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Tour de France 2014: Entre Alpes et Pyrénées, les sprinters s’offrent une bouffée d’oxygène

Entre Alpes et Pyrénées, les sprinters s’offrent une bouffée d’oxygène

Le 19/07/2014 à 21:16Mis à jour Le 20/07/2014 à 10:03

Après avoir souffert en silence dans les Vosges et les Alpes, les sprinters espèrent jouer la victoire ce dimanche à Nîmes. L’une des trois dernières occasions pour eux de briller jusqu’à Paris, avec la 19e étape à Bergerac et celle des Champs-Elysées. On fait le point sur l'état et les ambitions des principaux sprinters.

Peter Sagan (Cannondale)

Comment s’est-il débrouillé dans les Vosges et les Alpes ? Présent dans l’échappée de l’étape de la Planche des Belles Filles lundi dernier, le Slovaque a engrangé un maximum de points dans sa course au maillot vert. Toujours en quête d’un premier succès sur ce Tour 2014, Sagan est passé à côté à Saint-Etienne, sa quatrième deuxième place depuis le départ de Leeds. Dans les Alpes, on l’a vu dans l’échappée samedi, entre Grenoble et Risoul. Les jambes sont là, mais il n’a pas épargné ses efforts depuis quinze jours. La seconde journée de repos va lui faire le plus grand bien.

Que peut-il encore viser d’ici Paris ? Mathématiquement, ce n’est pas encore fait, mais un troisième maillot vert ne devrait pas lui échapper, sauf tremblement de terre, accident ou mise hors-délai dans les Pyrénées. Il lui reste trois opportunités pour obtenir ce fameux succès qui lui manque sur cette Grande Boucle. Sinon, il imitera Erik Zabel (1999) ou Sean Kelly (1983, 1985 et 1989) notamment, tous les deux en vert sur les Champs sans la moindre victoire.

Peter Sagan (Cannondale) sur le Tour de France 2014

Peter Sagan (Cannondale) sur le Tour de France 2014Panoramic

Marcel Kittel (Giant Shimano)

Comment s’est-il débrouillé dans les Vosges et les Alpes ? La montagne n’est pas évidemment pas l’amie du colosse allemand. Dans les Vosges, il a économisé ses forces en finissant à chaque fois avec le gruppetto. Dans les Alpes, il a souffert un peu plus. Notamment au début de la 13e étape, où il a chuté lors de l’ascension du col de la Croix de Montvieux. Avec l’aide du Chinois Ji, il a fait son retour au sein du peloton, puis a de nouveau été décramponné. Epuisé, il est arrivé à Chamrousse sur les rotules. Ses bronches l’ont fait souffrir un peu ces derniers jours, mais l’arrivée dominicale à Nîmes devrait le rebooster.

Que peut-il encore viser d’ici Paris ? Dominateur en début de Tour, Kittel a déjà levé les bras à trois reprises, à Harrogate, Londres et Lille Métropole. Sa moisson n’est peut-être pas finie. Nîmes (15e étape) peut également tomber dans son escarcelle, mais également Bergerac (19e étape), à la veille du chrono qu’il va faire sans forcer et surtout les Champs-Elysées pour faire aussi bien qu’en 2013.

Marcel Kittel s'impose lors de la 1re étape du Tour 2014 devant Peter Sagan

Marcel Kittel s'impose lors de la 1re étape du Tour 2014 devant Peter SaganAFP

Arnaud Démare (FDJ.fr)

Que peut-il encore viser d’ici Paris ? Sa troisième place jeudi à Saint-Etienne est significative. Arnaud Démare est plein de ressources. Dans la difficulté, le champion du monde espoirs 2011 sait aller chercher des résultats. On ne gagne pas deux fois les 4 Jours de Dunkerque pour rien. En vitesse pure, Marcel Kittel est au-dessus du Français. En revanche, l’Allemand grimpe moins bien et pourrait manquer de fraîcheur en fin de Tour. Démare n’a jamais couru une troisième semaine de course, mais rien ne dit qu’il ne pourrait pas s’y révéler en gagnant une étape. Avec son maillot tricolore, les Champs-Elysées lui iraient à merveille.

Arnaud Démare a souffert de problèmes gastriques ce samedi mais a finalement bien résistés dans les Alpes pour accrocher le gruppetto.

Arnaud Démare a souffert de problèmes gastriques ce samedi mais a finalement bien résistés dans les Alpes pour accrocher le gruppetto.AFP

Alexander Kristoff (Katusha)

Comment s’est-il débrouillé dans les Vosges et les Alpes ? Le solide Norvégien a passé les deux massifs sans encombre. Pour preuve, il a remporté au sprint l’étape de transition à Saint-Etienne. Seul hic, le comportement de son équipe lors de l’étape de Chamrousse. Katusha a roulé à bloc pour favoriser les desseins de Joaquim Rodriguez. Sans réussite. Et avec pour conséquence la mise hors-délai d’Alexander Porsev. Le Russe était l’un des poissons-pilotes de Kristoff. "La disqualification de Porsev, c’est aussi une perte pour moi, a ouvertement critiqué le puissant sprinter de 26 ans. Je ne comprends pas qu’on sacrifie nos chances ainsi, c’est ridicule".

Que peut-il encore viser d’ici Paris ? Pas forcément cité parmi les tous meilleurs sprinters, Kristoff n’a pas non plus volé son succès à Saint-Etienne. Le Norvégien avait auparavant terminé deuxième à deux reprises en début de Tour. Il a ainsi prouvé qu’il pouvait décrocher un autre bouquet d’ici Paris. Ce dimanche, à condition qu’une échappée n’aille pas au bout, l’étape de Nîmes lui convient bien. Par sa longue distance (222 km). Par son faux-plat montant au début du dernier kilomètre. Troisième du classement du meilleur sprinter, Kristoff (172 points) peut aussi lorgner sur la seconde place de Bryan Coquard (191). Pas plus. Le maillot vert Peter Sagan étant intouchable (38).

Alexander Kristoff (Katusha) devance Peter Sagan à l'arrivée de la 12e étape du Tour de France, à Saint-Etienne

Alexander Kristoff (Katusha) devance Peter Sagan à l'arrivée de la 12e étape du Tour de France, à Saint-EtiennePanoramic

Bryan Coquard (Europcar)

Comment s’est-il débrouillé dans les Vosges et les Alpes ? Bénéficiant d’un gabarit léger (1,69m, 58kg), Bryan Coquard a parfaitement rempli son objectif : rentrer dans les délais. Il a même fait mieux que ça en terminant près de quatre minutes devant le gruppetto à la Planche des Belles Filles. Un comportement prometteur, dans la lignée d’un début de Tour où il s’est montré très régulier (cinq fois dans le top 8).

Que peut-il encore viser d’ici Paris ? Une victoire lors d’un sprint massif semble encore prématurée. Même s’il affirme ne pas faire de complexe face aux colosses Kittel et Greipel, la vélocité du Français de 22 ans ne peut rivaliser avec la puissance des tout meilleurs. Cela ne tardera pas à venir. En attendant, le vice-champion olympique de l’omnium doit penser à conserver sa deuxième place au classement du meilleur sprinter. Une position plus qu’honorable et synonyme de 15 000 euros de prime à l’arrivée. Et on ne sait jamais : en cas de castastrophe pour Peter Sagan – ce qu’on ne lui souhaite pas – Bryan Coquard serait ainsi en vert aux Champs-Elysées.

Bryan Coquard - Europcar - 2014

Bryan Coquard - Europcar - 2014AFP

André Greipel (Lotto-Belisol)

Comment s’est-il débrouillé dans les Vosges et les Alpes ? Le "Gorille" et ses mollets à faire frémir tout culturiste a souffert comme tous les autres dans les cols. Voire un peu plus que certains dans l’étape de Risoul où il s’est fait décramponner dès les premiers kilomètres alors que la bataille faisait rage à l’avant pour l’échappée. L’Allemand de 32 ans ne s’est pas affolé et est revenu une fois le peloton calmé. L’Allemand sait gérer les coups de moins bien. Il a rallié Paris lors des trois dernières éditions.

Que peut-il encore viser d’ici Paris ? Le champion d’Allemagne veut encore des victoires. Il en a déjà remporté une, comme lors des trois dernières éditions, mais est amer depuis Saint-Etienne. Victime d’un accrochage avec Sylvain Chavanel (IAM), il n’avait pu disputer un sprint qui lui était promis. L’Allemand a trois occasions pour se racheter. Troisième en 2011, deuxième l’an passé, Greipel doit viser la gagne aux Champs-Elysées.

Andre Greipel lève les bras à Reims pour la 6e fois de sa carrière sur le Tour

Andre Greipel lève les bras à Reims pour la 6e fois de sa carrière sur le TourAFP

Julien CHESNAIS et François-Xavier RALLET

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