” concédées), Pavel Sivakov a signé une belle réaction en terminant 15e (+22”), soit la meilleure place du jour côté français, deux secondes devant un excellent Romain Bardet (17e), qui a rompu avec ses habituelles difficultés dans l’exercice solitaire. En ne lâchant que 24 secondes à Yates, le leader de DSM a parfaitement limité la casse sur un parcours essentiellement plat qui, en théorie, ne lui convenait pas.
Matteo Sobrero (BikeExchange-Jayco) a fini par déloger Kamna pour quatre secondes. Mais le chrono du champion d’Italie a rapidement été explosé par la fusée Tom Dumoulin, premier à passer sous la barre des 12 minutes, puis par Simon Yates (BikeExchange Jayco), dont le temps de 11’50” ne sera jamais battu.

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Le maillot rose a transcendé Van der Poel

Dernier à s’élancer, Mathieu van der Poel l’a néanmoins fait trembler jusqu’au bout. Le Néerlandais était dans la même seconde que le vainqueur de la Vuelta 2018 au pied de la bosse finale, 1,3km à 5% qui comptait quelques pavés et un passage à 14%.
Malgré un gros finish, le maillot rose s’est incliné mais sa 2e place n’en demeure pas moins bluffante eu égard à son étiquette de non-spécialiste du chrono. Mais comme l’an passé sur le Tour, la tunique de leader l’a suffisamment transcendé pour qu’il puisse conserver son bien. Avant la 3e et dernière étape hongroise, il possède 11 secondes de marge sur Yates et 16 sur Dumoulin.
Les écarts demeurent assez serrés. Aucun grand leader n’a perdu plus d’une minute. Guillaume Martin (+45”), Giulio Ciccone (+50”), l’idole locale Attila Valter (+51”) et Emmanuel Buchmann (+57”) affichent les additions les plus salées. A l’inverse, Vincenzo Nibali compte parmi les belles surprises. Classé une petite seconde derrière Joao Almeida, le vétéran italien (12e à 19”) a rappelé qu’il faudra compter sur lui pour le général, malgré ses 37 ans.

Simon Yates lors du Giro 2022

Crédit: Getty Images

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