Tour de Burgos - Vainqueur d'étape et troisième du général à 20 ans : Léo Bisiaux a distribué ses premières cartes de visite

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Vainqueur d'une étape en coiffant les favoris, plus jeune porteur du maillot de leader depuis Remco Evenepoel, sur le podium du classement général à l'arrivée samedi... Ce Tour de Burgos a pris des airs d'acte de naissance pour Léo Bisiaux. Derrière le très attendu Paul Seixas, ce jeune grimpeur qui aime se comparer à Tom Pidcock est l'un des visages de la relève de Decathlon AG2R La Mondiale.

Léo Bisiaux (Decathlon-Agr2 La Mondiale) sur le Tour de Suisse, le 22 juin 2025

Crédit: Getty Images

On l'avait vu, et qu'est-ce qu'on l'avait vu, lever les bras dans les sous-bois, toutes dents dehors, le visage tacheté de boue comme son maillot tricolore. On l'attendait aussi séduisant sur la route, avec autant de chicots dehors et forcément un peu moins crépi dans sa tenue Decathlon AG2R La Mondiale. Léo Bisiaux n'a rien laissé échapper en cyclo-cross, où il a été champion de France, d'Europe, et du monde chez les juniors. Il a fallu attendre un peu sur les routes, l'histoire de quelques mois d'adaptation. Mais ça y est : il le tient son acte de naissance.
Il s'est fait en trois temps, sur le Tour de Burgos cette semaine. D'abord, une victoire sur la troisième étape, au bout d'un coup du kilomètre plein de ruse devant les favoris. "C'était une bonne journée sur le vélo" a-t-il résumé après la course, comme un habitué des podiums. Il venait de moucher Giulio Ciccone (Lidl-Trek), Isaac Del Toro (UAE Emirates - XRG), Lorenzo Fortunato (XDS-Astana), et Giulio Pellizzari (Red Bull - Bora - hansgrohe), quatre costauds qui se connaissent et l'avaient presque oublié. "Les autres se regardaient" justifiait-il. Alors Léo Bisiaux a attaqué fort à 700m de la ligne, n'a jamais été repris et a même piqué le maillot de leader.
À 20 ans, 5 mois et 21 jours, il devenait ainsi le plus jeune leader du Tour de Burgos depuis Remco Evenepoel, le deuxième temps de son acte de naissance. C'est très symbolique, mais détrôner un double champion olympique en matière de précocité est forcément bon à prendre. D'autant plus que - troisième acte - Léo Bisiaux a gardé son maillot jusqu'au dernier jour. Et s'il a perdu la victoire finale face au phénomène mexicain Isaac Del Toro, il a accroché une place sur le podium. Avec derrière lui, Giulio Ciccone, Mikel Landa, ou encore l'ancien vainqueur du Tour de France Egan Bernal.
Je me suis appliqué à bien faire les choses
"C'était une très belle semaine, a-t-il souri après l'ultime étape ce samedi. J’ai passé deux jours avec le maillot de leader, c’était une découverte pour moi. C’est forcément différent, il y a plus de sollicitations. Dans le peloton, je me suis appliqué à bien faire les choses et à rester concentré." La manière avec laquelle il est allé chercher sa victoire d'étape était déjà un bon indicateur de sa maturité, le calme avec lequel il prend les évènements en est un autre. Alors on va certainement s'habituer à voir ses grosses lunettes et son grand sourire. Decathlon AG2R La Mondiale le couve depuis des années et compte en faire l'une des têtes d'affiche de sa nouvelle génération prometteuse.
Son contrat court ainsi, déjà, jusqu'en 2028 avec l'équipe française. Il coche toutes les cases pour partager la lumière avec Paul Seixas, comète à la trajectoire encore plus précoce. Bisiaux aime se comparer à Tom Pidcock. Les profils se ressemblent : des crossmen qui tirent des sous-bois des qualités précieuses pour la route, excellents grimpeurs. Comme le Britannique, Léo Bisiaux est lui aussi encore un peu court sur contre-la-montre jusqu'ici. Le temps est devant lui. Mais le premier saut dans le grand bain approche.
Il découvrira, dans moins de deux semaines maintenant, la fureur des Grands Tours sur la Vuelta. "Je me sens prêt" a-t-il assuré, toujours aussi stoïque, ce samedi. Pour l'instant, seul le leader autrichien Felix Gall et lui ont été confirmés par Decathlon AG2R La Mondiale, symbole de la confiance que l'équipe place en son espoir. Peut-être aussi parce que jusqu'ici, entre son Tour de Burgos et son top 15 sur la Classica San Sebastian, les routes d'Espagne lui ont souri jusqu'aux oreilles.
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