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Mark Cavendish s'ouvre sur sa dépression : "Je devais reprendre ma vie avant de penser au cyclisme"
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Publié 03/05/2022 à 12:23 GMT+2
TOUR D'ITALIE 2022 - Mark Cavendish a été le premier invité du nouveau podcast d'Eurosport UK, "The Breakdown". Le sprinter de la Quick-Step Alpha Vinyl a évoqué de nombreux sujets, parmi lesquels sa dépression diagnostiquée en 2018. Pour le "Cav'", le terme n'est pas assez bien interprété et donc compris. Lui-même n'y croyait pas avant qu'un médecin lui assure qu'il en souffrait.
Mark Cavendish
Crédit: Imago
Mark Cavendish revient de loin. Son exceptionnel Tour de France 2021, avec quatre étapes à la clé et le record d'Eddy Merckx égalé, avait été l'occasion de raconter son histoire. L'un des meilleurs sprinters de tous les temps est passé par des moments très difficiles avant de revenir au sommet, ne remportant que deux courses entre 2017 et 2021. Atteint par le virus d'Epstein-Barr, il a aussi été diagnostiqué d'une dépression en 2018. Cavendish en a parlé dans le nouveau podcast d'Eurosport UK, "The breakdown".
L'homme aux 159 victoires professionnelles est revenu sur le moment où un médecin lui a dit pour la première fois qu'il souffrait de dépression. Jusque-là, Cavendish ne croyait pas à ce problème, qu'il voyait comme une "excuse" selon le terme qu'il a employé plus tard pour la BBC. Malade, en mal de performance et sans doute pas très bien dans sa peau, Cavendish a voulu comprendre : "Je me suis dit que je devais savoir ce qui n'allait pas chez moi. Je pensais qu'ils allaient me dire que j'avais encore le virus d'Epstein-Barr, ce qui était le cas. Mais ils m'ont aussi dit que je faisais une dépression."
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Ce virus d'Epstein-Barr, que l'on peut rapprocher de la mononucléose, Cavendish se l'est vu diagnostiquer en 2017, quand les choses ont commencé à aller mal sur le vélo pour lui (un seul succès). Mais ce jour-là, il a compris que ce n'était pas son seul problème. Et se l'entendre dire par un professionnel a tout changé. "La dépression est un déséquilibre chimique, explique-t-il. C'est quand vous comprenez que quelque chose ne va pas. Le moment qui a tout changé, c'est quand j'ai été diagnostiqué. Qu'un professionnel de la santé me le dise a suffi pour que ça ait du sens pour moi".
Le combat a alors débuté. Pas le combat pour revenir au top, pas encore. "J'ai pensé : 'OK maintenant c'est un combat pour retrouver ma vie. Il faut arrêter de penser au cyclisme pendant un moment, c'est ma vie que je dois d'abord reprendre avant de pouvoir redevenir cycliste'". Cavendish partait de loin puisque lui-même reconnaît qu'il ne croyait pas à la dépression. "Le terme dépression est d'une certaine manière mal interprété, appuie-t-il. Vous l'associez au fait d'être triste mais ce n'est pas ça. J'ai essayé à de nombreuses reprises de l'expliquer mais vous ne pouvez simplement pas. Soit vous n'avez aucun sentiment, soit votre façon d'agir ou de réagir est complètement irrationnelle."
Son combat, Mark Cavendish semble l'avoir gagné même si la dépression peut refaire surface. Ce vendredi, il débutera le sixième Giro de sa carrière et visera sa 16e victoires d'étape, la 53e sur un grand tour (34 sur le Tour de France, 3 sur la Vuelta). Après le Tour d'Italie, il sera alors temps pour lui de penser à la Grande Boucle, où un seul succès lui manque pour dépasser Merckx au nombre de succès d'étape. Jusqu'ici, Fabio Jakobsen semble être le choix numéro un de la Quick-Step, mais Cavendish a souvent déjoué les pronostics. "C'est seulement parce que vous savez à quel point c'est difficile quand les caméras ne tournent pas, que vous savez que vous êtes dans une position où vous allez gagner", dit-il pour conclure.
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