Après l'arrêt du Crédit Agricole l'an dernier, vous êtes passé à la Française des Jeux. Un changement bénéfique apparemment?
Christophe LE MEVEL : Une remise en question totale. En septembre, j'ai pris contact avec l'entraîneur de la Française, Frédéric Grappe, je lui ai expliqué ce que je voulais précisément, j'ai dit que je voulais prendre un tournant dans ma carrière, changer beaucoup de choses et aller au maximum de mes possibilités. Avant, je roulais pour rouler, je faisais mes heures et j'étais content. Maintenant je travaille plus en intensité, j'en fais un peu moins mais je m'astreins à de exercices précis.
Un accident a failli vous éloigner du vélo en début de carrière. Faut-il voir dans cet épisode une de vos sources de motivation?
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C.LM. : J'ai eu peur. Après quatre mois de professionnalisme, je me suis dit, "C'est déjà fini". J'avais 22 ans. Mais je suis remonté sur un vélo avant même de remarcher normalement. J'ai réussi à revenir au bout d'un an, mais j'ai encore un problème de cheville qui se bloque, je suis handicapé notamment pour sprinter. Depuis que j'ai repris, ce n'est que du bonheur. Ma victoire d'étape sur le Giro en 2005 a été la première récompense des efforts que j'ai faits pour revenir. Et cette année, la deuxième récompense, c'est de terminer dans les dix premiers du Tour.
Etre le premier Français du Tour, c'est une satisfaction?
C.LM. : Etre le premier Français me laisse indifférent. Ce qui compte, c'est d'être dans les dix premiers. Je n'avais jamais été applaudi comme ça dans ma carrière, sauf au critérium de Camors (rires)! (Dans le Morbihan, sa région, NDLR)
Vous étiez cette année "coureur protégé". Ambitionnez-vous d'être un jour le vrai leader d'une équipe?
C.LM. : A la Française des Jeux, nous sommes deux avec Sandy (Casar). Un jour ça va être lui devant, un autre jour c'est moi. Frédéric Grappe m'a dit que j'avais encore une marge de progression importante. Je me fie beaucoup à lui. Depuis septembre, j'ai respecté à la lettre ses conseils d'entraînement. S'il me dit que je vais progresser, je le crois.
Il reste des progrès à faire sur le contre-la-montre...
C.LM. : J'ai fait des tests de position en soufflerie à Magny-Cours en début de saison. Déjà j'ai gagné deux, trois secondes au kilomètre par rapport à ma position d'avant. On va le refaire cet hiver. On peut encore améliorer la position de pédalage, il faut que je trouve le coup de pédale correct.
Vous êtes un cycliste professionnel, mais on dit que votre passion, c'est la moto...
C.LM. : C'est vrai. Si j'avais eu les moyens j'aurais aimé faire de la compétition. Le vélo, c'était d'abord un jeu. J'ai commencé par faire de la compétition en VTT, et je me suis mis à la route juste pour m'entraîner et gagner de l'endurance. Puis j'y ai pris du plaisir.
Quels sont vos rêves pour les années qui vous restent à courir?
C.LM. : Gagner une étape du Tour. Et puis pourquoi pas gagner une classique. La plus belle pour moi c'est Liège-Bastogne-Liège, mais la Flèche Wallonne me fait rêver aussi.
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