La douce revanche de Thomas : "C'est sympa d'être le meilleur des autres"

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TOUR DE FRANCE 2022 - Geraint Thomas va finir sur le podium à Paris pour la troisième fois. S'il n'y avait rien à faire pour lui face à Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar, le Gallois se satisfait de sa troisième place. D'autant que, de son propre aveu, plus grand monde au sein de l'équipe INEOS Grenadiers ne croyait encore lui avant ce Tour de France. Ce podium a donc un petit goût de revanche.

Geraint Thomas (INEOS Grenadiers).

Crédit: Getty Images

Il y a eu deux Tours de France cette année. Celui de Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar, trois jambes au-dessus de la concurrence pour le premier et deux pour le second, et celui des autres. Tous les autres. Parmi ceux-là, Geraint Thomas aura été le meilleur. En dehors d'une catastrophe dans le contre-la-montre samedi, scénario qui relève de l'improbable, le Britannique accompagnera les deux monstres danois et slovène sur le podium final dimanche, sur les Champs-Elysées. Il va compléter sa collection, après sa victoire en 2018 et sa deuxième place un an plus tard.
Lucide, il ne pouvait espérer mieux. "Je vais tout donner mais les deux devant seront difficiles à rattraper car ils sont vraiment très forts", avait prévenu Thomas lundi lors de la journée à Carcassonne. Sur un strict plan chronométrique, il était en théorie encore dans le coup, au moins face à Pogacar. Mais il savait que, dans les Pyrénées, il n'avait que peu de chances de rivaliser. A la veille du chrono de Rocamadour, qui peaufinera les écarts à défaut de bouleverser la hiérarchie, le Gallois pointe à huit minutes du maillot jaune. Mais il est le dernier à être à moins de 10 minutes. A partir de David Gaudu, 4e, tout le monde est au-delà.
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Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard devançant Geraint Thomas. l'histoire de ce Tour 2022.

Crédit: Getty Images

Pour tout dire, il s'en contente aisément. D'abord parce qu'il n'évolue pas, ou plus, dans le même monde qu'un Vingegaard ou un Pogacar. "Avec ces deux-là devant moi, il n'y a pas grand-monde de plus que je pouvais faire, mais c'est sympa d'être le meilleur des autres", a-t-il confié à nos confrères de Velonews. Puis, à 36 ans, Geraint Thomas sait d'où il revient. Absent en 2020, et 41e l'an passé, il n'était pas forcément attendu sur de telles hauteurs dans ce 109e Tour de France, malgré sa récente victoire au Tour de Suisse.
Qui croyait encore en Thomas ? A l'écouter, pas grand monde, y compris au sein de l'équipe INEOS Grenadiers, où il a perçu, sinon une certaine défiance, au moins une forme de scepticisme à son endroit. A Copenhague, il y a trois semaines, la formation britannique avançait d'ailleurs plutôt les noms d'Adam Yates et Daniel Felipe Martinez comme leaders et meilleures chances pour le classement général. INEOS envisageait-elle son vétéran capable de se hisser sur le podium ? "Je ne pense pas", répond Thomas.
Pourtant, lui y croyait. Mais il se sentait un peu seul. "J'y ai toujours cru, assure-t-il. Mais il n'y avait pas grand monde pour partager cette opinion. Fin 2021, pour tout un tas de raisons, c'était difficile pour moi, mais j'ai toujours été convaincu que j'avais encore quelque chose dans les jambes." Au moment de renégocier son contrat, on lui a d'ailleurs fait comprendre que, dans l'équipe, le développement et la mise en avant de coureurs plus jeunes constituaient la priorité. "Evidemment, ils pensaient que j'étais toujours capable d'apporter quelque chose à l'équipe, mais ils me parlaient surtout de la jeune génération. Dani, Yates, et puis Egan (Bernal) bien sûr, le leader de l'équipe. Mais après la chute d'Egan, la donne était un peu différente."
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L'analyse du sauvetage qui a tout changé : "Les dieux du vélo étaient du côté de Vingegaard"

Video credit: Eurosport

En 2018, "tout avait l'air facile"

En vieux briscard à qui on ne la fait plus, Geraint Thomas a donc senti après le grave accident du Colombien qu'il y avait une place à (re)prendre et son succès au Tour de Suisse est venu à point nommé pour lui redonner confiance. Pour le reste, il ne s'est pas formalisé et n'a rien dit, bossant dans son coin. "Je comprends, ça va, dit-il. Ça m'a juste donné une motivation supplémentaire. Puis j'ai changé aussi un peu ma façon de m'entraîner cette saison. J'ai modifié mon régime alimentaire également et j'ai pris un nouvel entraîneur. Tout ça m'a permis de prendre un nouveau départ."
Ces trois dernières semaines, le Gallois a répété à plusieurs reprises qu'il s'estimait plus fort qu'en 2019, lorsqu'il avait fini deuxième à Paris, justement derrière Bernal. A ses yeux, seul 2018, l'année de sa victoire, reste incomparable : "Je me baladais. Quand j'ai gagné, j'avais l'impression d'être en total contrôle en permanence, un peu comme Vingegaard aujourd'hui. Mentalement, j'étais bien. Je ne ressentais pas la pression, je l'appréciais, même. Ça avait presque l'air facile." Ce n'est plus tout à fait le cas, mais Geraint Thomas est toujours là et bien là. Et ça, tout le monde ne l'aurait pas cru. Même chez INEOS.
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Geraint Thomas à l'arrivée à Hautacam.

Crédit: Getty Images

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