Eurosport
Serrano et les costauds
Par
Publié 21/07/2005 à 20:30 GMT+2
Marcos Serrano (Liberty Seguros) s'est imposé à Mende jeudi, au sommet de la montée Laurent Jalabert, lors de la 18e étape. L'Espagnol a distancé dans le final ses compagnons d'échappée. Derrière, les gros bras ont bataillé et la bonne affaire est pour Ja
Eurosport
Crédit: Eurosport
Mende n'avait eu besoin que d'une étape pour prendre place dans la mémoire collective du Tour de France. C'était il y a dix ans, un 14 juillet en prime, et le meilleur coureur français du moment y avait signé l'une des victoires les plus marquantes de sa carrière. Laurent Jalabert avait tant marqué les esprits et le lieu que la côte de la Croix-neuve a été rebaptisée de son nom.
Une décennie plus tard, "Jaja" a désormais un successeur. Et si le succès de Marcos Serrano ne restera sans doute pas dans les annales, elle ne souffre d'aucune contestation. L'Espagnol a réussi un gros numéro dans le final pour s'imposer comme l'homme le plus fort d'une échappée de dix coureurs, qui s'était formée au bout première heure de course frénétique, à 135 kilomètres de l'arrivée.
Les Français bredouilles
Une fois encore, les Français étaient là, en l'occurrence Thomas Voeckler et Carlos Da Cruz, toujours prompts à prendre le bon wagon, et Cédric Vasseur, qui se voyait bien en successeur de son coéquipier David Moncoutié, unique vainqueur tricolore à ce jour. Comme la veille, le peloton a donné sa bénédiction à ce groupe dont l'élément le plus "dangereux" au général, Xabier Zandio, naviguait à près de 40 minutes de Lance Armstrong. L'écart monta logiquement jusqu'à la quinzaine de minutes.
La belle unité allait persister jusqu'à 15 kilomètres de l'aérodrome de Mende, au pied de la Côte de Chabrits, bosse de troisième catégorie au profil idéal pour dynamiter une échappée. Sans surprise, c'est le moins grimpeur du lot, Carlos da Cruz, qui lança les hostilités. La seule chance de l'Audonien de la Française des Jeux était de partir de loin et il joua son coup à fond. Malheureusement pour lui, avant le sommet, Merckx, Voeckler, Vasseur, Zandio et Serrano l'avaient repris, puis déposé.
Merckx voulait faire la fête
Ces cinq-là n'avaient plus qu'à s'expliquer sur les rampes de l'aérodrome de Mende. Axel Merckx semblait le plus frais. Le plus motivé aussi, en ce jour de fête nationale belge. Mais le fils du Cannibale, qui finira bien par toucher son étape à force de tourner ces dernières années, s'est cassé sur les dents sur Marcos Serrano, incontestablement le plus fort et le plus lucide du lot. Sur la ligne, l'ancien coéquipier de... Laurent Jalabert, devançait Vasseur et Merckx d'une trentaine de secondes.
A cet instant, le peloton des favoris arrivait à peine au pied de la dernière ascension. Un groupe d'ailleurs, plus qu'un peloton. On soupçonnait Jan Ullrich de vouloir attaquer afin de combler son handicap sur Rasmussen, mais les forts pourcentages ne convenaient pas forcément au champion de Rostock. Il allait finalement profiter d'une terrible accélération d'Ivan Basso pour atteindre son objectif.
Ullrich prend position
L'Italien de la CSC, décidément très impressionnant dans cette seconde moitié de Tour, ne gardait bientôt plus dans sa roue que Lance Armstrong, toujours facile, Cadel Evans, remis de son échappée de mardi, et Ullrich, à la limite de la rupture mais dont l'abnégation est à saluer. Ce quatuor relégua finalement Rasmussen, Vinokourov et Leipheimer à 35 secondes.
Bonne opération pour Evans, qui dans l'affaire, reprend la septième place à Vino. Mais c'est surtout Jan Ullrich qui a donc tiré les marrons du feu. A deux jours du chrono de Saint-Etienne, où il sera forcément à son avantage, l'Allemand revient à seulement 2'12" de Rasmussen. Il prend ainsi position pour le podium, qui serait le septième de sa carrière, mais le premier sur la troisième marche.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité