Un champion chez les juniors

Comme beaucoup de Français, Blel Kadri a brillé chez les jeunes, des cadets aux espoirs. Déjà vice-champion de France cadets en 2002, le Toulousain a ensuite réalisé une année 2004 de haut vol au niveau supérieur, faisant de lui l’un de plus grands espoirs tricolores. "A l'époque, il était plus fort. Il pouvait grimper pour gagner au sommet, rouler pour remporter des chronos. Il savait tout faire, explique Thomas Bonnin, son équipier chez les amateurs et les espoirs et un de ses proches amis. C'est un vrai polyvalent, un peu comme Sylvain Chavanel". Victorieux du Tour de Lorraine et du Tour de Basse-Saxe juniors, alors épreuves de la Coupe du monde UCI juniors dont Kadri terminera 3e cette année-là. Derrière des coureurs comme Roman Kreuziguer et Simon Spilak, excusez du peu.
Le Toulousain est alors un des piliers de l'équipe de France de la catégorie. De quoi forcément attisez les espoirs avant son passage chez les pros. Surtout après sa deuxième place sur la Ronde de l'Isard en 2008, dont il a gagné la deuxième étape. "Il devait travailler pour me protéger en théorie, raconte son équipier d'alors et ami Thomas Bonnin. Mais il était tellement fort que sur l'arrivée au sommet, il a mis tout le monde à l'amende". Un succès qui lui a ouvert les portes d'un contrat stagiaire chez AG2R La Mondiale, signé le mois suivant.
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Une trajectoire vers le vélo loin d’être toute tracée

Si pour Tony Gallopin ou Sylvain Chavanel, le cyclisme est le sport familial, Blel Kadri est une belle exception. Chez lui en efffet, le vélo n’a jamais été le sport le plus suivi. "Beaucoup de coureurs disent être venus au vélo grâce au Tour. Leurs parents ou leurs grands-parents les emmenaient voir la course quand ils étaient petits", raconte-il avant d’avouer : "Moi, ma mère ne regardait même pas le Tour à la télé…" Mais cela ne l’a pas empêché de débuter par du VTT d’abord entre copains avant d’intégrer le club de son meilleur ami puis l'Albi Vélo Sport en 2007. Vincent Lavenu, très présent à l’époque pour lui offrir des aides matérielles, ne doit pas regretter son intervention. Surtout pour un coureur si apprécié au sein de l'équipe française. "C'est un super gars, toujours collectif, collectif, collectif. Combien de fois il s'est sacrifié pour des leaders, pour des copains...", souligne le directeur sportif Julien Jurdie. Mais ce samedi, c'est en solitaire que Blel Kadri s'est offert la gloire du Tour de France.

Etape 2 : Blel Kadri a fait un numéro dans la deuxième étape du Tour 2014

Crédit: AFP

Il échangerait sa victoire sur le Tour avec un titre de champion de France

Avec une victoire sur le Tour de France, qui plus est sur une étape aussi difficile que le huitième volet de cette grande Boucle 2014, Blel Kadri a sans aucun doute possible remporté la plus belle victoire de sa carrière. Cependant, le Toulousain rêve depuis ses débuts dans le cyclisme d’un autre succès, pas forcément aussi prestigieux mais qui lui est plus cher : le titre de champion de France. Passé tout près chez les cadets (2e en 2002), chez les juniors (2e en 2004), chez les espoirs (3e en 2007) et chez les amateurs (3e en 2008), le coureur AG2R La Mondiale n’est encore jamais parvenu à accrocher un top 10 chez les professionnels. A 27 ans, le Toulousain a encore plusieurs éditions devant lui pour décrocher son rêve.

L’empereur de Rome oublié

Jusqu’à son succès ce samedi à Gérardmer sur le Tour de France, Blel Kadri n’avait connu le succès qu’à deux reprises chez les professionnels : sur la Route du Sud en 2010 (2e étape) et sur la Roma Maxima en 2013. Cette dernière reste sans doute comme l’une des victoires les plus héroîques mais aussi l’une des plus bizarres que l’on ait vu ces dernières années. Echappé depuis le départ, le Toulousain s’isole en tête dans la descente du Campi di Annibale et résiste jusqu’au bout au retour du peloton.
"C'était la première édition de la Roma Maxima et tous les gros étaient là. Mais c'est exactement le genre de Blel de partir comme ça", raconte Thomas Bonnin. Pourtant, à 5km de la ligne, avec 25 secondes d'avance, la messe semblait dite. Mais le peloton n’a jamais comblé l’écart et le deuxième, Filippo Pozzato (alors chez Lampre-Merida), a levé les bras en passant la ligne. Et pour cause. Le peloton n’a jamais été informé de la présence de Kadri devant et avait pensé, en reprenant ses compagnons d’échappés, avoir repris tout le monde. Un oubli dont a bien profité le coureur AG2R La Mondiale.

Un éternel "Babi", fan d‘Hinault

"Chez les amateurs et à Albi (son club de 2007 à 2009), on l'appelait tous Kadrix, en référence aux gaulois dans Astérix et Obélix, avoue son ancien coéquipier Thomas Bonnin. C'est venu comme ça, un jour on s'est tous mis à lui donner ce surnom et c'était parti". Et à son arrivée au sein de l’équipe AG2R La Mondiale à l’été 2008 comme stagiaire, Blel Kadri n’a pu là non plus échapper au traditionnel surnom. Au cours d'une interview, il avait avoué que ce sont les mécanos qui le lui ont trouvé : "Babi". Alors âgé de 21 ans tout juste, le Toulousain faisait figure de jeunot de l’équipe. Difficile vu son prénom (Blel) cependant de ne pas également penser à une référence au Babibel. Mais, depuis, ce surnom lui est resté.  A 27 ans, celui qui ne jurait que par Bernard Hinault dans sa jeunesse n’a plus rien d’un jeunot. Et sa victoire ce samedi l’a bien montré.
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