Manque de sucre, maux de tête : Bardet a vécu une "terrible défaillance"

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TOUR DE FRANCE – Malgré une prise de risque évidente en bas de l'avant-dernière ascension, Romain Bardet n'a pas été en mesure de renverser la hiérarchie actuelle. Pis, le Français a été décramponné en fin d'étape et a perdu beaucoup de temps sur ses adversaires. La victoire finale s’est envolée pour de bon.

Crédit: Getty Images

"Il faut simplement accepter le sort, accepter aussi que les adversaires étaient plus forts et qu'aujourd'hui Romain n'était pas bien. C'est le sport de haut niveau." Fataliste, Vincent Lavenu avait la mine des mauvais jours au micro d'Eurosport quelques minutes après la victoire de Nairo Quintana au sommet du Col du Portet. Ce mercredi, son leader Romain Bardet a vécu l'enfer dans l'ascension finale de cette 17e étape. Arrivé très loin des meilleurs, le Français a chuté au général. Il n'y aura donc pas de troisième podium consécutif après ceux de 2016 (2e) et 2017 (3e).
"C'était une journée terrible, c'est malheureux mais c'est la loi du sport", a confirmé, au bord des larmes, l'un des deux perdants du jour avec Chris Froome. Décramponné à un peu moins de six kilomètres de la ligne, Bardet a concédé beaucoup trop de temps pour ne pas tirer un trait sur la victoire finale. Repoussé à 5'13" du maillot jaune, le leader des Terre et Ciel aura même du mal à se remotiver pour aller chercher cette "boîte" à laquelle il s'est habitué depuis deux ans, et combler les 2'42" qui le séparent de la troisième place provisoire de Froome.
Ce mercredi, Bardet a pourtant "fait le maximum" pour bouleverser la hiérarchie, pour malmener un Team Sky qui comptait encore six éléments en bas du Col du Portet. Après avoir demandé à Silvan Dillier et Mathias Frank d'imprimer leur propre tempo dès les premiers mètres de l'avant-dernière ascension, après avoir bénéficié de l'énergie du vaillant Pierre Latour sur près de trois kilomètres, le Français n'a pas pu faire fructifier les efforts des rares lieutenants qui restaient près de lui. Et puis, on a surtout compris que Bardet, le visage marqué, vivait un jour sans. "J'avais de bonnes jambes jusque dans l'ascension finale et puis j'ai eu une terrible défaillance", confirme le principal intéressé.
Une fringale qui a eu raison de sa volonté de renverser la table. "J'ai eu un gros manque de sucre, j'ai commencé à avoir des maux de tête et j'étais alors incapable d'accélérer, explique-t-il. C'est dur à accepter, on passe des mois à se préparer mais c'est comme ça..." Son manager se glisse dans son sillon : "Tout a été fait pour que Romain brille sur ce Tour de France. Il y avait une attente importante de la part du public et des journalistes qui était bien légitime, avoue Lavenu. Je crois que Romain a fait tout ce qu'il pouvait faire pour ça. Malheureusement, ce Tour de France n'a pas bien fonctionné."
Il est vrai qu'AG2R La Mondiale n'a pas été épargnée par les pépins depuis le début de l'épreuve. Les abandons précoces d'Axel Domont (4e étape), Alexis Vuillermoz (10e étape) et Tony Gallopin (12e étape) n'ont pas aidé la cause de Bardet. Que peut-il encore aller chercher ? Une victoire d'étape, vendredi, dans l'ultime étape de haute montagne ? "Romain a une capacité de rebondir très vite. Je pense qu'il va repartir sur de nouveaux objectifs, avance Lavenu. On va essayer jusqu'au bout."
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