Tour de Catalogne 2026 - Jonas Vingegaard et Joao Almeida se retrouvent... et vont se jauger l'un à l'autre avec le Giro en ligne de mire
Par Benoît Vittek
Publié 23/03/2026 à 00:07 GMT+1
Le Danois Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) et le Portugais Joao Almeida (UAE Team Emirates XRG) se retrouvent sur la Volta a Catalunya, à partir de ce lundi et le départ de Sant Feliu de Guíxol. Les deux hommes, qui s'apprécient et se vouent un respect mutuel, vont battre le fer dans le prolongement de la dernière Vuelta... et en prélude du prochain Giro.
Almeida et Vingegaard au duel sur la Vuelta 2025.
Crédit: Getty Images
"Est-ce que c’est un message à Tadej Pogačar, pour lui dire : 'Je suis là, et je suis fort' ?" Tout juste vainqueur de Paris-Nice, Jonas Vingegaard était déjà invité à se projeter sur le mois de juillet et un éventuel duel avec le dictateur slovène, occupé en terre italienne avant de revenir à ses possessions françaises. "Non, pour moi, il s’agit juste de courir, essayer de gagner les courses que je fais", a répondu le Danois, le seul homme à avoir, en des temps qui semblent aujourd’hui bien lointains, contenu les ambitions juilletistes de Pogačar. "C’était ma première course de l’année et je suis juste très heureux de comment tout s’est passé ici."
La domination de Vingegaard sur la Course au soleil, atténuée par la résistance de Lenny Martinez dans la dernière étape, ne change rien pour le prochain mois de juillet. Le Slovène, obnubilé par sa quête de la Primavera, n’avait que faire de la rentrée du Danois. Son équipe émiratie aurait certainement été plus concernée si Vingegaard s’était attaqué à l’UAE Tour, comme prévu avant d’enchaîner les pépins (chute à l’entraînement et maladie). Mais dans la plongée vers Nice, elle avait perdu Joao Almeida (syndrome grippal) avant même de prendre le départ, et Brandon McNulty dans une chute vers Uchon (4e étape), au moment même où Vingegaard prenait le pouvoir. Autant dire que l’état-major émirati a regardé de bien loin le sacre du premier Danois vainqueur de Paris-Nice.
"Ma condition est très très bonne en ce moment", poursuivait Vingegaard. Le Danois se réjouissait pour lui-même, mais s’il devait adresser un message à un rival, ce serait plutôt à Almeida, amené de plus en plus souvent à se frotter à celui qui ne parvient plus à menacer Pogačar. À défaut de Paris-Nice, le Portugais et le Danois se retrouvent cette semaine sur les routes de la Volta a Catalunya. Ils se mesureront, entre autres, à Remco Evenepoel, Florian Lipowitz, Tom Pidcock… Ils se disputeront le maillot blanc et vert de leader, pour étoffer leur garde-robe. Et ils prendront rendez-vous pour le Giro, dont ils sont, à l’heure actuelle, les principaux prétendants pour la Maglia Rosa.
De Madrid à Rome
Pour Vingegaard, ce sera une première : il ne s’est jamais présenté au départ du Giro. Almeida, lui, s’y était révélé en 2020, sa première saison pro, marquée par la pandémie et par deux semaines en Rosa pour le jeune loup portugais, qui avait pris les commandes sur l’Etna (3e étape). Déjà, il affichait les qualités qui allaient faire de lui une force incontournable sur les courses par étape : régularité, opiniâtreté, solidité. Depuis, il a rejoint UAE et est monté sur le podium du Grand Tour italien (3e en 2023). Et il a appris à bien connaître Vingegaard, d’abord dans un rôle de lieutenant de Pogačar, avant de devenir un rival direct, tout particulièrement sur la dernière Vuelta.
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Ayuso perd tout, Vingegaard emporte tout : le résumé de la 4e étape en vidéo
Video credit: Eurosport
À Turin, les deux hommes se présentaient pour la quatrième fois ensemble au départ d’un Grand Tour, la première en tant que prétendants opposés pour la victoire finale. Trois semaines plus tard, sur le parking d’un hôtel de la banlieue madrilène, c’est Vingegaard qui montait sur la plus haute marche d’un podium improvisé. Le Danois avait pu sentir la proximité d’Almeida jusqu’au bout, mais il avait toujours fait la course en tête et avait fini par entériner sa supériorité en s’imposant à la Bola del Mundo, à la veille du final tronqué dans la capitale espagnole.
Cette fois, Almeida et Vingegaard partiront de Bulgarie et espèrent vivre une arrivée moins houleuse à Rome, après un détour par la Catalogne, où les premières intrusions de manifestants anti-Israël s’étaient déclarées lors de la Vuelta. Les perturbations se sont éloignées et les deux hommes se préparent à un affrontement acéré sur les routes italiennes. Les difficultés sont disséminées pendant trois semaines, avec deux rendez-vous majeurs sur le papier : le contre-la-montre en Toscane (10e étape) et les grands sommets menant à Alleghe (19e étape). Le Portugais et le Danois présentant des qualités similaires, il faudra se montrer très fort, très ingénieux ou très chanceux pour faire la différence.
"Joao est très fort mentalement"
Opposés et proches sur le vélo, les deux hommes se comprennent. "Il y a une forme de rivalité", commentait Vingegaard en début d’année lorsqu’on comparait son calendrier et celui d’Almeida. "J’aime vraiment courir contre Joao. C’est un des meilleurs coureurs au monde en ce moment et un vrai gars bien. J’aime aussi lui parler." Le Danois poursuivait son éloge : "Joao est très fort mentalement."
Également admiratif du "grand champion" Vingegaard, Almeida souligne de son côté le facteur "surprise" que le Danois sait amener dans ses accélérations. C’était notamment le cas lors de la 9e étape de la Vuelta 2025. À 11 kilomètres de la station de ski de Valdezcaray, Matteo Jorgenson avait déboulé au sprint pour propulser la fusée danoise. Seul Giulio Ciccone s’était accroché, un temps, avant de voir Vingegaard avaler en solitaire les dix derniers kilomètres.
À l’arrivée, les écarts étaient pourtant limités : 24 secondes de marge sur le duo formé par Pidcock et Almeida. "Il ne craque jamais, salue Vingegaard. Même lorsque je parviens à le lâcher, il est difficile de vraiment faire la différence." Le Danois a répété ses gammes sur Paris-Nice, avec Bruno Armirail et surtout Victor Campenaerts pour lancer ses offensives. En Catalogne, il retrouve Sepp Kuss pour déstabiliser Almeida et le bloc UAE (McNulty, Vine, Soler…). Le Portugais, dominé par Juan Ayuso et Paul Seixas en Algarve, vient pour sa part enclencher une montée en puissance. Pogačar et Del Toro ont encore passé un cap en ce début de saison. À son tour.
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Vingegaard et Almeida se tombent dans les bras après un "beau combat, respectueux"
Video credit: Eurosport
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