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Tour de France - "Un four", les routes arrosées : le Tour écrasé par la chaleur
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Publié 18/07/2022 à 13:49 GMT+2
TOUR DE FRANCE 2022 - L'extrême chaleur qui s'abat sur la France depuis quelques jours n'épargne pas la Grande Boucle et le peloton. Dimanche, vers Carcassonne, le thermomètre a dépassé les 40 degrés, ce qui a posé des problèmes pour les coureurs, leur santé, mais aussi pour leur sécurité avec des routes potentiellement dangereuses. Avant les Pyrénées, tour d'horizon de la question.
Mésaventures du maillot jaune, panache de Thomas et (enfin) Philipsen : le résumé
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Toms Skujins (Trek-Segafredo) est un équipier modèle. Quand il s'agit d'enchaîner les tâches ingrates pour ses leaders, le Letton ne rechigne pas, jamais. Alors quand il a fallu, , remonter bidons et poches de glace pour les autres, il s'est exécuté. Il faut dire que vers Carcassonne, le peloton a vécu ce qui n'était pas loin de ressembler à l'enfer cycliste. Plus de 40 degrés ont été enregistrés, ce qui pose évidemment de nombreuses questions, notamment celles de la santé et de la sécurité des coureurs.
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Des bidons ? Skujins en a plein le dos
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Si vous n'avez pas éteint votre télévision juste après le succès de Jasper Philipsen dimanche, vous avez évidemment vu Tadej Pogacar (UAE-Emirates) l'arroser abondamment. Plus tard, les images de Tom Pidcock (INEOS Grenadiers) allant se rafraîchir, maillot sur les cuisses, dans une fontaine de la ville de Carcassonne ont fait le tour des réseaux sociaux. Des comportements rarissimes mais nécessaires après une journée terrible de Rodez à Carcassonne. "Je n'avais jamais connu une journée aussi chaude sur un vélo. Ce n'était vraiment pas une partie de plaisir. J'adore mon métier mais les conditions étaient très très difficiles", a ainsi soufflé Mikaël Chérel (Ag2r-Citroën).
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Tom Pidcock cooling down in a fountain after Stage 15 of Tour de France
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"C'était un four. Je ne sais pas combien d'eau j'ai bue, des litres et des litres", remettait Nills Politt (Bora-Hansgrohe), qui s'est particulièrement dépensé en ayant pris l'échappée (vouée à l'échec) du jour. Pour soulager les coureurs, les organisateurs ont activé le protocole du règlement sur les conditions météorologiques extrêmes, autorisant le ravitaillement dès le début de l'étape jusqu'à 10 kilomètres de l'arrivée. "Je regardais souvent le compteur, ça marquait 41 ou 42 degrés", notait Alexis Gougeard (B&B Hôtels KTM).
Quid de la santé des coureurs dans ces conditions ? Le peloton a roulé entre Rodez et Carcassonne de 13 heures à 17h, soit aux heures les plus chaudes de la journée. Bob Jungels (Ag2r-Citroën) a ainsi regretté, auprès de Cyclingnews, que les acteurs ne soient pas plus consultés sur ces questions des conditions : "Sur le Tour, il y a évidemment beaucoup de facteurs, des choses dont nous n'avons pas idée. On pourrait partir plus tôt mais l'arrivée ne serait plus à une heure de grande écoute. Comme je l'ai dit, ce n'est pas de notre ressort. On a notre opinion mais au final, nous ne sommes rien de plus que des coureurs qui font la course."
Quid de la santé des coureurs ?
"À la télé on dit : 'ne sortez pas, parce qu'il fait trop chaud', et nous on fait 210 km dans la chaleur. (…) même dans les descentes on transpirait, tellement il faisait chaud" ironise Hugo Hofstetter (Arkéa-Samsic). "Pour moi, il faisait trop chaud. J'étais cuit, je n'avais plus rien dans les jambes, avouait un Alexander Kristoff que l'on a vu s'arracher pour s'accrocher dans le peloton. Ok, nous avons réussi à faire la course mais c'était tout sauf agréable. Ils pourraient raccourcir l'étape."
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Kristoff, un spectaculaire déhanché pour s'accrocher
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Autant de réactions qui posent questions. Depuis quelques années, l'UCI a instauré un protocole en cas de météo extrême, dans un sens comme dans l'autre. Mais il n'est que rarement utilisé, si ce n'est que le Tour a modifié ses règles de ravitaillement pour la 15e étape dimanche, permettant aux coureurs de prendre des bidons auprès du public par exemple ou encore plus proche de l'arrivée.
L'autre polémique du weekend a concerné les routes. Le chiffre de 10 000 litres d'eau pour arroser le tracé et ainsi se préserver de potentiels dangers pour les coureurs, a tourné. André Bancala, le "Monsieur route" du Tour a détaillé au micro d'Eurosport ce que certains voient comme un gâchis à l'heure où des immenses feux de forêts ravagent la Gironde par exemple. "Quand il fait très chaud, les gravillons s'en vont, la colle remonte et on a cet effet un peu chewing-gum qui est dangereux pour les coureurs. La solution consiste à refroidir la chaussée avec de l'eau. Sur quelques dizaines ou centaines de mètres"
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André Bancala, le "Monsieur Route" du Tour, explique pour le tracé est arrosé
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Ainsi, il n'a jamais été question d'arroser tout le tracé mais quelques zones bien ciblées alors que la température au sol a atteint les 70 degrés dimanche, écrasant l'ancien record de 63 degrés dans la station des Rousses en 2010. "On a mis 200 litres d’eau", a assuré André Bancala à RMC ce lundi matin. Loin des 10 000 litres évoqués d'abord par une communication mal maîtrisée. D'autres arrosages sont sans doute à prévoir, notamment mardi dans les Pyrénées. Personne n'a envie de voir un favori perdre le Tour sur du goudron fondu comme Joseba Beloki en 2003.
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