Tour de France - Peter Sagan : "Une journée parfaite, on peut dire ça"

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TOUR DE FRANCE 2018 – Un vrai festin pour Peter Sagan. Vainqueur de la 2e étape dimanche, le Slovaque a également raflé le maillot jaune et le maillot vert. Un retour au premier plan radical sur la Grande Boucle, un an après son exclusion précoce sur l'édition 2017. Et une journée historique pour la jeune équipe Bora-Hansgrohe, qui n'avait encore jamais goûté au maillot jaune.

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Bilan de ce premier week-end du Tour de France pour Peter Sagan : une victoire d'étape, le maillot jaune et le maillot vert. "C'est un bon début", a souri le champion du monde. Un démarrage en trombe pour le triple champion du monde, à peine frustré par sa deuxième place samedi derrière Fernando Gaviria. "Ce n'est que le début du Tour de France, j'ai de bonnes jambes et l'arrivée convenait bien aux purs sprinters", avait-il dit à Fontenay-le-Comte, comme pour prendre date. Vingt-quatre heures plus tard, à La Roche-sur-Yon, le Slovaque a mis à profit l'arrivée en léger faux-plat montant pour décrocher son premier bouquet.
"J'ai attendu jusqu'au dernier moment pour lancer mon sprint", a expliqué le vainqueur, qui s'est calé dans la roue d'Arnaud Démare avant de résister au retour de Sonny Colbrelli. "J'ai eu un peu de chance que Colbrelli ne me saute pas sur la ligne, admet "Peto". Ça s'est joué à rien au final." C'est son neuvième succès sur les routes du Tour de France. Autant, par exemple, que Laurent Fignon ou, pour évoquer un autre as du maillot vert, Djamolidine Abdoujaparov. Plus de la moitié de ces victoires ont été obtenues avec le maillot arc-en-ciel sur le dos, et, dans ce domaine, Sagan est désormais l'égal d'un Bernard Hinault.
Il n'aura pas tardé à prendre une douce revanche, lui qui avait été exclu du Tour l'an dernier dès la 4e étape pour avoir flanqué Mark Cavendish par terre à Vittel. "Ce qui est arrivé l'an dernier, c'est du passé pour moi. Je suis vraiment de retour", a-t-il dit dimanche. Entre sa peluche, son maillot jaune et son maillot vert, il a quoi qu'il advienne par la suite déjà de quoi compléter sa belle collection.
Mais Sagan n'est pas fétichiste. Ces sucreries-là, il préfère les distribuer. "Je veux juste garder au moins un maillot distinctif par an, explique-t-il. Les autres, je veux bien les distribuer. Les peluches, il y en a une que je donne à mon fils (NDLR : Marlon, à qui il a dédié sa victoire). Mes maillots jaunes, je n'en ai pas beaucoup. Ma priorité première, c'est de gagner les étapes et après je mettrai dans mon musée tout ce que je gagne."
Pour ses équipiers aussi, il pourra prévoir quelques cadeaux. Toute l'équipe Bora-Hansgrohe a magistralement œuvré sur les routes de Vendée. "L'équipe a été brillante aujourd'hui, a souligné Marcus Burghardt. Dans les 50 derniers kilomètres, tout le monde a super bien travaillé, et ce fou de Peter a parfaitement fini le job." Le tout dit affectueusement, bien sûr. Mais le fêlé slovaque sait ce qu'il doit à ses hommes. "Je veux vraiment les remercier", a-t-il dit. Si la victoire a presque quelque chose de routinière pour lui, pour Bora, c'est "un jour historique" comme l'a rappelé le manager Ralph Denk après ce tout premier maillot jaune pour sa formation.

Ephémère maillot jaune ?

Pour Peter Sagan aussi, elle restera tout de même spéciale, cette victoire. Son père était présent en Vendée, tout comme un bon nombre de ses amis venus de Zilina, sa ville natale. "Une journée parfaite, on peut dire ça", glisse le nouveau maillot jaune. Nouveau, et éphémère ? Lundi, le contre-la-montre par équipes va rebattre les cartes. "On va déjà fêter un peu cette victoire ce soir (dimanche soir, NDLR) et on verra pour la suite", tempère Burghardt.
Peter Sagan aimerait prolonger le plaisir un peu plus que 24 heures, d'autant que le chrono par équipes n'est pas le contexte idéal pour savourer à fond un maillot jaune, qu'il ne portera en course que quelques dizaines de minutes à peine. Mais il sait qu'il n'a pas vocation à durer dans ce rôle. Et le maillot jaune n'est de toute façon pas l'alpha et l'omega de l'horizon saganien.
Pour lui, rien ne remplace une grande victoire. "Comparer la victoire à Paris-Roubaix et le maillot jaune sur le Tour de France, c'est impossible, relève-t-il. Je n'y arrive pas. Si je pouvais garder le maillot jaune jusqu'à Paris, ce serait peut-être similaire mais le pavé que j'ai gagné à Paris-Roubaix, personne ne peut me le prendre."
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