Voeckler sur un nuage

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Cette victoire aura une place particulière dans le riche palmarès de Thomas Voeckler. Cueillie dans les Pyrénées, elle récompense, comme le maillot à pois, ses talents de grimpeur développés ces dernières saisons.

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Crédit: Eurosport

Celle-ci aura une place de choix dans son panthéon personnel pourtant riche. Avant ce mercredi, il avait beau déjà avoir gagné trois étapes sur le Tour, porté le maillot jaune 20 jours, enlevé quelques courses de renom (Flèche Brabançonne, GP Plouay, Championnats de France à deux reprises), cette victoire-là, au milieu de ses 35 bouquets, a un goût particulier. Parce que l'Aubisque, le Tourmalet, l'Aspin et Peyresourde. Parce que les Pyrénées. Parce que le maillot à pois. Parce que Voeckler connait ses classiques sur le bout des doigts. "Difficile de classer mais oui, c'est l'une des plus belles victoires", a reconnu la star du Team Europcar. "Ce n'est peut-être pas ma plus belle victoire au niveau de l'opposition mais je suis très fier de ce que j'ai fait."
Fier d'avoir dompté les quatre mythes pyrénéens. En 2010, à Bagnères-de-Luchon déjà, il avait levé les bras en ayant avalé le Port de Balès. Cette fois, il a inscrit son nom en haut d'une quadrilogie.  "J'ai passé quatre cols en tête dans les Pyrénées, ce sont des choses que je voyais à la télévision quand j'étais enfant", rêve éveillé Voeckler."J'ai fait ascension par ascension. J'avais quatre courses aujourd'hui", a-t-il poursuivi. "Je connais ces montagnes depuis l'âge de 19 ans, je connaissais chaque mètre de cette étape." Et le voilà, logiquement, leader du classement de la montagne.
Maillot à pois, son ultime défi
Sur le Tour de France, Ti-Blanc a presque tout connu. La gloire du maillot jaune, l'ivresse d'une victoire d'étape et même les honneurs d'un top 5 sur les Champs Elysées (4e en 2011). Trop vieux pour le maillot blanc, pas assez rapide pour le maillot vert et pas assez efficace sur le chrono pour jouer la gagne finale, Voeckler sait qu'il ne lui reste qu'un défi à relever pour encore marquer l'histoire de la Grande Boucle : ramener le maillot à pois à Paris. Ses exploits répétés dans les Alpes et les Pyrénées l'an passé lui ont forcément suggéré l'idée. Voeckler a fait des progrès incroyables en montagne ces trois dernières années.
L'an dernier, avant de faire jeu égal avec Contador, Evans ou les frères Schleck sur le Tour, il avait réglé Scarponi sur l'étape reine de Tirreno Adriatico, quelques semaines avant que le leader de la Lampre remporte le Tour d'Italie. Aujourd'hui, Voeckler figure parmi les grimpeurs qui comptent dans le peloton. Brice Feillu et Alexander Vinokourov, pas les premiers venus lorsque la route s'élève, n'ont pu que constater l'évidence : "Voeckler était trop fort", ont-ils concédé à l'unisson. Jamais cette étape n'a semblé pouvoir lui échapper.
Les circonstances de course, son problème au genou et tout le temps concédé lors de la première semaine, lui ont certes permis de collecter les points de la montagne en bénéficiant de bons de sortie. Mais Voeckler, qui compte 4 points d'avance sur un Kessiakoff (Asatana) qui a montré ses limites ce mercredi, est désormais un vrai client. Le voir endosser les pois n’a rien de bien étonnant. "Je suis bien conscient que si je n'avais pas perdu autant de temps dans la première partie du Tour, je n'aurais pas pu faire une échappée pareille", concède-t-il avec sa modestie habituelle. "J'étais le mieux de l'échappée, pas de tout le peloton." Depuis quelques mois maintenant, Voeckler n'a pourtant plus grand chose à envier aux spécialistes de la haute montagne. Et s’il ramenait les pois à Paris, personne ne trouverait cela scandaleux.
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