Les débats du Tour : Une échappée ira-t-elle enfin au bout mercredi ?

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TOUR DE FRANCE - Chaque jour, trois questions sont posées à deux membres de la rédaction. Chacun donne son point de vue et vous invite à prendre part à la discussion. Ce mardi, il est question de sprint et d'échappée...

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Une échappée ira-t-elle enfin au bout mercredi ?

François-Xavier Rallet
Le profil s'y prête en tout cas. Jusqu'à présent, chaque tentative s'est soldée par un échec mais ce mercredi va proposer un parcours susceptible de répondre aux attentes des baroudeurs. Avec cinq difficultés au programme du jour, il y aura quelques points à aller glaner pour le classement de la montagne. Ce qui devrait donner des idées à certains. Reste maintenant à savoir si la BMC va vouloir à défendre à tout prix son leadership au général et si les équipes de sprinteurs voudront dépenser de l'énergie alors que se profile l'étape de Mûr-de-Bretagne jeudi. Les neuf premiers jours sont propices à des arrivées massives mais si je devais choisir un final sans sprint, ce serait cette étape de mercredi.
Julien Chesnais
Oui, probablement. Cette étape très vallonnée entre le Morbihan et le Finistère, avec une petite arrivée en bosse (1km à 4,8%), est clairement la première belle opportunité pour les baroudeurs. C'est même peut-être la seule de la première moitié du Tour. Alors, il risque d'y avoir du monde au portillon et je pense que l'échappée va (enfin) avoir un mal fou à sortir en début d'étape. Ses chances d'aller au bout dépendront principalement de sa composition. Si un homme est bien placé au classement général, la BMC de Porte et Van Avermaet laissera-t-elle filer ? Rien n'est moins sûr. Avant le départ en Vendée, Stefan Kung expliquait tout l'intérêt de posséder le maillot jaune, que ça permettait de rouler devant, et d'éviter ainsi les chutes. L'équipe américaine voudra s'accrocher à son bien. Pour aller au bout, l'échappée ne devra donc pas être un danger pour elle.

Les favoris ont-ils plus de chances d'en découdre mercredi ou jeudi ?

François-Xavier Rallet
Sur le papier, l'étape de mercredi a tout ce qu'il faut pour permettre à une échappée d'aller au bout. Mais quid de la lutte pour le classement général ? Personnellement, j'ai du mal à imaginer les favoris s'attaquer entre Lorient et Quimper. Il y aura peut-être des velléités d'en découdre chez les candidats au général. Mais le parcours ne me semble pas assez compliqué pour créer de vraies différences, même si le profil vallonné pourrait donner des idées à certains. Pour résumer, s'il doit y avoir bagarre, celle-ci aura lieu plutôt jeudi que mercredi avec la double ascension de Mûr-de-Bretagne.
Julien Chesnais
Au premier regard, c'est clairement jeudi. Le Mûr-de-Bretagne, théâtre de l'arrivée de la 6e étape, a la carrure pour accueillir une belle explication (2km à 7%). Elle sera gravie une première fois à 16 kilomètres du but, ce qui corsera évidemment le final. La bataille sera belle et inévitable. Les favoris ont donc tout intérêt à s'économiser la veille. Néanmoins, il sera bien imprudent de baisser la garde mercredi : les 100 derniers kilomètres ne font que monter et descendre, avec cinq ascensions répertoriées et davantage encore de petites bosses qui piqueront bien les jambes. Si Romain Bardet a reconnu le final de cette étape en avril, ce n'est pas pour rien. Il y a matière à surprendre. Et donc à voir un peu de bagarre.

Quel sprinteur a le plus déçu depuis samedi ?

François-Xavier Rallet
Mark Cavendish. Mais en écrivant le nom du Britannique, je vous avoue avoir l'impression de tirer un peu sur l'ambulance. Au début du Tour, j'ai écrit un article sur l'objectif de l'ancien champion du monde d'égaler Eddy Merckx et ses 34 victoires d'étapes sur le Tour. Au vu des trois premières arrivées au sprint, j'ai de plus en plus de doutes sur la capacité de Cavendish à en glaner simplement une 31e sur cette 105e édition. Ses déclarations d'avant-Tour ne sont d'ailleurs pas très rassurantes.
"Depuis l'année dernière et ce sprint avec Sagan (le Slovaque avait envoyé valdinguer Cavendish dans les barrières), j'ai peur. Je n'avais jamais eu peur avant", avouait la fusée de Dimension Data à L'Equipe fin juin. Des paroles qui n'augurent rien de bon. J'espère me tromper mais j'ai beaucoup de mal à imaginer Cavendish en claquer une d'ici les Champs-Elysées.
Julien Chesnais
Arnaud Démare. Parce qu'il avait remporté la dernière répétition des sprinteurs d'avant juillet, sur le Tour de Suisse, le Français pouvait se rêver triomphant en ce début de Grande Boucle. Voire en jaune à l'issue de la 1re étape. Mais après trois sprints, le bilan est très decevant. Certes, samedi, c'était la faute à pas de chance, avec cette chute qui l'a privé du sprint à dix kilomètres de l'arrivée. Mais dimanche et mardi, on ne peut pas en dire autant. A la Roche-sur-Yon, il a raté son coup en lançant son effort de trop loin. A l'arrivée, sa satisfaction concernant sa 3e place m'avait pour le moins surpris.
Quand on est un sprinteur de sa trempe, et qu'on a déjà goûté le bonheur d'une victoire sur le Tour, comment peut-on se "satisfaire" d'être 3e ? Peut-être se sent-il diminué. Au départ de la 2e étape, il disait avoir la cheville endolorie, conséquence des coureurs qui lui étaient rentrés dedans la veille. A Sarzeau, sur une arrivée en faux-plat montant taillée pour lui, Démare n'a pas su relever la tête, 11e en étant enfermé dans l'emballage.
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