Démare va-t-il s’offrir un triplé à Naples ?

La 8e étape, samedi, constitue une nouvelle opportunité pour les sprinteurs de s’expliquer … et donc pour Arnaud Démare (Groupama-FDJ) de signer un 3e sprint massif victorieux consécutif, après ses succès lors des 5e et 6e étapes, à Messine et Scalea. Il faudra pour cela s’accrocher dans les différentes petites montées qui jalonnent le tracé napolitain - le départ et l’arrivée sont situés à proximité, dans la capitale de la Campanie.

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Cette étape courte (153 km) ne dépasse jamais les 200 mètres d’altitude mais s’apparente à de véritables montagnes russes. En milieu d’étape, il faudra effectuer à quatre reprises un circuit de 19km sur des routes sinueuses ét étroites qui comprennent le Monte di Procida (1,8km à 6,8%). Celui-ci sera franchi une quatrième et dernière fois à 34 km du but. Après cette boucle, il restera à franchir un mur de 700 m à 9,3% puis une dernière montée non-répertoriée (3,3 km à 4,7%) dont le sommet est situé à seulement 6 kilomètres de l’arrivée.
Les puncheurs auront donc de quoi mener la vie dure aux sprinteurs. Mais avec la forme qu’il affiche depuis le départ du Giro et le punch qu’on lui connaît dans ces grands jours, Arnaud Démare semble armé pour résister et s’offrir une 8e victoire en carrière sur le Giro. On ne gagne pas Milan-Sanremo sans savoir un minimum passer les bosses, n’est-ce pas ?

Puncheurs ou sprinters à la fête ? Le profil de la 8e étape

Quelle surprise nous réserve Van der Poel samedi ?

Frustré de n’avoir pas réussi à prendre l’échappée vendredi sur la route de Potenza, on imagine sans mal le Néerlandais animé d’un esprit revanchard samedi au départ de Naples. Sur le papier, cette 8e étape lui convient très bien. Peut-être pas autant que la 1re étape à Visegrad, où le leader d'Alpecin-Fenix avait levé les bras en haut d’une bosse suffisamment dure pour éliminer les purs sprinteurs mais pas assez pour être réservée aux grimpeurs.

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Cette fois, il ne pourra pas se contenter d’attendre les 200 derniers mètres pour faire la différence. Si Cavendish, Démare et Ewan sont toujours là sous la flamme rouge, MVDP sera sans doute battu. Il lui faudra donc anticiper, passer à l’attaque. Et ça tombe bien, le tracé napolitain invite à quelques folies. On peut imaginer ses coéquipiers faire un travail de sape durant toute la journée avant de mettre sur orbite leur leader dans la dernière montée, qui sera seulement suivie par trois kilomètres de descente puis trois de plat pour rallier l’arrivée. Une chose est sûre. Tous les regards seront tournés vers van der Poel ce samedi. La clé de cette 8e étape, il la tient.

Qui en rose au Blockhaus ?

Leader depuis l’arrivée à l’Etna mardi soir, Juan Pedro Lopez (Trek-Segafredo) devra bien sûr être vigilant, samedi, sur les routes napolitaines peu avares en pièges. Mais c’est bien dimanche, au Blockhaus (14 km à 8,4%), que tout le monde s’attend à le voir perdre son maillot rose. Cette 9e étape s’annonce terrible - avec notamment au préalable de l’ascension finale une montée de 11km à 7,2% (Passo Lanciano) - et il n’a que 1'42'' d’avance sur Simon Yates, premier des cadors au général. Cela semble trop maigre avant une journée pareille, bien que l’Espagnol soit un honnête grimpeur (11e du Tour du Pays Basque en avril dernier).

Au Blockhaus, les masques vont tomber : Le profil de la 9e étape

Le Britannique est en pole position pour lui succéder. Mais il est tombé lors de l’étape de l’Etna. Sa blessure au genou ne semble pas bien grave, mais on en aura le coeur net seulement dimanche. Ils sont six derrière Yates à se tenir en 24 secondes ou moins (Kelderman, Almeida, Bilbao, Porte, Carapaz et Bardet). Six à pouvoir rêver d’une prise de pouvoir. Attention toutefois à ne pas oublier Lennard Kamna (2e) et Rein Taaramae (3e), compagnons d’échappée de Lopez sur l’Etna, qui pointent respectivement à 38'' et 58'' de l’Espagnol. On les sait capables de grands coups d’éclat. Alors, dans un grand jour, pourquoi n'auraient-ils pas le droit eux aussi de rêver du maillot rose ?

Qu’attendre des Français ?

Pour une victoire d’étape, clairement, il faut principalement miser sur Arnaud Démare lors de la journée napolitaine. Le clan bleu ne compte pas d’autre sprinteur. Et il n’y a pas vraiment de puncheur capable de s'envoler dans la dernière bosse, même si ce genre de profil peut inspirer Anthony Perez, à la pointe de vitesse intéressante en cas de sprint en petit comité.
Dimanche, dans la haute montagne, à moins d’une échappée fantastique de Nans Peters ou Rémy Rochas, il faudra s’en remettre à Romain Bardet et Guillaume Martin. Plus que la victoire d’étape, on attend du premier qu’il affirme son statut de prétendant au podium final, alors que la hiérarchie reste encore à établir. Pour le second, il s’agira de se rassurer après un premier test en altitude raté. Était-ce ou non un jour sans ? Il en aura la réponse dimanche. Vendredi, à l’issue d’une 7e étape très escarpée, il confiait en tout cas avoir connu de "bien meilleures sensations" qu'à l'Etna. De bon augure. Mais à confirmer lors de la 9e étape.

Guillaume Martin

Crédit: Getty Images

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