Beloki le maudit

Ambitieux et audacieux sur ce Tour 2003, Joseba Beloki a tout perdu en chutant peu avant l'arrivée à Gap lundi. Le premier diagnostic est lourd pour le leader de la ONCE, qui souffre d'une triple fracture du coude, du poignet et du fémur droit. Il passera

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Crédit: Eurosport

Les yeux pleins de larmes et le coude en sang, Joseba Beloki gît sur le bitume qui vient de précipiter sa chute, et sa perte. Le Tour de France est fini pour l'Espagnol. Déséquilibré par l'explosion de son pneu arrière qui a déjanté, il s'est affaissé violemment par terre, dans la descente de la côte de la Rochette. Jorg Jaksche et Jose Azevedo se sont arrêtés pour rester auprès de leur leader. Il faudra plusieurs minutes pour le relever, avec précaution. Appuyé sur l'épaule de son directeur sportif Manolo Saiz, Beloki pleure comme un gosse. La douleur, bien sûr, mais aussi la tristesse.
Le premier diagnostic, confirmé par Pedro Zelaïa, le médecin de l'équipe ONCE, est particulièrement sévère: triple fracture du coude, du poignet mais surtout de la partie supérieure du fémur droit. "Cette lésion nécessitera un traitement chirurgical ", ont précisé les médecins. Pour les deux autres fractures, seul un plâtre sera nécessaire. Le dauphin d'Armstrong sur le Tour 2002 souffre par ailleurs d'un important traumatisme de la hanche droite. Transporté en ambulance à l'hôpital de Gap, Beloki va y passer la nuit avant d'être emmené en Espagne dans la journée de mardi.
Armstrong navré
Témoin direct de l'accident, puisqu'il suivait le coureur de la ONCE, Lance Armstrong est peiné de perdre un rival de cette manière. "Il ne pouvait rien faire pour reprendre le contrôle de son vélo. C'est vraiment malheureux et je suis sincèrement désolé pour lui. Personne n'aime voir un coureur tomber", témoigne-t-il sincèrement. "Curieusement, repend l'Américain, ce n'était pas si impressionnant que ça. Je pensais qu'il allait pouvoir se relever, changer de vélo et repartir. C'est dur".
Il s'en est fallu de peu pour que le quadruple vainqueur du Tour ne soit entraîné lui aussi à terre. "Je ne pouvais pas aller tout droit, sinon je heurtais Beloki. Alors je suis allé à gauche. J'ai eu peur comme jamais, C'est un réflexe de survie qui m'a sauvé", raconte le maillot jaune. Dans son élan, il fait preuve d'une grande lucidité pour couper à travers champs avant de revenir sur la route un lacet plus bas, tel un coureur de cyclo-cross.
La direction du Tour de France a logiquement décidé de ne pas le sanctionner, estimant que "si un coureur n'a pas le droit de prendre un raccourci, la manoeuvre de Lance Armstrong était à l'évidence involontaire".
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