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Tour de France 2024 | Les échappées sont-elles mortes ? "Même si Pogacar et Vingegaard attaquent…"
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Publié 03/07/2024 à 23:36 GMT+2
Après un scénario très particulier vers Turin lundi, la deuxième étape plate du Tour de France a livré son récit habituel mercredi même s'il a fallu attendre un peu avant que deux coureurs ne partent à l'avant dans une fuite vouée à l'échec. Sur le Tour, personne ne croit vraiment que les échappées publicitaires aient encore un sens. Mais alors pourquoi ne cherche-t-on pas d'autres scénarios ?
Tour de France : Cycling - Tour de France - Stage 6 - Clip - Map
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La maxime, l'important ce n'est pas la destination, c'est le voyage, ne pourrait être plus fausse quand il s'agit d'une étape de plat sur le Tour de France. Le suiveur connaît le rituel de la sieste de l'après-midi et du réveil pour un final brutal, comme un shoot d'adrénaline après une longue torpeur. Dans un cyclisme moderne qui entend casser les codes, pourquoi ce bastion de l'ennui subsiste-t-il encore ?
Quatre étapes pour Jasper Philipsen en 2023, quatre pour Mark Cavendish deux ans plus tôt : sans être une absolue certitude, la domination d'un homme rapide sur le Tour relève a minima de l'habitude. Lundi, le final mouvementé vers Turin a montré que tout était possible pour tout le monde, ou presque. Biniam Girmay (Intermarché-Wanty) ne partait pas favori, et pourtant il a levé les bras, même chose pour Mark Cavendish mercredi. Pour autant, les adversaires de Philipsen doivent-ils faire son jeu ? Faut-il rouler avec les Alpecin-Deceuninck, leur laisser le poids de la course ou, mieux encore, se placer à l'avant pour perturber les choses ?
Kittel, bourreau à qui l'on filait un coup de main
"Bien sûr qu'il y a des scénarios à écrire, avance Stéphane Heulot, manager général de la Lotto-Dstny d'Arnaud De Lie. A l'époque de Marcel Kittel qui pouvait enclencher un sprint extrêmement mal placé et battre tout le monde, je me faisais cette même réflexion quand je voyais que systématiquement, on mettait des gens à rouler et que le résultat était toujours le même. Ils étaient battus, donc ça m'avait toujours un petit peu heurté." Cédric Vasseur, qui exerce le même rôle que son compatriote chez Cofidis, évoque une "forme de résignation, d'acceptation".
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Les farceurs : Van der Poel et Pogacar s'amusent en tête du peloton
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Oui, d'ici à Nice, sur les quatre ou cinq occasions de sprinter pour la victoire, les adversaires du duo Philipsen-Van der Poel devraient encore tout faire pour donner le bâton pour se faire battre. A l'avant, il y aura, tôt ou tard, deux ou trois coureurs au grand maximum avec si peu de chances d'aller au bout qu'on les regardera avec un peu de peine. "Il faudrait être 15 devant mais c'est impossible, avance Vasseur. Pour cela, il faudrait batailler deux heures et c'est trop énergivore. Le Tour dure trois semaines et chacun pense aux efforts du lendemain".
Pourquoi est-ce impossible ? Si 15 semble être un chiffre volontairement grossi, on se demande bien pourquoi entre 7 et 10 coureurs ne pourraient pas batailler avec les équipes de sprinteurs pour faire sortir un vrai joli groupe. Oui, ceci ne marcherait pas à chaque fois mais à force de répéter les mêmes scénarios, le peloton tue ces étapes de plat que les organisateurs détestent de plus en plus, au point de réduire leur présence.
Le sprinteur, cette boucle de muscles et d'ego
L'autre figure importante de cette question reste le sprinteur, cette boule de muscles et d'ego qui n'attend qu'une chose : pouvoir lâcher les chevaux dans la dernière ligne droite. Et pour en tirer son plein potentiel, il faut le cajoler. "Mettre l'équipe au service du leader, ça le responsabilise", assure Thierry Maréchal, directeur sportif chez Cofidis où l'on préfèrera protéger Bryan Coquard plutôt que de mettre quelqu'un dans l'échappée. Même chose pour Sam Bennett chez Decathlon-AG2R La Mondiale.
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Un sprint pour l'histoire : comment Cavendish a détrôné Merckx
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Le manager d'une équipe du World Tour à la longue tradition du sprint avoue avoir eu des tensions avec son sprinteur qui prenait comme un manque de confiance et de respect que sa formation ne roule pas derrière une échappée. Il est donc facile de croire pourquoi certaines équipes s'empêchent de placer un homme à l'avant si vous ajoutez en plus le facteur pourcentage de réussite, souvent très faible.
Les points UCI, l'ennemi ?
"Il y a pas mal de points UCI à gagner sur les étapes au sprint, tout le monde sait que ça fait partie du job, prolonge Maréchal. Une place de 2 ou de 3 fait gagner des points. On ne va pas risquer d'envoyer Pierre, Paul ou Jacques devant pour qu'ils 'pètent' dans les dix derniers kilomètres tandis que ton sprinteur, il peut te faire un Top 10 et te ramener quelques points UCI. C'est aussi simple."
Fan des échappées, notre consultant Jens Voigt, comprend pourquoi ils ne sont souvent que trois, quatre ou cinq à partir dans ces raids promis à l'échec : "Le niveau général est tellement bon que si même Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard attaquaient au kilomètre 0 d'une étape pour sprinteurs, ils n'iraient pas au bout. A l'époque, Eddy Merckx ou Bernard Hinault lâchaient tout le monde. Ce n'est plus possible aujourd'hui."
Alors causes perdues ces longues étapes plates sans suspense ? Heulot note que les "Van Aert, Van Der Poel ou Pogacar, ont débridé certains codes stratégiques dans le peloton" et que dans leur sillage, tout est possible. Sur le dernier Giro, l'étape remportée par Benjamin Thomas fut un modèle du genre avec une échappée reprise en milieu de course et une relance habile du Français. Mais pour jouer, il faut accepter de perdre, ou pire, que le compagnon de galère dans la plupart des cas puisse se transformer, une fois, en héros absolu.
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