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Braquet, Glières, Colombière : nos conseils pour bien finir votre Etape du Tour
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Publié 06/07/2018 à 10:39 GMT+2
C’est l’été, l’heure du Tour mais aussi votre heure à vous, vous qui vous apprêtez à disputer une grande cyclosportive, comme l’Etape du Tour, ce dimanche 8 juillet, entre Annecy et le Grand Bornand. On vous donne des tuyaux pour réussir votre journée. Dans notre second volée, focus sur le Plateau des Glières et le final extrême par-delà Romme et la Colombière.
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Crédit: Eurosport
L’Etape du Tour est une cyclosportive mondialement connue, créé en 1993 par Vélo Magazine, qui emprunte le parcours d’une étape du Tour de France, quelques jours avant le passage des pros. Cette année, c’est sur le tracé de la 10e étape de la Grande Boucle (169 kilomètres), entre Annecy et Le Grand Bornand, que plus de 15 000 participants en découdront.
Notre journaliste Julien Chesnais, qui a pris part à L'Etape du Tour l'an dernier, vous dit tout ce qu'il faut savoir, en compagnie de Nicolas Roux, double vainqueur de l’épreuve en 2012 et 2013, et Sébastien Jacquet, journaliste chez Vélo Magazine qui couvre l’évènement depuis 2007. Conseils précieux, transposables sur toute cyclosportive.
Les Glières : méthode pour dompter "ces rampes de garage"
Après avoir gravi le col de la Croix-Fry (11,3km à 7%), il faudra se farcir la Montée du Plateau des Glières, au kilomètre 76. Cette deuxième difficulté est la plus redoutable sur le papier. Une nouveauté assez terrifiante de 6 kilomètres à 11,2%. Une atrocité. "C’est moins long qu’un Joux Plane ou un Mont du Chat. Mais c’est plus dur, estime Sébastien Jacquet, qui a fait la reconnaissance du parcours début juin. On est vraiment sur des rampes de garage."
Pour le braquet, il faudra donc avoir de quoi mettre petit. Très petit même. "Il faut un minimum de 34x28 (34 dents pour le petit plateau, 28 dents sur le pignon en haut de la cassette), poursuit Sébastien Jacquet, qui, avec 6000 kilomètres au compteur cette année, a opté pour un 36x28. Après, tout dépend du niveau que l’on a. Pour un coursier (ou quelqu’un qui roule au moins trois fois par semaine), un 34x28 peut suffire. Pour les moins entraînés on peut monter une cassette avec des grandes dentures, du 30 voire du 32."
Nicolas Roux préconise aussi la prudence : "Les Glières, c’est très dur, mais c’est aussi très étroit. Il y aura tellement de monde que l’on peut se retrouver bloqué. Il y aura des gens qui s’arrêteront au milieu de la route, pousseront leur vélo. Si tu as un braquet qui te permet de mouliner, tu peux arriver à zigzaguer. Alors qu’avec un gros braquet, tu risques de buter dans la pente, et même de t’arrêter. Il vaut mieux jouer la sécurité et ne pas trop solliciter la musculature. Il faut garder de la fraîcheur pour la suite du parcours. J’ai des copains qui roulent tous les dimanches. Ils vont mettre un 34x32. Ma femme mettra même un 34x34." Nicolas Roux, qui fait partie des meilleurs cyclosportifs de France et jouera la victoire, aura lui un 39x28. Un braquet que l’on devrait retrouver chez certains sur le Tour.
Le piège à éviter selon Sébastien Jacquet : "Il y a un petit replat après 4km. Ca dure bien 200m et quand tu ne connais pas, tu peux croire que t’es arrivé au plateau. Il ne faut surtout pas vouloir relancer l’allure, mais plutôt se refaire la cerise. Car derrière, t’as une ligne droite à 13% qui t’attend pendant une borne et demi. Ca te tue."
Comment se sortir indemne des chemins de terre
C’est la particularité de cette Etape du Tour. On bascule dans une autre époque, presque un autre sport, au sommet des Glières. Avant d’atteindre la descente, il faut traverser un plateau de deux kilomètres… sur des chemins de terre. Faut-ils s’en faire une montagne ? "Oui et non, répond Sébastien Jacquet. Il y a des graviers, de la petite pierre. Et un peu de sable aussi, sans non plus que tu es l’impression de t’enfoncer comme sur une plage. La première partie est en légère descente, et si tu choisis mal ta trajectoire, ta roue peut venir taper sur un gros caillou. Ca peut pincer le pneu, voire carrément l’éclater. Faut essayer de choisir au mieux la trajectoire, de regarder un peu plus loin, ce qui n’est pas forcément évident quand il y a du monde. Mais sinon, ça reste assez roulant. Il n’y a pas de gros piège."
"Il faut en garder un peu dans la montée pour arriver lucide sur cette partie, conseille Nicolas Roux. Pour la bonne trajectoire, ça se fait à l’oeil. Mais pour y être passé plusieurs fois, j’ai quand même beaucoup utilisé les bords en fin de compte.".
Les chemins, ça change quoi pour le matériel ?
- Sébastien Jacquet : "Pour moi rien du tout, c’est une petite portion de gravel, ça passe ou ça casse. Après, c’est sûr que ne vais pas prendre de boyaux. En pneus, si tu crèves, tu as au moins une solution. Je ne vais pas ajuster ma pression de pneus, mais pour ceux qui craignent vraiment de pincer, on peut descendre la pression d’une demi-barre. Mais bon, est-ce que ça vaut vraiment le coup pour une portion de 2 kilomètres sur un parcours de 169 ? Je ne pense pas."
Nicolas Roux : "Je ne vais pas ajuster la pression. Je roule en tubeless (système de pneu sans chambre à air, plus résistant à la crevaison) en section 25mm depuis cette année. Ca tombe plutôt bien pour l’Etape du Tour puisque ça permet d’avoir une pression moindre (5,5 pour lui), un confort plus important et une meilleure accroche meilleure sur la route."
Pas de chamboulement à prévoir côté matos donc. Mais, il faudra peut-être envisager un kit anti-crevaison un peu plus fourni. Au lieu d’une chambre à air, prenez-en deux pour être à l'abri. C’est ce que fera Sébastien Jacquet. En complément, une bombe anti-crevaison n’est pas une mauvaise idée. Sinon, en cas de souci majeur, une zone d’assistance mécanique est prévue à la sortie des chemins, au niveau de la zone de ravitaillement. Des voitures d’assistance Mavic sont également présentes sur la course. Mais plutôt prévues sur la tête de course.
Ravito, comment ne pas tomber en rade
Sur une cyclosportive, pas de ravitaillement possible via une voiture présente sur la course. Il faut se débrouiller seul. Heureusement, des zones pour boire et manger sont prévus tout au long du parcours. "Je ferai sans doute deux arrêts, prévoit Sébastien Jacquet. Mon conseil est de toujours avoir deux bidons remplis au pied des ascensions." Quitte à s’alourdir un peu. "Moi, je ne m’arrêterai pas, explique de son côté Nicolas Roux, qui devrait boucler les 169 kilomètres en un plus de 5h, soit deux heures de moins que la moyenne. J’ai quelqu’un, sur le parcours, qui devrait pouvoir me passer un bidon." Côté "bouffe", il partira les poches pleines (barres, gels énergétiques, compotes et pâtes de fruit).
Avant la vallée, faire l’effort pour ne pas être seul
Après le Plateau des Glières, il y a une cinquantaine de kilomètres jusqu’au pied du col de Romme. Quasiment tout en descente et en vallée. C’est le moment de se refaire la cerise. Mais pour ceux animés par un esprit de compétition, il faut à tout prix éviter d’être seul. "Si vous un petit groupe en ligne de mire, il faut faire l’effort à ce moment-là, conseille Nicolas Roux Car sinon, vous dépenserez beaucoup trop d’énergie à rouler seul dans la vallée."
Romme et la Colombière, un final extrême
Pour finir cet Etape du Tour, l’enchaînement des cols de Romme (8,8km à 8,9%) et de la Colombière (7,5km à 8,5%) va faire extrêmement mal. Ce ne sont pas les plus connus des Alpes. Mais ils n’en restent pas moins redoutables. "Pour en avoir discuté avec Franck Schleck (ambassadeur Mavic comme lui), le plus dur, c’est là. En 30 kilomètres, on fait la moitié du dénivelé de toute l’étape (4017m au total). Je conseille vraiment aux gens d’en garder sous la pédale pour la fin. Je pense qu’il y aura énormément d’abandons. Peut-être la moitié des participants."
"Pour moi, le but c’est d’arriver le plus frais possible au pied de Romme, qui va être un enfer pour tout le monde, juge également Sébastien Jacquet. L’idée, dans l’absolu, c’est de bien gérer ce col avant de tout lâcher dans les six derniers kilomètre de la Colombière.”
On peut considérer que l’arrivée se trouver au sommet de cette dernière, puisqu’il ne restera ensuite que 12 kilomètres de descente, très agréables et peu techniques, pour plonger vers l’arrivée au Grand-Bornand. "Les trois derniers kilomètres de la Colombière, c’est un chantier, avertit Nicolas Roux. Ca finit à 11 %, on est plein cagnard sous les rochers, la température peut grimper à 40 degrés. S’il fait chaud comme le week-end dernier, il y aura un paquets de coureurs en déroute. Pour moi, c’est peut-être l’étape du Tour la plus dure que j’ai faite." Un sacré morceau de bravoure en perspective.
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