Team Sky : Entre Thomas et Froome, il n'y a même plus débat

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TOUR DE FRANCE – Chez Sky, c'est la fin de l'ambigüité. L'affaissement de Chris Froome dans le final de la 17e étape mercredi a clarifié la situation. Sans doute pour de bon. Geraint Thomas est désormais l'unique leader de la formation britannique. Froome lui-même en convient et confirme que l'objectif est désormais de permettre à son ancien lieutenant de garder le maillot jaune jusqu'à Paris.

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Le Tour n'est pas fini. Mais jamais la situation n'avait été aussi claire chez Sky. De "Froome est le seul leader", mantra qui aura tenu bon jusqu'au milieu de la deuxième semaine, à "nous avons la carte Thomas si Froomey devait avoir un souci", nous sommes passés mercredi dans une autre dimension. Le maillot jaune est désormais, aussi, le leader de la formation britannique. Il n'y a plus de discussion possible. "La probabilité de gagner cette course repose désormais sur Geraint", a résumé d'une phrase Dave Brailsford, le patron de la Sky.
L'histoire retiendra peut-être que la bascule s'est définitivement opérée dans le dernier quart d'heure de cette 17e étape. "A 4-5 kilomètres de l'arrivée, raconte le Gallois, Chris m'a dit par la radio qu'il ne se sentait pas super bien." Une façon de donner le feu vert définitif à l'ex-lieutenant devenu homme fort du Tour. Quelques minutes plus tôt, le vainqueur du Giro avait pourtant attaqué. "Quand il est parti avec Roglic, j'ai pensé qu'il était bien, qu'il se sentait fort à ce moment-là", reprend Thomas. Mais non. "Il était hors de question que je l'attaque, mais ça m'a fait comprendre que, si lui était mal, les autres devaient aussi avoir des problèmes", a confié le maillot jaune.
Au plan comptable, Geraint Thomas a effectué une bonne opération, même si nous sommes davantage dans les fameux "marginal gains" chers à la Sky que dans une entreprise de grande envergure. Mais en démarrant juste avant l'arrivée, il a accentué de neuf secondes, bonifications comprises, son avantage sur son nouveau dauphin et principal (seul ?) rival, Tom Dumoulin. "C'est un bon bonus, sourit le vainqueur du Dauphiné qui commence à entrevoir le champ des possibles : je pense que je suis en bonne position, maintenant", a-t-il admis.
Chris Froome n'a pas dit autre chose à l'arrivée, et il est même allé un peu plus loin, faisant allégeance à son ancien bras droit. "Geraint réalise une course incroyable et il mérite d'être en jaune, a livré le quadruple vainqueur du Tour. Je croise les doigts pour qu'il le conserve jusqu'à Paris." Il n'éprouve aucun regret. La route a parlé, alors il s'incline. "Je n'avais simplement pas les jambes dans le final. C'est le cyclisme professionnel." Maintenant, dans son esprit, c'est tout pour Thomas : "Je continuerai de me battre pour le podium et je vais essayer de garder 'G' en jaune. Nous n'avons plus qu'à nous occuper de lui, dans les prochains jours".
Pour Dave Brailsfrod, Froome peut même se grandir en se muant en serviteur de luxe. "Si Geraint remporte le Tour, ce sera une légende. Mais si Froomey l'aide à atteindre cette victoire, la façon dont il s'est sacrifié aujourd'hui, il sera un titan. Il sera l'un des plus grands de tous les temps, sans même remporter la course," estime-t-il, en donnant dans l'emphase. En tout cas, il n'y aura pas d'embrouille entre les deux. C'est Thomas qui le garantit : "Cela pourrait être difficile de croire après ce qui s'est passé entre lui et Brad (Wiggins) mais Chris et moi sommes honnêtes l'un envers l'autre. C'est la force de notre équipe."
Dans le peloton aussi, tout le commence à intégrer le fait qu'un troisième membre britannique du Team Sky pourrait bien apposer son nom au palmarès du Tour dimanche soir. "Thomas a encore montré aujourd'hui (NDLR : mercredi) qu'il était le plus fort", juge Jan Boven, le directeur sportif de Lotto-Jumbo, l'équipe de Roglic et Kruijswijk. Tom Dumoulin, à présent en sandwich entre "GT" et "Froomey", n'est pas loin de penser que l'affaire est pliée, en tout cas chez Sky. "Froome peut théoriquement encore gagner le Tour bien sûr, mais je ne vois pas ça venir, car son propre équipier est en jaune et plus solide que lui. Mais je m'occupe de moi, pas de Froome."
Mais s'il a effacé l'obstacle Froome au classement général, Dumoulin a maintenant deux minutes de handicap à combler sur Geraint Thomas et, s'il veut encore y croire, le grand rouleur batave se heurte à la réalité. "Je garde toujours espoir et confiance mais, jusqu'ici, depuis deux semaines et demie, je n'ai jamais réussi à lui reprendre du temps, constate-t-il. Thomas est le plus costaud, c'est un fait. C'est comme ça."
C'est comme ça mais ce n'est pas forcément immuable. Alors Thomas, malgré l'évidence de la situation, et en dépit des propos limpides de ses deux mentors, Brailsford et Froome, refuse de s'emballer. "Je ne vais pas me laisser griser, promet-il. Ça ne doit pas changer l'approche mentale à avoir. Il faut continuer à vivre la course au jour le jour. Je vais continuer à faire toutes les petites choses qui m'ont permis d'être là." Mais le patron, de Sky comme du Tour, c'est bien lui et personne d'autre.
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