Getty Images

Les débats du Tour : Que peut-on attendre de la Côte de la Croix Neuve ?

Les débats du Tour : Que peut-on attendre de la Côte de la Croix Neuve ?
Par Eurosport

Le 21/07/2018 à 11:04

TOUR DE FRANCE - Chaque jour, trois questions sont posées à deux membres de la rédaction. Chacun donne son point de vue et vous invite à prendre part à la discussion. Au menu : la côte de la Croix Neuve, les baroudeurs et un certain Peter Sagan.

Eurosport Player: Suivez la compétition en live vidéo

Voir sur Eurosport

Jusqu'où peut aller Peter Sagan ?

François-Xavier Rallet

Depuis deux semaines, le maillot vert voit la vie en rose. Après les 2e et 5e étapes, le Slovaque a ajouté le 13e opus à son tableau de chasse. Trois succès sur une même édition, c'est son record (comme en 2012 et en 2016). Ce qui est assez fou, c'est que Sagan, toujours bien placé et toujours calé dans la bonne roue, doit se débrouiller seul dans les arrivées massives. Ce qui rend ses performances encore plus impressionnantes.

Peut-il faire encore mieux ? Je le pense. Sa récolte n'est peut-être pas finie. Si on regarde le parcours, il lui reste a minima deux occasions de faire gonfler son palmarès sur des sprints : à Pau (18e étape) et sur les Champs-Elysées, performance qu'il n'a jamais réalisée même s'il n'était pas passé loin d'y parvenir en 2016 (battu d'un souffle par Greipel). Sauf accident dans les Pyrénées, le 6e maillot vert est d'ores et déjà acquis même si mathématiquement ce n'est pas encore fait. Six comme le record de la légende Erik Zabel. Fort.

Vidéo - Sagan : "Si quelqu'un est plus rapide, je ne me plaindrais pas"

01:10

Julien Chesnais

Encore très loin. Le maillot vert étant déjà plié, parlons seulement des victoires d'étapes. En s'imposant à Valence, le Slovaque a déjà égalé son record de trois succès sur un même Tour de France. Avec Pau et les Champs-Elyseés à l'horizon, Il peut légitimement envisager la passe de cinq, une barre que seuls Kittel (2014) et Cavendish (six en 2009, cinq en 1010 et 2011) ont atteint depuis le début du siècle. Tous Tours confondus, il est en à onze succès.

Ces deux succès potentiels à Pau et Paris lui permettraient de dépasser un sacré lot de légendes (12 pour Zabel, Trousselier, McEwen, Indurain, Cipollin et Bartali) et d'arriver à hauteur du Belge Thys. Peut-il rejoindre dès cette année Kittel (14) voire Maertens (15) ? Si les trois étapes pyrénéennes sont assurément trop dures pour le triple champion du monde, il ne faut rien exclure jeudi à Mende et vendredi à Carcassonne.

Que peut-on attendre de la Côte de la Croix Neuve samedi ?

François-Xavier Rallet

Autrement dit, y-aura-t-il des écarts à l'arrivée de la 14e étape, jugée au sommet de l'ultime difficulté du jour ? Si j'espère évidemment une lutte entre les favoris, je ne les imagine pas en découdre. Si la difficulté de la Côte de la Croix Neuve peut s'y prêter (3km à 10,2% de moyenne), l'histoire récente a montré que les candidats au classement général ne parvenaient pas à créer des écarts.

Après un triptyque alpestre qui a forcément laissé des traces, les hommes forts s'attendent à vivre de nouveau l'enfer dans les Pyrénées. Auront-ils envie de gaspiller des forces dans ces étapes de transition ? Difficile de l'imaginer. Mais certains, comme Romain Bardet, ont tout intérêt à tenter des choses pour grignoter des secondes qu'ils seront incapables de récupérer lors du chrono d'Espelette en fin de semaine prochaine. Et puis Mende, ça parle forcément au Français, passé tout proche de la victoire en 2015. D'ailleurs, cette année-là, Quintana avait tenté de mettre à mal la domination de Chris Froome. Sans y parvenir.

Julien Chesnais

Trois kilomètres à 10,1%. Et quelques passages encore plus raides encore. Courte et très raide, la montée finale vers l'aéroport de Mende, suivi d'un dernier kilomètre tout plat jusqu'à l'arrivée, est toujours un moment intense sur le Tour. Je m'attends encore à du spectacle, que ce soit pour la victoire d'étape entre baroudeurs (vainqueurs ici trois fois sur quatre) ou pour les favoris. Mais y aura-t-il des écarts entre ces derniers ? Je n'y crois guère.

Les précédents à Mende ne vont pas dans ce sens. En 1995, Riis, Indurain et Pantani s'étaient classés dans le même temps. Pareil pour Evans, Armstrong, Basso et Ulrich en 2005. Et lors des deux fois suivantes (2010 et 2015), tous les top cadors se sont tenus en une poignée de secondes. Bilan de ces quatre expériences : le temps maximal perdu par un coureur monté ensuite sur le podium à Paris est de 17'' (Zulle en 1995). Bref, sur le papier, ce sera beau. Mais sans réel impact sur le général. En revanche, un signe de faiblesse peut augurer une vraie défaillance dans les Pyrénées, qui arrivent dans la foulée. Davantage que le chrono, ce sont peut-être les visages qu'il faudra scruter dans la Croix-Neuve.

Vidéo - Le profil de la 14e étape : Une explication dans la Croix Neuve ?

01:18

Sur quel baroudeur doit-on miser lors de la 14e étape ?

François-Xavier Rallet

Si j'étais contraint de mettre toutes mes économies sur un coureur, je les mettrais sur Julian Alaphilippe. J'aimerais beaucoup le voir tenter sa chance ce week-end. Le profil des deux étapes qui arrivent devraient d'ailleurs correspondre aux qualités du virevoltant Tricolore de la Quick Step. C'est d'ailleurs lui qui l'a confié au micro des Rois de la Pédale après cette 13e étape. Celui qui s'est imposé au Grand-Bornand mardi dernier n'est pas rassasié et c'est une très bonne nouvelle pour le spectacle. Ce samedi, Alaphilippe voudra aussi sûrement conforter son maillot à pois. Entre Saint-Paul-Trois Châteaux et Mende, il y aura tout de même 13 points à distribuer. Soit un de moins que l'écart qui le sépare de son dauphin au classement de la montagne, Warren Barguil (84 contre 70), qu'on pourrait voir à l'attaque lui aussi.

Vidéo - Alaphilippe à l'attaque ce week-end ? Il y a fort à parier

01:13

Julien Chesnais

Parier sur un baroudeur, c'est un peu de la loterie. Alors, petit bras, je joue sur quatre numéros. D'abord je vois mal Warren Barguil et Thomas De Gendt manquer l'échappée, et ces deux-là auront de sérieux arguments à faire valoir dans le final, dans un style bien différent. Je garderai un œil également sur Simon Geschke. S'il a carte blanche, et vu sa forme affichée sur l'Alpe d'Huez, ça pourrait faire mal. Enfin, Alejandro Valverde. Certes, il est encore 12e du général. Mais ses neuf minutes de retard au général peuvent lui accorder le droit à un petit bon de sortie. Et sur une arrivée pareille…

0
0