Les malheurs de Zabriskie

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Terrible dénouement mardi lors de la 4e étape du Tour de France. Victime d'une chute dans le final du contre-la-montre par équipes, David Zabriskie doit céder son maillot jaune. Lance Armstrong, grâce à la victoire de son équipe Discovery Channel, devant

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Crédit: Eurosport

Ainsi va le Tour de France. Généreux un jour, cruel le lendemain. David Zabriskie en a fait l'expérience à Blois. Maillot jaune depuis sa victoire dans le contre-la-montre inaugural de Noirmoutier samedi, l'Américain rêvait depuis quatre jours. Le réveil a brutalement sonné mardi.
Victime d'une chute à moins de deux kilomètres de la ligne d'arrivée du chrono par équipes, le coureur de Salt Lake City a vu s'envoler la précieuse tunique, qu'il était pourtant en train de sauver avec le concours d'une équipe CSC digne de son rang.
Sans doute victime d'un saut de chaîne, ou d'une touchette, Zabriskie s'est brutalement affaissé sur le flanc gauche. Quand il s'est relevé, largement éraflé, ses coéquipiers étaient déjà loin. Son maillot jaune aussi. Il rejoint ainsi les grands martyrs en jaune, ceux qui laissent, bien malgré eux, une trace à part dans l'histoire de la Grande Boucle. Le voilà aux côtés de Pascal Simon, Luis Ocana ou Roger Riviere, même si les chutes des deux derniers furent autrement plus pénalisantes pour leur intégrité physique.
T-Mobile coince, Phonak déçoit
Quatre jours de bonheur et plus d'une heure d'efforts se sont ainsi évaporés à quelques encablures de l'arrivée. Zabriskie voyait alors se profiler une fin de semaine savoureuse. Ce maillot jaune, il pouvait en effet espérer le choyer jusqu'au week-end. Jusqu'à cet incident, qui offre au Tour 2005 sa deuxième image marquante après la passe d'armes Armstrong-Ullrich samedi, les hommes de Bjarne Riis tenaient alors largement tête aux Discovery Channel pour la victoire d'étape.
Mieux, à six kilomètres de l'arrivée, la formation danoise préservait deux secondes d'avance sur sa rivale américaine. Finalement, les CSC ont tout perdu. Le maillot jaune, mais aussi la victoire, les deux étant peut-être liés, même s'il est difficile d'évaluer le préjudice chronométrique imputable à la chute de Zabriskie. Pour la troisième année consécutive, l'équipe dirigée par Johann Bruyneel et guidée par Lance Armstrong a donc imposé sa loi, à une vitesse record (57,33 km/h).
Moins nettement que l'an passé toutefois, lorsque la Phonak avait pris la deuxième place à plus d'une minute. La concurrence a davantage résisté cette fois-ci. Outre la CSC, les T-Mobile d'Ullrich et Vinokourov ont tenu la distance jusqu'à 20 kilomètres de l'arrivée, avant de coincer dans la partie plus vallonnée, pour concéder finalement 36 secondes. Un moindre mal. Plus décevante en revanche est la cinquième place de la Phonak, que l'on attendait à la lutte pour la victoire. L'addition devient salée pour un Santiago Botero moins en verve que sur le Dauphiné.
Armstrong, la belle affaire
A défaut d'écraser la course, le serpent bleu et blanc a affiché une maestria certaine. US Postal, Discovery, même combat, même résultat. Fidèle à sa très bonne habitude, la machine de guerre américaine a admirablement géré son effort. Partis relativement prudemment (voir les pointages intermédiaires ci-dessous), les Discovery ont progressivement accéléré pour distancer tous leurs adversaires, à l'exception notable des CSC.
Cette suprématie collective bénéficie évidemment en premier lieu à son chef de file, Lance Armstrong. Le champion d'Austin retrouve sa tunique préférée. Reste à savoir s'il la défendra dans les jours à venir ou si, comme l'an dernier, il attendra les Alpes pour prendre véritablement, le pouvoir.
Mais l'essentiel est ailleurs aujourd'hui. Malgré le plafonnement des écarts, Armstrong a repris du temps à tous ses rivaux pour la victoire finale. En deux chronos, il se trouve nanti d'une marge de manoeuvre particulièrement confortable avant d'aborder la montagne. Vinokourov est à 1'21", Basso à 1'26", Ullrich à 1'36", Landis à 1'50", Botero à 2'18", Heras à 2'58", Mancebo à 3'39" et Mayo à 5'48". Plus que jamais, il y a Armstrong et les autres. A voir son sourire sur le podium, le Texan ne nourrit guère d'états d'âme sur les circonstances de son retour sur le trône. Il a bien raison. Le Tour n'est pas fait pour ça.
LES DIFFERENTS POINTAGES
Kilomètre 251. Team CSC 25'36"2. Liberty Seguros à 6"3. Discovery Channel à 15"3. T-Mobile Team à 15"5. Credit Agricole à 33"
Kilomètre 461. Team CSC 47'08"2. Discovery Channel à 6"3. T-Mobile Team à 7"3. Liberty Seguros à 20"5. Phonak à 49"
Arrivée1. Discovery Channel 1h05'10"2. Team CSC à 2"3. T-Mobile Team à 36"3. Liberty Seguros à 53"5. Phonak à 1'31"
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