On peut appeler ça un règlement de compte. De retour chez lui à Madrid lundi soir, le vainqueur du Tour de France a été accueilli en héros par ses supporters, avant de participer à une réception donnée en son honneur. Mais la joie de ce deuxième maillot jaune n'a visiblement pas totalement effacé les stigmates des dernières semaines. Chez Astana, Contador s'est toujours senti en territoire hostile et Lance Armstrong n'avait de coéquipier que le nom. Loin du discours plutôt policé des conférences de presse de fin d'étape sur les routes du Tour, le Castillan a donc livré le fond de sa pensée.
Oui, il lui a fallu prendre sur lui pour cohabiter avec le champion texan, auquel il reconnaît de grandes qualités en tant qu'athlète, mais pas en tant qu'homme. "Ma relation avec Lance Armstrong a été inexistante. Bien que ce soit un très grand champion, en tant que personne, c'est une autre histoire et je n'ai jamais eu d'admiration pour lui et je n'en aurai jamais", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Le coureur de Pinto, près de Madrid, a réaffirmé que "lors de ce Tour, les jours passés à l'hôtel ont été plus difficiles que ceux passés sur la route", ajoutant que la situation avait été "tendue et délicate car notre relation à Lance et moi a déteint sur le reste de l'équipe".
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Armstrong du tac au tac
Evidemment. Armstrong ne pouvait pas rester sans réagir. L'Américain n'a pas tardé à le faire. Dans la soirée, il a posté deux messages sur son twitter pour répliquer à son ancien camarade de jeu. "Je viens de voir les déclarations d'AC (Alberto Contador). Si j'étais lui, j'arrêterais de radoter et je commencerais par remercier toute mon équipe. Sans équipe, il ne gagne pas. " Puis, quelques minutes plus tard, Armstrong a publié un autre message, tout aussi clair: "Hey pistolero, there is no I in team. " Quasiment intraduisible en français, mais l'idée est qu'il n'y a pas de place à l'égoïsme dans une équipe. C'est exactement la phrase que Davis Phinney, ancien coureur (il fut le premier américain à remporter une étape sur le Tour) et ami de Lance Armstrong, avait utilisé après l'attaque de Contador à Arcalis. Et Armstrong de conclure: "Vous vous souvenez de ce que j'avais dit au mois de mars. Beaucoup à apprendre. Je maintiens. Un champion se mesure aussi à sa façon de respecter ses équipiers. Vous pouvez gagner une course tout seul, mais pas un grand Tour. "
Alberto Contador n'a pas encore répliqué à la réplique, mais cette guerre des mots, après celle des nerfs, pourrait durer éternellement. On ne s'étonnera pas, dans ces conditions, que les chemins d'Armstrong et Contador se séparent en fin de saison. On comprend aussi que le Madrilène désire avoir l'année prochaine une équipe qui lui soit "entièrement dévouée" selon sa propre expression, afin de ne pas revivre les mêmes mésaventures que sur ce Tour. Dire que pendant le Tour, certains, y compris au sein de l'équipe Astana, prétendaient que les tensions entre les deux champions étaient montées en épingle par la presse… Alberto Contador lui-même avait à plusieurs reprises affirmé que ses rapports avec Armstrong étaient beaucoup moins mauvais que ce que la presse pouvait rapporter. Il semble que les medias étaient, en réalité, bien en dessous de la vérité…
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