Basso a pris date

Troisième en 2004, deuxième en 2005... Vainqueur en 2006 ? S'il poursuit sa progression linéaire, notamment dans l'exercice du contre-la-montre, Ivan Basso a tout pour s'imposer l'an prochain comme le successeur d'Armstrong sur le Tour de France. L'Italie

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Crédit: Eurosport

Depuis le début de sa carrière, Ivan Basso a pris l'habitude de grandir à son rythme. Une croissance régulière, une lente maturation, qui n'est pas sans rappeler celle d'un Miguel Indurain à la fin des années 80. Trois ans après son maillot blanc du meilleur jeune, l'Italien s'est rapproché un peu plus des sommets lors de ce 92e Tour de France, gravissant une marche sur le podium, de la troisième à la deuxième, pour taquiner le paradis.
"Je crois que je me suis amélioré par rapport à l'an passé , juge-t-il aujourd'hui. Je crois même que je serai encore plus fort l'année prochaine. Je suis prêt à assumer un rôle de leader dans le prochain Tour." En affichant une assurance qu'on ne lui a pas toujours connue, Basso annonce la couleur. C'est vrai, le Varésan a changé. S'il ne déploie pas encore l'autorité que lui confère son statut, il accepte enfin d'agir et non de réagir. L'ancien suceur de roues a pris de l'épaisseur.
"J'ai appris à gérer la pression"
Il ne supporte d'ailleurs plus qu'on le catalogue comme un coureur passif, rappelant à juste titre qu'il a secoué à plusieurs reprises ses rivaux dans les Pyrénées et le Massif central. Pas plus qu'il ne veut entendre parler d'un quelconque complexe vis-à-vis d'Armstrong. "Je ne veux plus entendre les gens dire que je n'ai jamais osé l'attaquer. Ce n'est pas vrai. Il ne me fait pas peur", assène le Transalpin.
Simplement, comme tout le monde, Basso a dû se résoudre à l'évidence. "Lance est le plus fort et il est logique qu'il gagne, poursuit-il. Si quelqu'un est plus fort que vous, il n'y a pas grand-chose que vous puissiez faire. Je ne peux pas le lâcher en montagne donc il est impossible de gagner. Dans ces conditions, c'est énorme pour moi de terminer deuxième du Tour de France."
En l'espace de deux mois, il a beaucoup appris, notamment sur lui-même, en doublant le Giro et le Tour. S'il n'a gagné ni l'un ni l'autre, L'Italien n'a pas perdu son temps. "Je savais qu'il serait difficile et risqué d'enchaîner le Giro et le Tour, mais je ne regrette rien, affirme-t-il. Lorsque j'ai couru le Giro, j'avais énormément de pression sur les épaules. Mais j'ai appris à la gérer. Le Tour d'Italie est la course de mon coeur. Mais c'est le Tour de France que je veux vraiment gagner."
Fidèle à la CSC
Désormais, la place est libre. Le gros point positif pour Basso, c'est qu'il a énormément travaillé son point faible, l'effort solitaire, sans pour autant perdre ses qualités naturelles en montagne. Aujourd'hui, le leader de la CSC fait ainsi office de coureur tout terrain. "Ivan n'est pas encore un spécialiste du contre-la-montre, mais il a considérablement progressé dans cet exercice. Il doit pouvoir encore faire mieux pour approcher les performances des véritables spécialistes", juge Bjarne Riis.
Les deux hommes, plus que jamais sur la même longueur d'ondes, ont décidé de poursuivre leur collaboration. Très courtisé, notamment par Johann Bruyneel, qui rêvait d'en faire le successeur d'Armstrong, il a finalement choisi de rester fidèle à la CSC. "J'ai eu des propositions de la part des meilleures équipes, confie-t-il. Pourtant, j'ai décidé de prolonger mon contrat parce que la CSC et Riis croient en moi. Je suis convaincu que c'est l'équipe qui me convient le mieux." Basso a choisi la continuité plutôt que la rupture. Cela lui ressemble tellement...
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