Bilan équipes (4): Tout en haut, Saxo

Bilan équipes (4): Tout en haut, Saxo
Par Eurosport

Le 28/07/2010 à 08:53Mis à jour Le 28/07/2010 à 14:49

Fin de notre bilan équipe par équipe du Tour de France 2010 avec les meilleurs élèves de la classe. Ici, deux invités surprises, Bbox Bouygues Telecom et Quick Step, et trois formations plus attendues. Et tout en haut, l'équipe Saxo Bank, grâce à Andy Schleck et Fabian Cancellara.

dpa

 - Bilan: Bien sûr, les Saxo étaient venus sur le Tour avec un objectif suprême, ramener le maillot jaune à Paris. Andy Schleck avait les moyens de satisfaire cette ambition. Il a échoué, de peu. N'empêche. Avec quatre victoires d'étapes (les deux chronos pour Cancellara et deux arrivées au sommet, une dans les Alpes, l'autre dans les Pyrénées, pour Schleck) et pas moins de 12 journées en jaune, Bjarne Riis peut avoir le sourire. Surtout si l'on y ajoute la deuxième place finale et le maillot blanc d'Andy. D'autant qu'il ne faut pas oublier que Saxo Bank a perdu dans l'étape des pavés son autre carte maitresse, Frank Schleck, victime d'une fracture de la clavicule. La troupe de Riis une formidable machine sur le Tour, même si elle est apparue plus fragile que certaines années. Reste maintenant à connaitre son avenir, pour le moins incertain...

- Le Top: Les progrès d'Andy Schleck. Il a franchi un cap par rapport à l'année dernière. Il est au niveau de Contador. Sans doute était-il même plus fort que son rival cette année. Maintenant, il lui faut apprendre à se défaire d'une forme de naïveté qui lui a coûté la victoire.

- Le Flop: Le manque de soutien dont a bénéficié Schleck en haute montagne. Après l'abandon de son frère, il comptait sur Jakob Fuglsang et Chris Anker Sorensen, mais les deux Danois ont déçu. Derrière Andy, le premier Saxo au général est Fuglsang, à la... 50e place.

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Eurosport

 - Bilan: Mission accomplie pour Astana. Bâtie autour du seul Alberto Contador dans l'optique de l'amener en jaune à Paris, l'équipe kazakhe a rempli son contrat. Pour elle, la réussite de son Tour devait se mesurer uniquement à l'aune du classement final du Castillan. Ce fut dur, parfois laborieux, mais le résultat est là. Mais au-delà de la troisième victoire personnelle de Contador, ce Tour a permis à Astana de prouver que cette équipe n'était pas aussi faible qu'on a bien voulu le dire. D'abord parce que Vinokourov était là. Mais aussi parce qu'elle a su maîtriser la course quand elle le fallait. Et en montagne, Contador a finalement été beaucoup mieux entouré que Schleck. Coup de chapeau spécial à Daniel Navarro, le meilleur équipier de ce Tour 2010.

- Le Top: Le panache et l'intelligence de course de Vinokourov. On peut lui reprocher tout ce qu'on veut, mais ce type a du coeur et du flair. La façon dont il est allé chercher la victoire à Revel 24 heures après sa frustration de Mende en dit long sur le Kazakh.

- Le Flop: L'absence de victoire d'étape pour Alberto Contador. Il s'est contenté de deux places de deuxième, à Mende et au Tourmalet. Cela ne lui ressemble pas. Preuve qu'il n'était pas complètement lui-même durant ces trois semaines. 

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AFP

 - Bilan: Columbia possède ce qu'on peut raisonnablement appeler une arme fatale. Elle s'appelle Mark Cavendish. A lui seul, le sprinter de l'ile de Man a remporté plus d'étapes en trois ans que n'importe qu'elle équipe ! A lui seul, avec ses cinq victoires, il permet à l'équipe américaine d'afficher un des meilleurs bilans des 22 formations de ce Tour 2010. Il peut toutefois regretter d'avoir laisser filer une fois de plus le maillot vert, pour une poignée de points. Il était pourtant largement à sa portée. Mais la vraie déception est venue du classement général. Avec Michael Rogers et Tony Martin, Columbia espérait flirter avec le Top 10. Le premier a fini 34e, le second... 137e, malgré deux belles places de dauphin sur les chronos derrière Cancellara. L'équipe de Bob Stapleton ne voulait pas jouer que sur un seul tableau. La réalité du terrain a miné cette ambition. Mais quand Cavendish va, tout va...

- Le Top: Faut-il vraiment faire un dessin? 4+6+5 = 15 victoires en trois ans pour Mark Cavendish. Mais son plus grand mérite, c'est d'avoir survécu à un début de Tour très difficile pour lui.

- Le Flop: L'attitude de Mark Renshaw lors de l'arrivée à Bourg-Lès-Valence. Son exclusion est amplement justifiée, tant pour les trois coups de boule sur Julian Dean que pour le tassement 100% volontaire de Tyler Farrar dans la foulée (peut-être plus encore d'ailleurs pour ce deuxième geste que pour le premier). De toute façon, Cavendish, sur la fin du Tour, n'avait besoin de personne.

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AFP

- Bilan : La Bbox Bouygues Telecom reste une équipe de baroudeurs, de chasseurs d’étape. Avec deux bouquets dans la besace, le contrat est rempli. D’autant que les deux capitaines de route des Turquoises, Thomas Voeckler et Pierrick Fédrigo, ont choisi le plus beau des terrains d’expression pour franchir la ligne en tête : les Pyrénées. Deux échappées au long cours, dans le plus pur style vendéen, un succès en solitaire pour Voeckler, un sprint remporté haut la main au pied du Tourmalet pour Fédrigo, ça ne vous rappelle rien ?  2009-2010, copier/coller. Cerise sur le gâteau, le maillot à pois de l’inattendu Anthony Charteau. Solide dans les Alpes, opportuniste dans les Pyrénées, il a su profité à merveille du désintérêt total des gros leaders pour le classement de la montagne. Sans sprinter attitré, les Bbox Bouygues Telecom ont réussi à accrocher quelques accessits avec le surprenant Sébastien Turgot alors que pour son premier Tour, Cyril Gautier a semé de belles promesses. Et dire que Jean-René Bernaudeau n’a pas encore trouvé de repreneur pour la saison prochaine...  

- Le Top :  Anthony Charteau. Equipier modèle tout au long de sa carrière, Chartix s’est mué en redoutable grimpeur sur ce Tour de France. Longtemps en compagnie des meilleurs dans montée vers Morzine-Avoriaz, il a pris confiance en ses moyens. Un déclic qui lui a permis d’empiler les points et les pois. De quoi envisager sa fin de carrière autrement qu’en simple équipier modèle.

- Le Flop : Leur classement au général. Le premier Turquoise, Charteau, au général pointe au 44e rang, une misère.  D’autant que Jean-René Bernaudeau misait sur Pierre Rolland pour signer un top 15. L’Orléanais n’a jamais concrétisé les espoirs semés l’an dernier (22e du général à la pédale) et s’est perdu dans les Alpes. Il a réagi dans les Pyrénées mais termine 58e à 1heure46 de Contador…

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Eurosport

-Bilan: Année paradoxale pour Quick Step. Taillée pour les classiques, pas vraiment pour les grandes courses de trois semaines, la troupe de Patrick Lefevere a fait chou blanc au printemps mais elle a toutes les raisons d'être satisfaite de son mois de juillet. Avec deux victoires d'étapes et autant de journées avec le maillot jaune, le contrat est rempli, d'autant que l'équipe belge était privée de son leader naturel, Tom Boonen. Sans lui, exit la quête du maillot vert et la possibilité de remporter quelques étapes, notamment celle des pavés, pour laquelle Boonen aurait fait un favori idéal. Heureusement, Sylvain Chavanel est passé par là. Les deux étapes, c'est lui. Les deux jours en jaune aussi. Quick Step peut lui dire merci. Jérôme Pineau, lui aussi très actif et porteur du maillot à pois un tiers de la course, a contribué à mettre ses couleurs à l'honneur. A mettre également à l'actif de cette équipe, l'activité de Barredo, VandeWalle ou Devenyns, souvent échappés. Une fois la grande bagarre pour le général lancée, Quick Step est rentrée dans le rang, mais l'essentiel était déjà assuré.

-Le Top: La tranquillité de Sylvain Chavanel. Pendant des années, le Poitevin s'est mis une pression excessive sur le Tour. Cette année, après sa grave blessure fin avril, il ne pensait même pas être à Rotterdam. Du coup, il a couru en toute liberté. Le résultat est là. Il a mérité son titre de Super combatif, en plus de ses deux étapes et de ses maillots jaunes.

-Le Flop: Voir Carlos Barredo en train de tabasser Rui Costa à l'arrivée d'une étape en début de Tour. Quelle furie a pris le baroudeur espagnol? Un miracle qu'il n'ait pas été exclu de ce Tour, tout comme Rui Costa d'ailleurs. Heureusement, par la suite, il a montré son vrai visage, sur la route cette fois.

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